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Apprendre la science et la technologie au collège

6e – 5e.

Marc Roux

- 15 décembre 2010 -

DVD réalisé par la DGESCO, l’Académie des Sciences et le CNDP.
SCÉREN-CNDP 2010.

Ce DVD est constitué de vidéos qui décrivent et commentent le dispositif d’Enseignement Intégré de Sciences et Technologie (EIST) qui est expérimenté dans des classes de Sixième et Cinquième d’une cinquantaine d’établissements, depuis 2006, et veut être le prolongement en collège de La main à la pâte. On y trouve d’une part des séances en classe filmées, d’autre part les réflexions de huit personnalités : académiciens, inspecteurs généraux (à noter que dans Le plus grand des hasards, recensé dans ce même numéro par P.-L. Hennequin, l’académicien des sciences Yves Quéré évoque très favorablement l’EIST). L’accent est mis sur l’intérêt pédagogique de l’interdisciplinarité (avec concertation et travail d’équipe) et de la démarche d’investigation, et sur le lien avec les compétences transversales du Socle commun.
Le principe est que chaque élève bénéficie d’un enseignement hebdomadaire de 3,5 à 4,5 heures fondé sur des démarches d’investigation et donné par un enseignant unique ; chacun des professeurs de SVT, physique, technologie enseigne ainsi la totalité des programmes des trois matières à un groupe d’élèves, deux classes formant trois groupes (si j’ai bien compris, car le DVD est assez peu explicite sur l’organisation pratique).

Les mathématiques n’interviennent pas dans ce dispositif ; néanmoins le SCÉREN nous a fait parvenir un exemplaire du DVD. Est-ce le signe que certains, au ministère, envisageraient d’y associer les enseignants de mathématiques  ? Au vu des vidéos, on ne peut s’empêcher de voir une certaine parenté de l’EIST avec l’Option Sciences que nous avons tenté d’instaurer en Seconde, et sa version appauvrie en horaire que peut être l’enseignement d’exploration MPS (méthodes et pratiques scientifiques) ; dans certains thèmes, comme la variation de volume de l’eau gelant, un enseignant de mathématiques aurait facilement introduit une étude quantitative. Il peut donc être intéressant pour les collègues de collège partisans d’expérimentation et d’interdisciplinarité de visionner ce DVD.

Toutefois il peut aussi être perçu comme un plaidoyer pour la multivalence des enseignants (que chacun est libre de souhaiter ou de rejeter, non sans mettre en balance ses avantages et ses inconvénients) ; il pèche aussi par un angélisme certain : dans les classes filmées, pas un instant d’inattention ni d’agitation, pas un signe de découragement, à faire pâlir d’envie plus d’un collègue  ; dans les commentaires, pas le moindre doute quant à l’efficacité du dispositif, pas la moindre allusion à d’éventuels inconvénients ou difficultés ; ce qui fait de ceci plus un objet promotionnel qu’un rapport objectif. Marc ROUX