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Propositions et revendications - juillet 2012

Elles sont déclinées dans deux textes complémentaires :

- un Texte d’orientation rédigé en 2010, et approuvé par les adhérents suite à un vote en septembre 2010 ; il exprime des positions relativement générales et pérennes, sur l’enseignement des mathématiques (de la maternelle à l’université) ;

- le texte ci-dessous intitulé « Propositions et revendications », élaboré en 2012, et approuvé par le comité national de juin ; ces propositions s’appuient sur un certain nombre de constats qui interpellent l’APMEP.

 


Propositions et revendications

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Plan

0. Préambule
1. Généralités
2. L’école primaire
3. Le collège
4. Le lycée professionnel
5. Le lycée d’enseignement général et technologique
6. L’enseignement post-baccalauréat
7. La formation des enseignants

0. Préambule

Le dernier « texte d’orientation » de l’APMEP (voté en 2010) a été conçu pour être relativement pérenne. Le texte ci-dessous, mis à jour chaque année, a pour objet de compléter ce texte d’orientation, par diverses propositions et revendications, appuyées sur des constats plus ou moins liés à l’actualité.

Il est destiné à tous les interlocuteurs potentiels de l’APMEP : enseignants, bien sûr (de toutes disciplines), mais aussi inspecteurs, décideurs politiques, journalistes, responsables syndicaux, parents d’élèves…

N.B. : la mise en oeuvre des propositions et revendications des parties 1 à 6 suppose une formation des enseignants adaptée ; on n’oubliera donc pas de faire des liens avec la partie 7 consacrée à la formation (initiale et continue).

1. Généralités

Cette partie concerne l’enseignement des mathématiques en général mais ne prétend pas être exhaustive. Certains points sont repris dans les parties suivantes.

a) Constats

  • L’apprentissage des mathématiques demande du temps, et certains élèves ont besoin de davantage de temps que d’autres.
  • Un certain nombre d’élèves, pour pouvoir surmonter leurs difficultés, ont besoin d’une aide personnalisée, qui ne peut être apportée efficacement qu’au sein de groupes à effectifs réduits.
  • Un trop grand cloisonnement des disciplines empêche les élèves de donner leur plein sens aux mathématiques, aux autres disciplines, et aux divers « thèmes transversaux » à enseigner.
  • L’utilisation optimale des ressources informatiques est encore trop souvent entravée par une insuffisance de moyens matériels ou financiers.
  • Les programmes de mathématiques sont souvent élaborés sans concertation suffisante et sans expérimentation préalable, et ne sont en général pas réellement évalués officiellement.

b) Propositions et revendications

  • Tout au long de la scolarité obligatoire, garantir une durée minimale consacrée à l’apprentissage des mathématiques (en moyenne : au moins 5 heures hebdomadaires à l’école élémentaire, et au moins 4 heures hebdomadaires au collège et en Seconde).
  • Au collège et au lycée, diminuer le nombre de séances d’enseignement en classe entière, et augmenter le nombre de séances en demi-groupes, et le nombre de séances en effectifs réduits consacrées à de l’accompagnement personnalisé.
  • Généraliser et renforcer les dispositifs (de type IDD, PPCP, TPE) permettant un décloisonnement des disciplines scolaires et une « pédagogie de projet ».
  • Encourager et faciliter la mise en place de « clubs de mathématiques » et de dispositifs de type « ateliers scientifiques ».
  • Mettre à disposition davantage de ressources numériques (ordinateurs, logiciels, matériel de projection…) au service de l’enseignement des mathématiques (à tous les niveaux d’enseignement, de l’école primaire à l’université).
  • Pérenniser, au niveau national, la commission d’élaboration et de suivi des programmes (en élargissant son cadre d’action de l’école maternelle au lycée), chargée notamment de mener une évaluation de la pertinence et de la « faisabilité » des programmes actuels, d’étudier leur articulation (entre l’école et le collège, par exemple), de proposer les réajustements nécessaires, de soumettre à consultation les modifications envisagées, et de piloter une expérimentation en cas de changements importants. Cette commission doit comporter des représentants de l’APMEP, des IREM et des corps d’inspection.

2. L’école primaire

a) Constats

En seulement quelques années, les missions du professeur des écoles se sont multipliées et sont devenues plus complexes : « socle commun de connaissances et de compétences », PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative), « aide personnalisée », évaluations nationales, histoire des arts, B2I (brevet informatique et Internet), APER (attestation de première éducation à la route)… En outre les difficultés professionnelles ont été amplifiées par la suppression (à la rentrée 2008) de deux heures hebdomadaires d’enseignement en classe entière.

  • Les programmes actuels sont rédigés de façon concise ; certes ils laissent en apparence une assez grande liberté aux professeurs, mais ils ne les aident pas suffisamment à préparer leur enseignement (d’autant plus qu’il y a une carence de documents d’accompagnement officiels).
  • Les évaluations nationales mises en place en CE1 et CM2 ont un rôle flou et semblent de moins en moins être un outil au service de l’apprentissage.
  • Les pratiques pédagogiques qui ont cours en maternelle et qui nous paraissent très efficientes, ne sont pas toujours poursuivies en école élémentaire, où l’on privilégie trop souvent les exercices répétitifs d’application directe au détriment des situations d’apprentissage complexes et des problèmes « ouverts ».

b) Propositions et revendications

  • Rédiger de nouveaux programmes, explicitant davantage certains aspects fondamentaux de l’apprentissage des mathématiques (rôle des problèmes, travail sur le langage et sur le raisonnement, créativité…).
  • Diffuser auprès des professeurs des écoles des documents officiels qui permettent aux enseignants d’approfondir certains contenus mathématiques, d’effectuer des choix didactiques pertinents, et de développer des approches interdisciplinaires, dans le cadre de l’exercice de leur liberté pédagogique.
  • Encourager officiellement (notamment par des formations adaptées) la prise en charge des difficultés des élèves au sein du groupe-classe, et pas seulement en « aide personnalisée ».
  • Développer, aux cycles 2 et 3, les apprentissages mathématiques s’appuyant sur des approches ludiques ou manipulatoires et sur une organisation de la classe en ateliers, à l’instar de ce qui se fait à l’école maternelle.
  • Si les évaluations nationales sont maintenues, rétablir leur rôle diagnostique et pédagogique, notamment en les plaçant en début d’année de début de cycle.
  • Limiter les effectifs de classe à 24 (voire un peu moins en cycle 2), pour favoriser la prise en compte de la diversité des élèves.
  • Évaluer systématiquement les programmes, et tous les dispositifs mis en place à l’école primaire (aide personnalisée, PPRE, évaluations nationales…).
  • Renforcer les offres de formation continue en mathématiques au plus près des besoins des professeurs des écoles, qui sont polyvalents et qui sont, dans le cursus scolaire des élèves, leurs premiers enseignants de mathématiques.

3. Le collège

a) Constats

En seulement quelques années, les missions de l’enseignant de collège se sont multipliées et sont devenues plus complexes : « socle commun de connaissances et de compétences », PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative), histoire des arts, IDD (itinéraires de découverte), B2I (brevet informatique et Internet), ASSR (attestation scolaire de sécurité routière)… Sans compter une gestion des classes de plus en plus difficile.

  • Le socle commun impose des changements de pratiques et nécessite une transversalité aussi bien organisationnelle que pédagogique. Cela augmente considérablement le temps de travail, hors de la présence des élèves, demandé aux enseignants, sans compensation.
  • Les documents et ressources institutionnels disponibles sur Internet, en quantité importante, se sont améliorés en clarté, richesse et précision. Cependant, ils ne peuvent suffire à une vraie mutation des pratiques pédagogiques et d’évaluation. D’autant plus que les consignes d’application et l’accompagnement des équipes sont très variables selon les académies et les établissements.
  • On constate toujours d’importantes difficultés et disparités dans l’évaluation et la validation du socle commun. Celles-ci sont en partie dues à un cadrage institutionnel souvent défaillant et des volontés de mise en oeuvre très inégales suivant les établissements, les académies et les disciplines. D’où le risque d’une validation dictée par l’obligation de résultats, sans une réflexion sérieuse, avec pour conséquence le discrédit du concept même de socle commun.
  • Les possibilités d’accompagnement des élèves en difficulté pour l’acquisition du socle commun sont très insuffisantes. Les dispositifs de soutien sont réservés à un nombre limité d’élèves, faute de moyens suffisants, et leur mise en oeuvre s’avère souvent inefficace.
  • De plus, les classes sont souvent trop chargées et trop hétérogènes pour permettre une différenciation efficace en classe entière, garantir à tous la maîtrise du socle commun, et, en même temps, amener chacun à son meilleur niveau dans le cadre des programmes.
  • La double évaluation, chiffrée et « par compétences », pose un problème de cohérence au niveau des objectifs d’enseignement et questionne au niveau de sa finalité. Elle constitue, en outre, une charge de travail supplémentaire très importante. Dans les faits, la note reste l’indicateur de référence et masque le travail sur les compétences. Cette situation engendre un profond malaise au sein des équipes pédagogiques.

b) Propositions et revendications

Il nous paraît indispensable que soit menée une réflexion sur les enseignements au collège, leur organisation et leurs objectifs, ainsi que sur l’évaluation. Concernant l’enseignement des mathématiques, la réflexion devrait s’articuler autour d’un certain nombre d’éléments, présentés ci-dessous, et qui nous paraissent essentiels.

  • Donner le temps nécessaire aux apprentissages, et pour cela :
    - rétablir quatre heures hebdomadaires pour tous les niveaux ;
    - revoir les contenus des programmes, trop ambitieux pour laisser une place suffisante au développement de la démarche scientifique au travers de situations-problèmes.
  • Revisiter l’écriture des programmes afin qu’ils soient davantage en cohérence avec le travail des compétences, c’est-à-dire déclinés en terme de savoir-faire s’appuyant sur des contenus et non le contraire.
  • Concevoir l’aide aux élèves en difficulté de façon plus globale. L’intégrer dans une nouvelle organisation du collège, où le groupe-classe peut ne plus être la seule structure existante, et qui permette d’apporter une réponse différenciée, construite en continuité dans le parcours de l’élève. En finir avec le saupoudrage de dispositifs ponctuels qui s’avèrent la plupart du temps inefficaces.
  • Prévoir dans le service des enseignants des séances en effectifs réduits pour un réel suivi des élèves, et aussi un temps pour la concertation des équipes pédagogiques, devenue indispensable.
  • Limiter les effectifs de classe à 24, ou moins selon le contexte de l’établissement, pour favoriser la prise en compte de la diversité des élèves.
  • Clarifier les attentes officielles liées à la mise en oeuvre du socle commun et à sa validation.
  • Former tous les enseignants à la mise en oeuvre du socle commun et au travail par compétences. Cette formation doit être disciplinaire, pour construire ou mutualiser des outils opérationnels, mais aussi interdisciplinaire, au moins au sein de chaque établissement, pour permettre l’approche transversale des contenus, des pratiques et de l’évaluation.
  • Étant donné que la gestion de la double évaluation (chiffrée et par compétences) pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions, mettre en débat cette question de façon large afin de proposer un seul système cohérent. Plus généralement, une réflexion doit également être engagée autour des objectifs de l’évaluation et de la place qu’elle doit occuper dans notre enseignement.

4. Le lycée professionnel

a) Constats

  • Le baccalauréat professionnel est maintenant préparé en trois ans au lieu de quatre. La disparition des classes de BEP (brevet d’études professionnelles) a donc diminué d’un an le temps de formation des élèves. Ce diplôme existe encore, mais sous forme d’« évaluation intermédiaire », en CCF (contrôle en cours de formation).
  • Peu de classes de CAP (certificat d’aptitude professionnelle) ont été ouvertes à la rentrée 2010 dans les lycées professionnels, et pas davantage à la rentrée 2011.
  • Toutes les certifications (intermédiaires et finales) des candidats sous statut scolaire sont en CCF. Chaque enseignant concerné devra trouver une organisation pour évaluer ses élèves pendant l’année. Les évaluations proposées en mathématiques doivent tenir compte de l’utilisation des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) et doivent prévoir des moments où l’élève appelle le professeur, afin qu’aucun ne reste bloqué sur le sujet proposé, et que l’enseignant puisse évaluer les aptitudes de l’élève à mobiliser des connaissances et des compétences pour résoudre des problèmes ainsi que ses capacités liées à l’utilisation des TIC.
  • Les candidats libres au baccalauréat ainsi que les apprentis de certains CFA sont, eux, évalués lors d’une épreuve nationale, ponctuelle, comportant elle aussi (en mathématiques) une obligation d’utiliser les TIC.
  • Le programme de baccalauréat professionnel demande aux enseignants de « privilégier une démarche d’investigation », initiée au collège, qui s’appuie sur un questionnement des élèves relatif au monde réel. Il précise aussi que la démarche pédagogique doit « s’appuyer sur l’expérimentation » par des calculs numériques, des représentations ou des figures, pour permettre aux élèves d’émettre des conjectures en utilisant les TIC.
  • Ce programme demande également aux enseignants de « prendre en compte la bivalence », mais ceux-ci se heurtent à des incohérences de contenus des programmes : par exemple, la notion de vecteur est enseignée en mathématiques en classe de Première alors que la notion de force est enseignée en sciences physiques en classe de Seconde. Le professeur doit proposer aux élèves des problèmes issus de la vie courante, du domaine professionnel, en relation avec des thématiques transversales, classées par grands sujets : « Développement durable », « Prévention, santé et sécurité », « Évolution des sciences et techniques », « Vie sociale et loisirs », « Vie économique et professionnelle », mais la formation des enseignants n’est pas assurée cette année dans nombre d’académies.
  • La répartition des heures d’EGLS (Enseignement Général Lié à la Spécialité ; près de 2h par semaine en moyenne en Seconde, Première et Terminale) et d’AP (Accompagnement Personnalisé ; 2,5h par semaine pour chaque niveau) est laissée à la discrétion des chefs d’établissement. En pratique, ces heures sont souvent utilisées pour pallier le manque d’heures en groupes à effectif réduit, et parfois même au profit d’autres disciplines.
  • Il existe, pour les élèves qui souhaitent intégrer une STS (Section de Technicien Supérieur), un programme complémentaire de mathématiques, à enseigner pendant les heures d’AP.

b) Propositions et revendications

  • Ouvrir davantage de classes de CAP en lycées professionnels, pour permettre, d’une part, aux élèves de Troisième de choisir réellement leur orientation et, d’autre part, aux élèves qui ont trop de difficultés en classe de baccalauréat professionnel de pouvoir reprendre confiance en classe de CAP.
  • Permettre réellement aux élèves ayant obtenu un CAP d’entrer en Première professionnelle, par exemple en accordant des moyens spécifiques à la remise à niveau, en plus des heures d’accompagnement personnalisé.
  • Expliciter un cadrage national pour l’organisation des CCF au sein des LP, pour éviter une trop grande disparité, due surtout aux multiples différences qui existent entre les établissements (effectifs de classe, place des périodes de formation en entreprise dans le calendrier, équipement informatique, etc.). Créer une banque de données de sujets de type CCF, pour aider les collègues à entraîner les élèves à ce genre d’épreuves pendant leur formation.
  • Former les enseignants afin qu’ils puissent, entre autres, « privilégier une démarche d’investigation » dans leur enseignement et mettre en oeuvre l’évaluation par compétences, telle qu’exigée par les grilles nationales d’évaluation en CCF.
  • Assurer la cohérence des programmes, afin de pouvoir mieux « prendre en compte la bivalence ».
  • Donner un cadrage national pour la répartition des heures d’EGLS et des heures d’AP, en réintroduisant des seuils de dédoublement en baccalauréat professionnel, comme ceux qui existent encore en CAP, c’est-à-dire, en mathématiques, à partir du 19ème élève. Créer des ressources pour l’EGLS et l’AP.
  • Limiter les effectifs de classe à 24, pour favoriser la prise en compte de la diversité des élèves.
  • Augmenter sensiblement l’horaire en mathématiques (et aussi en sciences physiques) des STS uniquement pour les étudiants titulaires d’un bac professionnel. On peut raisonnablement penser que deux heures supplémentaires soient dispensées en première année et qu’une seule heure suffise en deuxième année.
  • Poursuivre la création de classes préparatoires aux grandes écoles (d’ingénieurs ou de commerce) réservées aux étudiants issus de classes professionnelles. Dans cette structure, l’enseignement tient compte des compétences acquises en lycée professionnel et il est ainsi plus aisé pour les enseignants de faire progresser toute la classe, étant donné qu’il n’y a pas d’écart très important de niveau initial.
  • Poursuivre la création de classes préparatoires aux grandes écoles (d’ingénieurs ou de commerce) réservées aux étudiants issus de classes professionnelles. Dans cette structure, l’enseignement tient compte des compétences acquises en lycée professionnel et il est ainsi plus aisé pour les enseignants de faire progresser toute la classe, étant donné qu’il n’y a pas d’écart très important de niveau initial.

5. Le lycée d’enseignement général et technologique

a) Constats

Suite à la récente réforme du lycée, on constate une grande disparité entre les établissements au niveau des horaires et de l’organisation des enseignements d’une même série. D’autre part, cette réforme n’atteint pas les objectifs qu’elle s’était fixés en termes de rééquilibrage des séries.

1) Seconde

Les constats pour la Seconde sont issus des résultats de l’enquête menée par l’APMEP au quatrième trimestre de l’année 2010.

  • Environ 30% des classes ont un horaire inférieur à 4h dont une dédoublée.
  • Très grande disparité dans l’organisation de l’AP (accompagnement personnalisé) : autant de structures que d’établissements.
  • Environ 30% des établissements ont des groupes d’AP supérieurs à 18 élèves.
  • Dans la plupart des cas, il y a du soutien, de l’approfondissement, de la méthodologie et de l’aide à l’orientation.
  • Une tendance : l’heure d’AP comptée 0,5h dans le service des enseignants ! Autre tendance plus lourde : l’AP en HSE (heure supplémentaire effective) ; enfin l’AP sert souvent de variable d’ajustement pour les services.
  • L’enseignement d’exploration MPS (méthodes et pratiques scientifiques) a été mis en place dans la plupart des lycées (plus de 85%) et, comme pour l’AP, les organisations sont très diverses. Les mathématiques y figurent très souvent.

2) Cycle terminal des séries générales

  • Pour les séries ES et L, le programme commun met fin aux spécificités de ces deux séries, pour des élèves aux profils et aux aspirations complètement différents. La spécificité de l’ancien programme de série L, aux contours historiques et épistémologiques, était très appréciée par les élèves de cette série.
  • Pour la série S, l’horaire réduit à 4h n’est pas digne d’une série soi-disant scientifique et imposera aux élèves un effort considérable en classe terminale pour l’acquisition des nombreuses notions désormais enseignées à ce niveau.
  • Les nouveaux programmes mettent l’accent sur les probabilités et de nombreux collègues se sentent un peu désarmés, et attendent une formation continue adéquate.

3) Cycle terminal des séries technologiques

  • Comme pour toutes les autres sections, il n’y a plus de dédoublement intégré aux grilles horaires, puisque celles-ci sont désormais à la discrétion des établissements. Pour sauver les postes des matières technologiques, de trop nombreuses classes n’auront pas de dédoublement, avec des classes qui pourront comporter 35 élèves. Pour la qualité de l’enseignement des mathématiques, il est nécessaire qu’au moins deux heures de l’enseignement des mathématiques soient dédoublées. Cette condition était, jusqu’à la mise en place de la réforme des lycées, remplie dans les sections STI, et a permis de jouer un rôle certain d’ascenseur social
  • La nouvelle mouture des STMG pose problème. En effet, certaines filières sont abandonnées et le nouveau programme interdira certaines poursuites d’études aux élèves.
  • Il est aussi regrettable qu’il n’existe plus de classes passerelles pour les élèves venant de Bac pro et qui veulent poursuivre en série technologique.

b) Propositions et revendications

Pour l’ensemble du lycée, garantir au minimum une heure hebdomadaire en mathématiques, au sein des « heures à effectifs réduits ».

1) Seconde

  • Systématiser 4h de mathématiques par semaine, dont au moins une heure dédoublée.
  • Recadrer nationalement l’AP (accompagnement personnalisé), pour une réelle efficacité En particulier pour que ces heures ne servent pas de variable d’ajustement des services des enseignants.
  • Au sein de l’enseignement d’exploration MPS, faire en sorte que les mathématiques aient toute leur place.

2) Cycle terminal des séries générales

  • Revoir les programmes de l’option et de la spécialité de la série L, pour qu’ils retrouvent les anciennes spécificités qui jouaient un rôle primordial dans la motivation et l’orientation des élèves.
  • Rendre obligatoire un enseignement de « culture mathématique » en série L.
  • Mettre en oeuvre une série vraiment scientifique, à même de lutter contre la désaffection des étudiants pour les études scientifiques, avec un horaire de mathématiques permettant une progressivité des acquisitions entre la Seconde et la Terminale (5h en Première S et 6h en Terminale, dont au moins une heure dédoublée).

3) Cycle terminal des séries technologiques

  • Remettre en place les heures dédoublées dans les grilles horaires en mathématiques.
  • Communiquer les projets de programme des séries technologiques en même temps que ceux des séries générales. Les séries technologiques ne doivent pas être traitées comme des séries « au rabais ».
  • Créer une sorte de « spécialité maths » pour les élèves de STMG qui envisagent de s’orienter vers la gestion et la comptabilité.

Enfin, l’APMEP demande une formation consistante en probabilité, en statistiques et en algorithmique, pour tous les enseignants.

6. L’enseignement post-baccalauréat

a) Constats

  • Un certain nombre d’étudiants rencontrent des difficultés d’insertion dans l’enseignement supérieur, dues en particulier à une rupture trop importante avec l’enseignement secondaire.
  • Les lycéens ont souvent une connaissance insuffisante des enjeux et méthodes de l’enseignement supérieur, notamment en ce qui concerne la recherche.
  • Le travail commun entre les enseignants du secondaire et ceux du supérieur ne semble pas assez développé.
  • Les jeunes des milieux socialement défavorisés ont des difficultés à suivre des études supérieures sur des cursus qui deviennent de plus en plus longs.
  • L’enseignement des mathématiques en STS (sections de techniciens supérieurs) industrielles n’est pas suffisamment adapté aux étudiants titulaires d’un baccalauréat professionnel. Le programme demande des compétences relativement pointues (calcul intégral, suites et séries numériques, statistiques inférentielles…) en un horaire relativement réduit (de 2h à 5h hebdomadaires). Il est donc difficile pour un enseignant de gérer à l’intérieur d’une même classe des élèves issus d’une Terminale S et de Terminales professionnelles par exemple.

b) Propositions et revendications

  • Donner les moyens suffisants pour le suivi et l’encadrement des étudiants en difficulté en première année d’enseignement supérieur.
  • Instituer une concertation beaucoup plus étroite entre les professeurs de l’enseignement secondaire et ceux de l’enseignement supérieur ; rendre possibles, ponctuellement, des échanges de service.
  • Reconnaître, dans le service des enseignants, le temps consacré à la vulgarisation des résultats de la recherche (disciplinaire et didactique), et aux actions de vulgarisation scientifique. Cela favoriserait, chez les lycéens, une connaissance de l’état de la recherche en mathématiques aujourd’hui, notamment par des contacts avec des chercheurs et grâce à des projets nationaux.
  • Renforcer la politique d’aide permettant aux jeunes socialement défavorisés l’accès aux filières post-baccalauréat qu’ils souhaitent.
  • Instituer une commission de suivi des programmes de STS, comprenant des professeurs du secondaire et en particulier des professeurs de lycée professionnel.
  • Pour les étudiants titulaires d’un baccalauréat professionnel, augmenter l’horaire de mathématiques (et aussi celui de sciences physiques) en STS (deux heures hebdomadaires de plus en première année, une heure de plus en deuxième année).
  • Poursuivre la création de CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) réservées aux étudiants issus des lycées professionnels. Dans ces classes, l’enseignement tient en effet compte des compétences acquises en lycée professionnel et il est ainsi plus aisé pour les enseignants de faire progresser tous les élèves, étant donné qu’il n’y a pas d’écart très important de niveau initial.
  • Soutenir le développement des CPU (classes préparatoires universitaires) permettant à des étudiants d’envisager l’accès aux grandes écoles tout en suivant un parcours universitaire, et ce sans réorientation.
  • Poursuivre l’enseignement des probabilités et des statistiques dans les premières années de toutes les filières post-baccalauréat.

7. La formation des enseignants

Les enseignants doivent rester des fonctionnaires ; leur formation initiale doit être de niveau master. Les masters mis en place ne doivent pas aboutir à la constitution d’un « vivier » de personnels précaires.

7.1 La formation initiale et l’entrée progressive dans le métier

a) Constats

  • Enseigner est un métier difficile et complexe, qui nécessite une formation initiale longue.
  • La formation initiale actuelle (dans le cadre des masters « métiers de l’enseignement » ou des masters « mathématiques », pour le 2nd degré) n’est pas suffisamment professionnelle.
  • Tant que les futurs professeurs ne sont pas présélectionnés par un concours, la préparation dudit concours (« bachotage ») ne favorise pas la « posture professionnelle » requise pour se préparer correctement à la profession.
  • De nombreux étudiants ne peuvent pas assumer financièrement cinq années d’études après le baccalauréat, surtout dans l’incertitude de réussir le concours envisagé.
  • Le nombre de candidats aux concours de recrutement accuse cette année une baisse inquiétante.
  • Pour les étudiants qui se destinent à l’enseignement en école primaire, les licences actuelles ne sont pas suffisamment pluridisciplinaires.
  • Lors des premières années d’enseignement en responsabilité, les professeurs ont besoin d’un complément de formation, d’un accompagnement au sein de l’établissement, et de beaucoup de temps pour préparer et analyser les séances de classe.

b) Propositions et revendications

  • Développer, en licence, des « modules pluridisciplinaires » (équilibrant sciences et humanités) préparant au professorat des écoles.
  • Développer des spécialités de masters « enseignement » qui prennent en compte les trois grands volets de la formation (discipline(s), didactique(s), pédagogie), et qui comportent plusieurs stages (d’observation, de pratique accompagnée, et en responsabilité) articulés dans une réelle « formation par l’alternance ». Pour le 2nd degré, un parcours optionnel pourrait être axé sur la préparation de l’agrégation (qui serait placée en fin de ce master).
  • « Pré-recruter » les futurs professeurs (professeurs des écoles, professeurs de lycée professionnel, professeurs de collège ou de lycée) suite à des concours nationaux placés en fin de licence.
  • Ces étudiants pré-recrutés suivent ensuite une formation professionnelle (au sens large) de deux ans, sanctionnée par l’obtention d’un master « enseignement ». Ils peuvent, dans certains cas, ne pas avoir à valider certaines UE, grâce à des procédures de validation d’acquis. Pendant ces deux années, ils sont rémunérés (comme l’ont été les « élèves-professeurs » des IPES en leur temps).
  • N’employer en tant que professeur fonctionnaire (stagiaire puis titulaire) que les étudiants qui ont été « pré-recrutés » et qui ont obtenu le master évoqué ci-dessus, ou qui ont suivi une formation équivalente
  • Lors de l’année de stage en responsabilité en tant que fonctionnaire, ne prévoir qu’un tiers du temps de service en présence d’élèves. Affecter à chaque stagiaire un tuteur formé à sa mission, enseignant dans la même école (ou une école proche) ou le même établissement, et bénéficiant d’une décharge de service d’environ 10%.
  • Lors des deux premières années d’enseignement, accorder aux nouveaux titulaires une décharge de service d’environ 10%.

7.2 La formation continue

a) Constats

  • Globalement, l’offre de formation continue des enseignants est actuellement très insuffisante (voire quasi-inexistante dans certaines académies), au regard de l’évolution du métier et de sa complexité. En particulier, trop peu de formations « longues » sont proposées.
  • Parmi les multiples façons de se former, l’institution ne reconnaît trop souvent que la simple participation à des stages.
  • Les formateurs n’ont en général pas de qualification reconnue (surtout pour le second degré), et ont trop peu de temps pour se former eux-mêmes.
  • L’ensemble des actions de formations proposées par l’Éducation nationale, mais aussi par divers organismes ou associations, manque de visibilité et de cohérence.

b) Propositions et revendications

  • Reconnaître et encourager la formation continue sous toutes ses formes (stages, colloques, séminaires, groupes de travail au sein des établissements ou au niveau académique, préparations de masters, recherches universitaires, lectures…).
  • Diminuer d’une heure hebdomadaire le temps actuel de présence obligatoire avec les élèves, au profit d’un « crédit-temps » équivalent, réservé à la formation (au sens large du terme).
  • Permettre une personnalisation de ce « crédit-temps », et une grande souplesse pour son utilisation, notamment pour des formations longues (diplômantes ou non).
  • Pour la formation initiale des formateurs, encourager les universités à créer ou à développer des masters spécifiques, et accorder un allègement de service aux collègues qui s’y inscrivent.
  • Accorder des décharges de service suffisantes pour les formateurs qualifiés, et favoriser leur formation continue, notamment au sein des IREM (instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques).
  • Créer un « institut national de la formation continue », chargé notamment de « vulgariser » les recherches universitaires (disciplinaires, didactiques, pédagogiques) et de mettre en réseau tous les prestataires de formation (dont les IREM).

 

(Article mis en ligne par Gérard Coppin)
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