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100 ans, il est temps de muter !

Antoine Valabrègue [1]

Nous vivons une révolution aussi puissante que l’irruption du néolithique. Qui bien
entendu va se dérouler dans le temps.
Elle affecte d’ores et déjà tous les secteurs y compris les maths et l’enseignement.
Une partie de cette révolution consiste à substituer au paradigme de quasi certitude
intégro-différentiel un paradigme de quasi doute probabiliste, une philosophie plutôt
bio-quantique.
De plus, il est difficile d’échapper à de profondes interrogations, dues

  • aux ingénieurs qui acceptent si facilement des chantiers à risques comme les
    forages de pétrole dans le golfe du Mexique,
  • aux fonctionnaires qui ont pondu les directives sur l’interdiction des plantes
    médicinales au niveau européen,
  • aux profs des grandes écoles qui se vantent d’être l’élite des mathématiques
    financières, deux mois avant une gigantesque crise,
  • aux dirigeants issus de ces mêmes écoles qui ont créé des robots téléphoniques
    et un management qui a conduit à tant de déprimes, voire de suicides.

Cela relativise, de fait, la toute puissance que l’on pourrait accorder à la rigueur
mathématique comme fondement du progrès.
C’est d’ailleurs pourquoi j’ai estimé qu’aujourd’hui un renouveau de l’accès aux
savoirs passait par la case « connaissance de soi » et expériences évaluables. Cf.
« Mener sa vie – la voie de l’individu attentionné  » Pole Editions ou
http://www.lesailesdupossible.fr

Pour mon compte, l’enjeu est de passer d’une société hiérarchique compétitive à une
société relationnelle coopérative, si nous voulons éviter une « sortie de route de
l’humanité » comme le pensent certains.
Cet enjeu ne peut pas ne pas se traduire dans les façons d’enseigner et donc dans des
modifications du statut des profs en général, de maths en particulier.

À mon avis, l’APMEP a un rôle à jouer au milieu de tous les pôles innovants que
l’association a engendré depuis 40 ans et qui suivent leur propre logique. Un rôle
plus utile, et fondamental il me semble, que de courir derrière l’Inspection pour
modifier des virgules d’un programme qui ne règle ni le découragement des
collègues ni le peu d’appétence des élèves.

Je propose donc que l’APMEP milite pour la création d’un groupe pluridisciplinaire
comportant : des jeunes, des parents, des chercheurs, des profs de tous les âges et tous
milieux de sciences, des inspecteurs, des responsables d’associations et structures
promouvant les maths, des psychiatres, des adeptes des rallyes, des représentants des
IREM, du CNAM ou de la formation permanente, des mouvements pédagogiques, sans exclure des pointures de l’académie ou du collège de France ou de Normale
Sup, pour redessiner les contours nécessairement fractals d’un enseignement de
maths à l’époque d’Internet.

Il s’agira d’aboutir à une progression d’activités et de contenus, de la maternelle à
l’université avec une logique voisine de celle des parcours de l’IREM de Poitiers,
tout en proposant des formations cohérentes avec cette progression (je ne crois pas
qu’il faille quémander quoique ce soit, la formation est un droit, nous pouvons la
prendre sur nos services), et, sans doute une stratégie pour persuader la bureaucratie
céleste d’évoluer.
Des activités et contenus ne laissant personne sur le carreau, ne bridant pas les forts
en maths, remettant le penser et l’humain au cœur de tout.

Notes

[1antoine.valabregue@gmail.com

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