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  APMEP   Tant qu’il y aura des élèves

Article du bulletin 456

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Gérard Kuntz

- 18 novembre 2016 -

par Hervé Hamon

Seuil, Septembre 2004.

295 pages. Prix 18 euros.

ISBN 2-02-057071-8.

Ce livre est un récit de voyage. Vingt ans après le retentissant Tant qu’il y aura des profs, Hervé Hamon a repris le chemin des Collèges et des Lycées. Il a retrouvé ses interlocuteurs de jadis. Il a écouté de jeunes enseignants et leurs élèves. Des experts français et étrangers. Des représentants syndicaux. Au fond des classes, il a partagé, des journées entières, la vie des élèves.
La force du livre réside dans les paroles multiples et contradictoires qu’il a recueillies.
Les contrastes sont saisissants entre les propos militants ou désabusés de « salle des profs » et les confidences en tête à tête. Entre le discours public et la pensée profonde…
Le gâchis d’une institution sans véritable gestion des « ressources humaines » apparaît dans toute sa splendeur. Voyez dans le chapitre « casting » les hallucinantes histoires de Laurence Devillairs, de Myriam Garance et de Joëlle Dantec. Sous prétexte d’interchangeabilité des enseignants, les talents sont méconnus et des personnalités brisées.
Voyez les trois pages (205 à 207) consacrées aux quelques journées que l’auteur a passées au fond d’une « vraie classe ». Elles sont criantes de vérité. Elles expliquent bien des échecs :
«  Moi qui suis bon public, je témoigne qu’installé de cette manière, étourdi de tant d’heures torrentielles, barbouillé de changements de décor et d’intrigue éclairs, les chances de s’émerveiller sont faibles…  »
En vingt ans, les choses ont bien changé : « La banlieue, c’est pire, mais le Collège, c’est mieux. L’enseignement professionnel, c’était un parking à chômeurs et, aujourd’hui, c’est là que ça bouge. Quant aux lycées, ils produisent deux fois plus de bacheliers, mais ils les discriminent. L’École n’est pas juste avec les plus démunis. Elle n’est pas juste avec les filles (qui sont pourtant les meilleures élèves). Elle oriente mal et hypocritement. Elle crée, sous la pression de parents consommateurs, des zones de relégation. Les Français exigent le meilleur établissement pour leur rejeton. Mais surtout pas pour celui du voisin. »
Et pourtant, que de talents et d’inventivité, surtout, dans les zones les plus « en difficulté ». C’est le laboratoire de l’école future.
Mais la périphérie pourra-t-elle se faire entendre du centre ?

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)
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