ADa10 : La mathématique du chat de Geluck

JUSTENS Daniel

Guy Juge

- 12 mai 2006 -

L’usage du dessin, le recours à l’humour iconique et verbal, les jeux de mots, les interpénétrations graphico-scripturales permettent l’abord de domaines graves et autorisent une liberté de penser tout à fait remarquable et unique, ce qui tend à montrer, et cela en surprendra peut-être plus d’un, qu’une part importante de la population n’est pas encore capable d’accepter un discours direct sans truchement en ce qui concerne certains types de problèmes. Le temps des Gulliver, des fables animalières et des voyages dans les états de la Lune et du Soleil si chers à Cyrano est loin encore d’être révolu. Le Chat de Philippe Geluck est de cette trempe. Tous les problèmes importants de notre société, toutes les angoisses métaphysiques liées à la perception et à la conscience de notre finitude, tous les grands problèmes philosophiques ou politiques y sont abordés régulièrement avec lucidité. Seul l’humour et le recours au truchement animalier autorisent aujourd’hui encore cette liberté de ton et ce réalisme cru vis-à-vis de la mort, de la religion, des problèmes existentiels. Ayant pour mission de n’éviter aucun domaine générateur d’angoisse, le Chat se devait évidemment de traiter des mathématiques, sources de terreur de nos chères têtes blondes et causes systématiques, paraît-il, de tant de nuits blanches.