Compte rendu des commissions collège et premier degré

Sophie ROUBIN

 

du 24 octobre 2021 aux Journées Nationales APMEP de Bourges

   

La commission a été présentée par Sophie Roubin et Sylvain Etienne (Référent Mathématiques Académique).
Nous remercions Laurence Candille qui a eu la tâche difficile de préparer le compte rendu.

Diaporama : support de présentation des commissions.

La rentrée 2021 est accompagnée de changements pour les commissions premier degré et collège qui changent toutes deux de responsable.

  • Responsable de la commission collège : Patricia Goncalves qui remplace Sophie Roubin
  • Responsable de la commission premier degré : Barbara Strba qui remplace Agnès Gateau

Pour contacter les commissions, des adresses génériques ont été créées :

  • commission.premier-degre@apmep.fr
  • commission.college@apmep.fr

Nous félicitons nos deux nouvelles responsables de commissions nationales.

 

En s’appuyant sur le diaporama en lien ci-dessus, il est rappelé le fonctionnement de la commission : il y a trois réunions par an, deux à Paris et une pendant les Journées nationales. Lors de ces rencontres les objectifs sont d’effectuer une veille professionnelle, réfléchir ensemble, partager et avoir des positions communes pour aider le bureau à prendre des décisions et répondre aux sollicitations de l’extérieur. Les adhérents peuvent proposer des thèmes d’étude, des sujets de réflexion et participer lors des réunions à Paris au local de l’APMEP. Les commissions font aussi un travail de mutualisation de ressources.

    • - Les mercredis de l’APMEP : c’est un espace de d’échanges et de formation sous la forme de conférences, d’ateliers, de présentation et analyse de pratiques qui à lieu certains mercredi de 17h à 18h30 en visioconférence. Le planning des interventions est disponible sur la page de la manifestation. Ne pas hésiter à proposer sa participation en complétant le formulaire de manifestation d’intérêt.
    • - Le hors-série Au fil des maths « Spécial premier degré » en accès libre et gratuit vient de sortir. Ce numéro peut être proposé pour les étudiants, les collègues professeurs des écoles et enseignants du second degré. Il y avait déjà eu un numéro à destination des professeurs des écoles proposé lors des Journées en attendant Bourges.
    • - Les questions d’actualités : une table ronde Suite au rapport « Les 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques », un grand nombre de documents est paru : des vademecum (des RMC, des Labo Maths...), un guide orange, un guide pour les référents. Et d’autres guides vont paraitre : le guide pour le CM et le guide collège. C’est annoncé comme « à prendre comme des aides pour faire réfléchir » pas comme des guides.
      Avec les programmes et attendus de fin d’année, nous avons donc pléthore de guides et documents. Qu’en penser ? Les formateurs qui vont les présenter ne sont pas forcément formés. Comment tout cela va-t-il être présenté dans les formations ?

Lors des Journées de Bourges, les commissions premier degré et collège ont souhaité organiser une table ronde à la place des questions d’actualité pour favoriser le débat. Le thème choisi est « Comment penser la diversité des pratiques tout en formant les professionnels ».

Claire Lommé sera la médiatrice de cette table ronde. Les participant.e.s seront Richard Cabassut (INSPE et participation aux formations nationales du Plan Math), Nathalie Fourbet (RMC), Gaëlle Papineau (IPR et participation au pilotage du Plan Math), Claire Piolti-Lamorthe (collège et INSPE) et Barbara Strba (RMC).

Avant de laisser s’exprimer les enseignants présents dans la salle, Claire Lommé, annonce les thèmes proposés pour la table ronde :

  • Comment faire pour inciter les enseignants à se former davantage ?
  • Comment former les enseignants sans les formater ?
  • Comment s’auto-former quand on est enseignant ? Réaliser une veille professionnelle ? Faciliter l’accès aux ressources, aux nouveautés et faciliter leurs usages ?
  • Comment faciliter et favoriser les échanges entre les professeur des écoles et les professeurs du second degré ?
  • Est-ce que le Covid-19 avec ses classes virtuelles a davantage normalisé les pratiques ?

Résumé de la discussion de préparation de la table ronde avec la salle :

  • - Comment faire pour inciter les enseignants à se former davantage ?

Dans le second degré la formation est volontaire et les enseignants ont le plus souvent le choix de leur formation, des ressources sont proposées mais il n’y a pas d’injonction à les utiliser. Dans le premier degré, elle est imposée au moins pour 18 h (jusqu’à 30 h) et les enseignants n’ont pas le choix de leur formation.

Toute formation doit répondre à un besoin du stagiaire. Les enseignants qui viennent aux Journées de l’APMEP y trouvent un contenu culturel riche, ils y viennent pour le plaisir, le partage et la réflexion commune. En formation, ils pensent quelquefois qu’on va leur imposer une pratique.

Si l’enseignant n’est pas motivé, s’il vit la formation comme une obligation, comme une sanction ou si la formation ne répond pas à ses attentes, à son questionnement, l’enseignant est passif, parfois contestataire et la formation est inutile.

Un enseignant qui souhaite se former doit parfois le faire sur ses propres deniers et son temps libre. Pour inciter les enseignants à se former et avoir des formations réellement efficaces, il apparaît nécessaire qu’il y ait une offre institutionnelle plus marquée, avec une organisation du temps de formation sur le temps de travail, tout au long de la carrière avec un contenu adapté en permanence aux besoins. C’est une demande ancienne de la profession qui n’est aujourd’hui toujours pas satisfaite. Dans le passé, on demandait qu’il y ait un accompagnement de deux ou trois ans pour répondre aux questionnements des jeunes collègues.

  • - Comment former les enseignant sans les formater ?

Dans le premier degré la méthode de Singapour avec la modélisation en barre est à la mode actuellement. On a donné l’impression aux professeurs des écoles qu’il faut absolument en passer par là. Cette méthode n’a peut-être pas été bien présentée et elle a été interprétée comme une méthode miracle à utiliser. Une méthode à la mode et imposée. Il faut savoir prendre le la distance face aux modes, aux méthodes miracles.

De nombreux professeurs des écoles n’ont pas de culture mathématique et face à la résolution de problèmes ne savent pas comment faire pour aider un élève qui ne comprend pas.

La modélisation en barre est un des moyens pour aider à la résolution de problèmes. Il faut veiller à construire les modèles avec les élèves en réponse avec leur questionnement, ne pas leur imposer sans explication.

Attention aussi aux idées préconçues comme “à force d’en faire on va y arriver”. Pas toujours et il est préférable d’enseigner en bâtissant une bonne compréhension des méthodes. Ce qui est important c’est le questionnement à mener avec les élèves pour résoudre le problème, leur apprendre à se questionner. Les bons élèves se font le questionnement tout seul. Les autres, il faut construire le raisonnement avec eux.

Pour les professeurs des écoles, la difficulté est d’enseigner une discipline qu’on ne s’est pas approprié. Une méthode qu’on doit enseigner sans la connaître, ce n’est pas aussi simple. Il faut du temps pour s’approprier et se convaincre et le temps on ne l’a pas forcément. Si on n’est pas suffisamment familier avec le sujet à enseigner, il ne faut pas imaginer le transmettre. Peut être que cette méthode sera transmise à la génération suivante.

Il faudrait un suivi de la formation sur un long terme. Former pour vraiment permettre aux enseignants de s’approprier les matières à enseigner, la didactique et la pédagogie. Imposer ne marche pas.

Les professeurs ont besoin de temps pour s’approprier les enseignements.
Pour apprendre le métier il faut un temps long.

Deux questions à se poser :
- Il y a des jeunes, des enseignants en face de nous. Tout le monde n’a pas la même façon de penser et de voir les choses, est-ce qu’on en tient compte en formation ?

- La modélisation est très difficile à enseigner. Le diagramme en barre est une modélisation : est-ce que cette modélisation fonctionne pour tous les problèmes ? Pour tous les élèves ? Peut-on enseigner la modélisation ? Chaque enseignant doit bien se questionner avant de se lancer à fond.

  • - Comment s’auto-former quand on est enseignant ?
    Réaliser une veille professionnelle ? Faciliter l’accès aux ressources, aux nouveautés et faciliter leurs usages ?

Il y a une très grande quantité de ressources, il est impossible de lire tout ce qui sort, des choix sont à faire. Être guidé pourrait être intéressant mais sous quelle forme ? Et parfois, il y a un problème de support pour la ressource comme par exemple le guide orange qui n’existe que sous forme numérique et qui fait 153 pages. Pas simple à consulter.

  • - Comment faciliter et favoriser les échanges entre les professeur des écoles et les professeurs du 2d degré ?

Par les labomaths qui se créent petit à petit dans les académies. Des échanges vont se faire par ce biais là.

  • - Est-ce que le Covid-19 avec ses classes virtuelles a davantage normalisé les pratiques ?

Normaliser les pratiques de formation des enseignants mais aussi les pratiques en classe avec les élèves. On se demande si les visioconférences ont abouti à un enseignement à nouveau plus descendant, plus magistral dans nos classes. Moins de manipulation des élèves ont été possibles à distance et des fiches plus cadrées sont revenues, ressenties comme une petite régression par les collègues. Le plan Villani-Torossian pousse vers l’expérimentation et finalement on semble revenir à du structuré et descendant et les formations et animations nous poussent vers du structuré.
Finalement vers quelles pratiques nous pousse-t-on à aller ?