Accueil » Publications » Le Bulletin Vert » Matériaux pour une documentation » L’affaire Olympia.
  APMEP   L’affaire Olympia.

Article du bulletin 507

Adhérer ou faire un don

Les secrets mathématiques de T. Folifou.

Marc Roux

- 29 janvier 2014 -

par Mickaël Launay

Illustration de Benjamin Bachelier.

Le Pommier, 2013.

240 pages 13,5x20. Prix : 12 €.

ISBN : 978-2-7465-0698-5.

Par un jeune mathématicien issu de l’ENS, voici un roman pour la jeunesse de 10 à 110 ans, bourré d’aventures trépidantes avec sociétés secrètes, résolution d’énigmes, poursuites, bagarres, empoisonnements, et juste la dose d’invraisemblances inhérente au genre. Ces ingrédients, servis par un style alerte et un sens du suspense, amènent tout naturellement et sans douleur à la découverte d’une série impressionnante de notions mathématiques ou apparentées : pratique « en situation » des quatre opérations, conversion d’unités ; nombre$\pi$ ; définition et propriétés de l’ellipse ; somme des entiers de 1 à n  ; anagrammes ; suite de Fibonacci ; calendrier révolutionnaire ; latitude et longitude  ; théorème de Fermat-Wiles ; code de Jules César ; disque de Poincaré ; et même, sans le dire, une démonstration par récurrence ! Ajoutez à ceci une intrigue centrée sur Henri Poincaré, une évocation circonstanciée de plusieurs édifices parisiens, une réflexion sur les problèmes éthiques que pose la Science.

Malheureusement, dans sa première édition tout au moins, ce petit bijou est terni par une erreur typographique qui prend la dimension d’une faute éditoriale : aux pages 98 – 99, les chiffres qui devaient normalement figurer en exposant sont sur la même ligne que les autres, ce qui fait que l’on peut lire, par exemple, 32 + 42 = 52, au lieu de $3^2 + 4^2 = 5^2$ ! Et une dizaine d’aberrations similaires (32 c’est 3 x 3 donc 9,… 33 fait 27, … etc.).

Si un lecteur du BV n’a aucune peine à rectifier, il n’en va pas de même pour les jeunes lecteurs auxquels s’adresse ce livre ; celui-ci a pour but de leur montrer que les mathématiques peuvent être ludiques et distrayantes, et il devrait y réussir largement ; mais s’ils butent sur une incongruité telle que « 43 fait 64 et 53 fait 125 », ils risquent au contraire d’interrompre leur lecture et d’être confortés dans l’idée qu’« ils sont fous ces matheux », que les maths sont incompréhensibles et sans attrait. Autrement dit, cette simple erreur d’impression pourrait inverser totalement la réception de ce livre, et réduire à néant les intentions fort sympathiques de l’auteur. Heureusement, l’éditeur averti par mes soins promet d’insérer un erratum dans tous les ouvrages déjà partis dans le réseau de vente ou encore dans ses entrepôts, en attendant la réimpression…

Conclusion : lisez et faites tout de même lire L’affaire Olympia à vos enfants, petits-enfants, neveux et autres, mais non sans attirer leur attention sur l’erratum !

 Accueil   Plan du site   Haut de la page   Page précédente