Avenir de la filière S du Lycée

Jean-Louis Piednoir

Résumé de l’article

L’article fait d’abord un constat : Les réformes du cycle terminal des lycées entreprises depuis 1993 sont un échec. La « rénovation pédagogique des lycées » qui avait pour objectif avoué de diminuer le poids des mathématiques et de développer les filières littéraires n’a pas réussi à arrêter la chute impressionnante du nombre de bacheliers littéraires, et le pourcentage important de bacheliers littéraires en hypokhâgne. Le coût moyen d’un élève du second degré a beaucoup augmenté alors que les enseignants du supérieur trouvent que la formation dispensée après la réforme a régressé.
L’auteur fait ensuite un historique des études scientifiques au lycée de 1982 à 2007. Entre 1982 et 1993, la décision la plus importante a été la fusion des Classes de Première C et D, les terminales restant distinctes. A partir de 1994, la fusion des trois filières scientifiques et l’institution de spécialités ont été accompagnées d’une diminution des heures de mathématiques, attribuées à la biologie, alors que dans l’enseignement supérieur, 69% des bacheliers S ne feront pas de biologie. L’objectif de la réforme était de rééquilibrer les filières, mais il y a toujours une hiérarchie des spécialités, et dans toutes les filières de l’université ou des classes préparatoires, ce sont les bacheliers S Spécialité math qui ont les meilleurs résultats. Le système des spécialités a installé une concurrence plutôt malsaine entre les disciplines.
Le constat de la baisse des orientations vers les études scientifiques justifie nécessite le changement. L’ensemble des sociétés savantes et des associations de professeurs, réunies au sein du collectif "Action-Sciences" sont unanimes pour réclamer une augmentation de l’horaire de mathématiques en terminale. Les bacheliers ont une moindre propension à faire des études scientifiques longues. On les retrouve dans les filières santé ou IUT tertiaire, le chômage incite aussi à délaisser les filières théoriques au profit des filières professionnelles.
Une réforme, pour réussir, doit prendre en compte des facteurs sociologiques, des facteurs didactiques et des facteurs économiques, et surtout tenir compte des expériences passées, si on veut éviter une nouvelle détérioration de la situation.

Plan de l’article

  • Avant-propos
  • Analyse de la « rénovation pédagogique des lycées »
  • Petite histoire des études scientifiques au lycée
  • Les spécialités dans la filière S
  • Nécessité et difficulté du changement
  • Vers l’avenir

- Télécharger l’article en pdf dans son intégralité

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)