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  APMEP   Editorial du Bulletin 480

Article du bulletin 480

Faut-il réformer la classe de seconde ?

Pascale Pombourcq

- 3 février 2009 -

Au mois de décembre dernier, Xavier Darcos annonçait le report de la réforme de la classe de seconde pour la rentrée 2010. Est-ce un report ou un enterrement, les mois à venir nous apporteront la réponse. Cela va permettre, nous pouvons en tout cas l’espérer, de travailler sereinement à la mise au point des nouveaux programmes, de mettre en place une véritable consultation des enseignants, de former les professeurs, de préparer des ressources pédagogiques pour les nouveautés introduites et d’avoir une vision globale seconde - cycle terminal.

Le contexte actuel de la classe de seconde est celui d’un enseignement de masse. Mais la réponse de l’institution n’est pas claire pour autant. Qui voulons-nous former en mathématiques au lycée : des ingénieurs ? des citoyens responsables ? des utilisateurs occasionnels ? des chercheurs ? des citoyens dociles voire soumis ? Nous constatons que depuis quelques années les élèves sont moins autonomes, maîtrisent moins bien les outils élémentaires, les méthodes de travail, ont davantage de difficultés à résoudre des problèmes. Cette évolution est aggravée par le fossé entre les mathématiques décrites dans les programmes, celles qui sont enseignées, celles qui sont exigées et enfin celles qui sont évaluées. En outre, malgré une augmentation du pourcentage de réussite au baccalauréat, le nombre de bacheliers scientifiques ne cesse de diminuer.

Voici un extrait des « acquis, positions, revendications » qui figure dans la plaquette Visages 2008 - 2009 et qui a été voté par le comité national au mois de juin 2008 : Les programmes de collège, compatibles avec le socle commun, ont fini de se mettre en place à la rentrée 2008. Les programmes de collège compatibles avec les nouveaux programmes de l’école primaire se mettront quant à eux en place à la rentrée 2009. Il faudra donc, dès la rentrée 2009, adapter l’enseignement du lycée à ces changements profonds. L’APMEP a demandé dès le mois de juin 2007 qu’une réflexion se mette en place sur la classe de seconde, réflexion sur les programmes, mais aussi sur la structure de cette classe dont l’hétérogénéité mécontente de plus en plus de monde, élèves, parents d’élèves et enseignants. Nous avons demandé qu’en seconde, un tronc commun portant sur les disciplines fondamentales contienne suffisamment de mathématiques pour que d’une part l’élève puisse poursuivre sa scolarité dans tout type d’études, d’autre part dispose des outils mathématiques de base utiles à tout citoyen. La difficulté de cette classe consiste à préparer tous les élèves à toutes les voies du cycle terminal, en tenant compte de leur hétérogénéité sans les décourager, tout en les conduisant à un projet adapté à leurs compétences. Cela suppose des moyens pour différencier le travail : une organisation spécifique à cette classe doit permettre de varier les modalités d’enseignement et d’apporter une aide aux élèves en difficulté. Elle nécessite notamment du temps et des séances en effectif réduit (du type modules différenciés et aide individualisée).

La maquette qui nous était proposée pour la classe de seconde pouvait sous certaines conditions, qui n’étaient toujours pas précisées par le ministère, répondre à ces objectifs. Il fallait pour cela :
- disposer de quatre heures de mathématiques pour tous, dont l’une dédoublée pour permettre, entre autres, l’utilisation de l’outil informatique ; nous étions, pour que cette condition soit remplie, en concurrence avec l’ECJS ;
- que le module de mathématiques soit accessible à tous les élèves qui le souhaitent et soit donc ouvert dans tous les lycées au premier comme au second semestre ;
- que ces modules comportent des effectifs raisonnables qui permettent de varier les outils pédagogiques ;
- qu’un élève ait un seul professeur de mathématiques ;
- que les mathématiques enseignées dans les modules ne comportent pas de nouvelles notions, mais soient suffisamment formatrices pour donner aux élèves le goût de poursuivre l’apprentissage des mathématiques dans le cycle terminal, il n’est nullement indispensable d’avoir recours à des mathématiques exotiques pour les rendre sexy !
- que les élèves aient la possibilité de choisir les quatre modules optionnels dans la même dominante s’ils le désirent.

Faut-il réformer la classe de seconde ? Il me semble que l’APMEP a répondu oui à cette question depuis de nombreuses années déjà.

«  Nous nous reposerons…, je pense bien que c’est un futur, un futur très lointain, pas demain en tout cas  » écrivait Gilbert Walusinski dans l’édito du bulletin vert 267 en 1969 !

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