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  APMEP   Les filières universitaires scientifiques courtes

Article du bulletin 476

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Jean-Claude Oriol [1]

Il est d’usage de classer parmi les « études scientifiques courtes » les DUT (diplômes universitaires de technologie, bac +2) et les licences professionnelles (bac +3), même si un certain nombre d’étudiants poursuivent leurs études après ces formations.

Les IUT : un bref résumé

Créés en 1965, les IUT (Instituts Universitaires de Technologie) au nombre de 4 à l’origine se sont développés progressivement dans l’espace et dans le temps, et il y en a actuellement 115 couvrant l’ensemble du territoire et des disciplines ; ils se composent de 643 départements, chacun de ces derniers étant rattaché à une spécialité : Mesures physiques, GEA, Tech de Co, etc. ; ces spécialités sont au nombre de 24. Il était prévu, à la création des IUT, que ces instituts accueillent à terme 25% des étudiants et on devait au fur et à mesure de leur développement assister à la fermeture des sections préparant aux divers BTS. Sur ces deux points les chiffres montrent qu’il n’en est rien : les IUT accueillent environ 130 000 étudiants (c’est-à-dire environ 10% des étudiants) et les sections de BTS ont prospéré en nombre (102 000 diplômés en 2005, taux de réussite de 66%, RERS 2007 p. 239) et en diversité (plus de 100 spécialités). En 1969 les IUT ont été intégrés aux universités alors qu’ils étaient jusqu’à cette date sous l’autorité directe du recteur.

Chaque année ce sont environ 56 000 étudiants (comportant environ 50% de filles) qui obtiennent un DUT [RERS 2007, p.245].

Les DUT « scientifiques »

Les spécialités scientifiques

On classe les 24 spécialités évoquées au paragraphe précédent en deux grands domaines correspondant aux emplois visés : secondaire (14 spécialités) et tertiaire (10 spécialités). Parmi cet ensemble on compte 17 spécialités « scientifiques » : Chimie, Génie biologique, Génie chimique-Génie des procédés, Génie civil, Génie du conditionnement et de l’emballage, Génie électrique et informatique industrielle, Génie industriel et maintenance, Génie mécanique et productique, Génie thermique et énergie, Hygiène sécurité et environnement, Mesures physiques, Qualité Logistique Industrielle et Organisations, Réseaux et télécommunications, Science et génie des matériaux, et venant du domaine tertiaire Gestion Logistique et Transport, Informatique, Statistique et Traitement Informatique des Données (on notera le passage récent de 25 à 24 spécialités du fait de la fusion de deux spécialités proches).

Les diplômés

Le nombre de diplômés d’un DUT scientifique est annuellement d’environ 31 000 étudiants. Le taux de féminisation est plus faible que pour le DUT en général (environ 21%) et a une grande variabilité entre les DUT : le DUT STID a, par exemple, un taux de féminisation de 39% environ.
Le taux de réussite du diplôme cumulé sur trois ans est de 75% [RERS 2007, p. 245].

Insertion, poursuite d’études

La plupart des diplômés qui le désirent trouvent un emploi directement à la sortie du DUT.
Le salaire moyen à l’embauche des diplômés STID, par exemple, est de 1350 € nets par mois et les perspectives de progression sont intéressantes. Les poursuites d’études dépendent fortement :

  • de la spécialité considérée
  • de l’origine des étudiants, les titulaires d’un bac général étant plus nombreux que les autres à poursuivre leurs études.

Sur ce dernier point retenons qu’environ 40% des étudiants poursuivant leurs études le font dans une licence professionnelle, et 5% en école d’ingénieur.

Les licences professionnelles

La possibilité de créer des licences professionnelles date de l’année 2000. Sans doute ces licences sont une réponse faite pour adapter le système universitaire au rythme LMD.
On peut regretter que l’on n’ait pas institué des Licences Universitaires de Technologie (LUT) qui auraient eu le mérite d’être des diplômes nationaux construits sur des domaines professionnels délimités par les 24 spécialités déjà citées. A contrario on dénombre en 2005 environ 1200 licences professionnelles scientifiques ou non ; cette abondance conduit à un manque de visibilité et donc à une difficulté à être identifiées comme pourraient l’être des diplômes nationaux. Notons que 60% de ces formations sont portées par les IUT.
Environ 12 000 étudiants ont été diplômés en 2005 [RERS 2007, p. 249], par une licence professionnelle scientifique. Si le taux de poursuite d’étude après une licence traditionnelle est d’environ 60 à 70%, il est seulement de 16% après une licence pro, chiffre qui confirme le caractère professionnalisant de ces formations.

Si nous prenons comme exemple la licence professionnelle « Chargé d’Études Statistiques » préparée dans le département Statistique et Traitement Informatique des Données de l’IUT Lumière (Université Lyon2, année 2007),

  • le taux d’étudiants ayant directement un emploi après ce diplôme est de 96%,
  • le temps moyen de recherche d’emploi est de 12 jours
  • et le salaire d’embauche mensuel est de 1480 € nets [Enquête Stid Lyon 2008].

Conclusion

On le voit, les « filières scientifiques courtes » ont un grand nombre de débouchés comportant des perspectives de carrière intéressantes.

L’accent mis dans ces filières sur

  • des apprentissages appuyés sur des situations de référence concrètes,
  • un encadrement important permettant un suivi individualisé des étudiants,
  • des échanges constants avec le milieu de l’entreprise, porteurs d’insertion professionnelle,
  • le développement du processus d’accompagnement intitulé Projet Personnel et Professionnel (PPP) de l’étudiant,

permettent d’obtenir des taux de succès importants, partant d’une population de bacheliers aux performances plutôt modestes, et de réussir une insertion professionnelle très satisfaisante : les IUT sont des lieux où l’ascenseur social fonctionne.

Encore faut-il que ces formations soient connues dans l’enseignement secondaire, afin que pour les élèves, « carrière scientifique » ne soit pas uniquement associée à « filière d’excellence » : c’est à ce prix que nous construirons un réseau de techniciens et techniciens supérieurs de qualité dont le tissu industriel a le plus grand besoin.

Bibliographie
1. [RERS 2007], Repères et références statistiques sur les enseignements, laformation et la recherche, DEPP, Paris.
2. [Enquête Stid Lyon 2008], Enquête sur le devenir des étudiants de la licence CE Stat, IUT Lumière, 2008.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)

[1] Chef du département STID Lyon. IUT Lumière, Université Lyon2.


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