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  APMEP   Marie-Antoinette Touyarot

Article du bulletin 506

Paul Louis Hennequin

Marie-Antoinette Touyarot
1928-2013

Élue au Comité de notre Association en 1966, Marie-Antoinette Touyarot est aussitôt, en tant que professeur à l’École Normale de Caen, vice-présidente chargée des écoles normales et responsable de la commission Enseignement élémentaire de 66 à 68 alors que notre association qui s’intitule encore APM n’est pas encore ouverte aux instituteurs. Elle publie dans le Bulletin un article relatant une expérience avec 31 élèves sur le programme proposé par la Grande Commission au cours préparatoire [1] et rend compte d’un stage de 3 journées d’études des Mathématiques modernes à l’Institut Pédagogique National [2].

Succédant à Maurice Glaymann, elle est élue présidente de l’APM le 12 mai 1968, en pleine tempête. Elle est à la fois la première présidente de l’association et la première ayant une pratique de l’enseignement élémentaire.

Son premier article dans ses fonctions [3] ne manque pas de lyrisme : Cette année scolaire doit être l’An 1 d’une vie nouvelle pour l’Éducation Nationale… Sans doute une rénovation aussi profonde de tout l’enseignement ne peut être réalisée totalement. Mais il faut en prévoir les étapes et se mettre à l’œuvre déjà.

L’audience ministérielle du 19 décembre 1968 [4] détaille rigoureusement les questions de l’APM au Ministère qui élude celles concernant la création d’I.R.E.M.à la rentrée 69 et la poursuite des travaux de la commission Lichnerowicz.

Son rapport d’activité [5] décrit le chemin parcouru en une année qui n’a pas été banale, et les propositions formulées dès le 9 juin 68 par l’APM pour sortir l’Éducation Nationale de sa routine et mettre en chantier une profonde rénovation de la vie scolaire, de la pédagogie, de la formation des maîtres.

Dans ce même numéro, elle rassemble les propositions concernant une réforme de l’enseignement élémentaire, inspirées de la charte de Chambéry et formulées par les commissions « Recherche et réforme 1er degré », « Rénovation Pédagogique sur l’enseignement élémentaire », « Formation des Maîtres du 1er degré » et durant les journées organisées en janvier 69 par l’Institut Pédagogique National. Ces propositions distinguent un projet A immédiatement applicable concernant le calcul et un projet B d’un enseignement plus explicitement rénové. Elle conclut Un hiver laborieux s’achève. Partout la nécessité de cette mutation de l’enseignement élémentaire a été reconnue, avec une unanimité indifférente aux rares voix qui parlent de catastrophe ou simplement d’aventure... Tout cela renforce notre propre conviction, notre vigilance et notre souci de continuer à agir efficacement.

Dans le numéro spécial La Mathématique en sixième par ceux qui l’enseignent

, elle écrit deux articles, le premier [6] sur les significations du mot « relation » chez différents auteurs  : Papy, Kuratowski, Bourbaki, Dieudonné, ... et dans les instructions officielles de février 69. Dans le second [7], Quelques mots encore , elle tient des propos qu’on croirait formulés aujourd’hui : Ceux qui paraissent croire que seule la « géométrie » permet l’apprentissage de la déduction devraient être enfin persuadés que les sujets « modernes » s’y prêtent mieux encore... Un effort général a d’autre part été accompli pour améliorer la participation des élèves à la recherche, à la découverte, à l’exploitation des découvertes. Elle conclut par une belle envolée : nous ne connaîtrons sans doute pas toujours l’euphorie des pionniers, mais leur exemple nous permet de surmonter toute méfiance et toute crainte et d’être sûrs qu’en cette année où l’Homme met enfin le pied sur la Lune, il est heureux que notre enseignement ait lui aussi fait le 15 septembre1969 un petit pas de géant.

Dans son second rapport d’activité [8], elle détaille les axes d’action de l’Association :

Pour la réforme de l’enseignement, à tous les niveaux :
Enseignement élémentaire : lui faire une plus grande place dans le Bulletin et les brochures ;
Premier cycle secondaire  : préparer de loin l’approche de notions aujourd’hui essentielles ;
Cinquième et Quatrième  : remettre à l’étude le projet de programme avec la participation de collègues ayant des classes expérimentales ;
Second cycle  : faire face aux difficultés de la première année  ; rétablir une collaboration sincère avec l’Inspection Générale.

Pour la formation permanente des maîtres :
Étoffer les Bulletins, publier des cours, organiser des stages, des émissions télévisées, obtenir la création d’un IREM dans chaque académie, assortie de décharges de service.

Pour tenir le cap et obtenir de l’Administration des avancées aussi remarquables que la création des IREM, pour harmoniser les proposition des fortes personnalités qui s exprimaient au Comité et au Bureau, pour présenter les positions dynamiques de l’APM aux dix mille adhérents, les uns piaffant d’impatience, les autres épouvantés par le bouleversement de leurs habitudes, il fallait une présidente énergique, persévérante et diplomate.

À coup sûr, Marie Antoinette a su prouver dans ces deux années de pilotage qu’elle avait ces qualités et que l’APMEP pouvait être dirigée efficacement par une présidente spécialiste du premier degré.

De 1967 à 1990, elle a publié sous le label Itinéraire mathématique une centaine de fascicules, manuels, livres de l’élève et du maître, fiches, dont quelques uns en anglais et concernant les différents cycles de l’enseignement élémentaire. Elle y a manifesté sa passion pour moderniser cet enseignement si fondamental.

Références :

[1] 252, mars 66, p. 183-186
[2] 254-5, sept 66, p. 574-577
[3] 263-4, juillet 68, p.397
[4] 266, janvier 69, p.75-78
[5] 267, avril 69, p.105-113 et p.120-132
[6] 269-70, juillet 69, p. 363-369
[7] 269-70, juillet 69, p. 517-520
[8] 272, janvier 70, p. 9-14

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)
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