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  APMEP   Editorial du Bulletin 475

Article du bulletin 475

L’éducation nationale, un vaste chantier

Pascale Pombourcq

- 17 mai 2008 -

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, est souvent qualifié par les journalistes de « président hyper actif ». L’éducation nationale, un de ses principaux centres d’intérêt, offre un nombre impressionnant de chantiers en cours.

L’école primaire

De nouveaux programmes vont voir le jour dès la rentrée 2008. « Ils intègrent les objectifs du socle commun et respectent la liberté pédagogique de l’enseignant ». Ces programmes resserrés sur six pages doivent être compréhensibles par tout le monde en particulier par les familles. Ils sont donc réduits à leur plus simple expression : une liste d’apprentissages déclinée en colonnes, selon les classes. Les derniers dataient 2007 et avaient été réécrits pour faire apparaître les éléments du socle commun… avaient fait l’unanimité en leur faveur.

"Les horaires sont plus simples et plus précis, il n’y a plus d’horaire minimum et maximum en français et en mathématiques, mais un horaire clairement identifié pour chaque discipline » : l’horaire de français passe à 8 heures, soit la fourchette haute, l’horaire de mathématiques passe à 5 heures soit la fourchette basse !

Le lycée professionnel

La généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans se fera à la rentrée 2009, l’expérimentation se poursuivant à la rentrée 2008. «  Réduire la scolarité des bacs professionnels à trois ans, va permettre de les revaloriser » nous a dit un conseiller du Ministre. Mais aucune information n’est donnée sur les horaires et les programmes. Des bricolages ont lieu à la va-vite pour que les programmes actuels soient réalisables en trois ans au lieu de quatre. Il n’est pas question de supprimer les BEP, nous a-t-on dit, mais où vont-ils trouver leur place dans un parcours en trois ans ? Que vont devenir les premières d’adaptation ? Quelles seront les poursuites d’étude possibles avec un bac professionnel ? Les élèves de bac professionnel sont de plus en plus nombreux en STS, sections de techniciens supérieurs, mais leurs difficultés dans les matières générales, les mathématiques en particulier, sont grandes. est à craindre, qu’avec une année de scolarité en moins, elles ne s’accroissent et ne deviennent rédhibitoires pour toute poursuite d’études.

Le collège est au coeur de notre système éducatif et subit les secousses de toute part. Les collègues sont dans l’attente des mesures annoncées pour l’école primaire, mais aussi pour le lycée professionnel. Que dire aux parents pour l’orientation des élèves en fin troisième ?

Après les annonces très médiatiques autour du socle commun, c’est le calme plat. Les livrets d’évaluation sont en cours d’expérimentation. Mais quelle que soit la forme retenue, leur mise en place doit s’accompagner d’une formation conséquente des enseignants autour de l’évaluation. Est-elle seulement envisagée ? Aucun dispositif n’est encore prévu à ce jour pour les élèves qui ne maîtriseront pas le socle commun, excepté les PPRE, mais trop peu de moyens sont attribués à ce dispositif. L’air du temps n’est pas à la prolongation des durées d’études, le bac professionnel en est un bon exemple. La suppression des redoublements est à l’étude. Ce n’était certes pas la panacée, mais c’était malgré tout parfois une réponse. Quels seront désormais les recours des élèves en difficulté ?

Le lycée

Les consultations sur la réforme du lycée ont débuté. C’est à ce titre que Mark Sherringham, conseiller à l’éducation de Xavier Darcos, a souhaité nous rencontrer. Il semblerait que le lycée « unique », que nous craignions par-dessus tout, ne soit plus à l’ordre du jour. Nous aurions mal interprété ce qui est paru dans la presse… L’option sciences en seconde paraît être sur la bonne voie. Mais quelle forme prendra-t-elle ? Nous avons demandé qu’elle ne soit pas calquée sur les TPE de première, afin que les mathématiques n’y soient pas reléguées, comme c’est souvent le cas dans les TPE, à la portion congrue et au seul rang de discipline de service. Mark Sherringham a insisté plusieurs fois sur le fait que le gouvernement souhaitait un retour aux fondamentaux et que les mathématiques faisaient partie des fondamentaux. Les travaux interdisciplinaires, tels les TPE, doivent trouver leur place au sein d’un horaire suffisant, mais non en dispositif juxtaposé. Mark Sherringham s’est voulu rassurant quant aux horaires de mathématiques au lycée… On le voit à travers tous les chantiers qui s’ouvrent, le Ministère de l’éducation nationale fait le grand écart entre sa volonté de réduire le nombre d’élèves en grande difficulté et les restrictions budgétaires qui lui sont imposées. À cela vient se superposer la volonté d’agir rapidement. Cela va à l’encontre des demandes réitérées de l’APMEP depuis toujours : les projets doivent être largement débattus, réellement expérimentés, conçus dans une vision globale tant en terme de contenus que de calendriers.

Sur tous ces chantiers, l’APMEP s’exprime et s’exprimera par tous les moyens dont elle dispose et à tous les niveaux. Participez aux débats dans les Régionales et par l’intermédiaire des élus au Comité.

Montrez à nos collègues l’intérêt d’adhérer à l’APMEP, afin que notre voix soit d’autant plus entendue qu’elle représentera toujours plus la majorité des enseignants de mathématiques.

Pascale Pombourcq

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