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  APMEP   Editorial du Bulletin 516

Article du bulletin 516

L’innovation, c’est pour tout le monde

EGGER Bernard

- 31 décembre 2015 -

Il y a peu, à Bordeaux, j’ai participé à une table ronde dans le cadre des « boussoles du numérique ». Il y était question de MOOC, de ressources en ligne, de plateformes et de classe inversée. J’étais venu en particulier présenter MathScope, la plateforme d’accompagnement pédagogique à laquelle travaille l’APMEP, celle que nous avons appelée PAP dans de nombreux articles.

Cela m’a permis de suivre des conférences et des débats en général très intéressants. On y parlait d’individualisation, de différenciation pédagogique, de travail en groupe. Il n’était donc pas très surprenant que bon nombre de témoignages viennent d’abord de collègues du premier degré tant il me semble que ces éléments sont consubstantiels des pratiques à ce niveau d’enseignement. Pour de nombreuses raisons, leur prise en compte est plus difficile dans le secondaire. La segmentation du temps scolaire en disciplines différentes avec des enseignants différents est évidemment une composante déterminante de cette difficulté. En général chaque professeur voit assez peu de temps une classe donnée, ce qui ne lui donne pas vraiment les moyens d’une pédagogie différenciée efficace. L’utilisation du numérique, en particulier dans la perspective de travail en classe inversée, ne va donc pas de soi, ni au collège, ni au lycée. C’est sans doute pour cette raison qu’elle semble bien souvent limitée à des « classes particulières » : SEGPA, classes difficiles, … dans lesquelles, comme le soulignait un intervenant de la table ronde, on peut faire un peu ce que l’on veut pourvu que cela permette de « tenir les élèves ».

Quelques expériences ont été menées dans des classes plus « normales » comme des premières S avec, semble-t-il, un succès mitigé, en particulier auprès des meilleurs élèves. Il est vrai que pour ceux qui sont en réussite dans un enseignement traditionnel, la nécessité de changer de méthode ne s’impose pas. Il faut sans doute les convaincre qu’ils vont également y trouver leur compte par exemple par une réduction de l’hétérogénéité, qui semble une des conséquences les plus nettes de ces « nouvelles pédagogies ». Il s’agit aussi d’un défi pour le professeur : il y a un risque de devoir rendre des comptes à sa hiérarchie, et aux parents, s’il modifie en profondeur ses pratiques.

Si nous voulons que l’innovation touche le plus large public, il s’agit pour nous d’apporter aux enseignants des ressources qui faciliteront une démarche innovante. C’est l’un des buts les plus essentiels de la future plateforme de l’APMEP : MathScope.

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