468

Echanges entre CM2 et Sixièmes.

Le collège où j’enseigne (Louise Weiss à Nozay dans l’Essonne) recrute sur trois
écoles situées dans deux communes du 91. Connaissant la directrice de l’une d’entre
elles, il a été facile d’être présentée à la collègue du CM2. Mes objectifs : mettre en
place un échange régulier entre mes élèves de Sixième et ceux de CM2, favoriser une
liaison CM2/Sixième inexistante en mathématiques. Suite à une sympathie
réciproque lors de notre première rencontre a débuté une expérience qui, depuis,
continue et s’enrichit…

La première année, nous nous sommes mises d’accord pour organiser un mini rallye
en quatre manches (automne, hiver, printemps et finale), notre objectif commun étant
la résolution de problèmes. Cela a nécessité des rencontres fréquentes pour élaborer
les sujets (extraits de divers rallyes, aide des brochures Panoramaths) ; nous aurons
pu voir comment aborder certaines notions, à quelles difficultés remédier et comment
y remédier en CM2 puis en Sixième. Ceci n’est pas l’objet de cet article !
Nous avons poursuivi l’année suivante en ralliant des collègues de CM1 et en
organisant des échanges réguliers de problèmes entre nos élèves. Ce sont ces
échanges qui ont le plus motivé nos élèves d’où l’envie d’axer notre liaison dans ce
sens. L’article va détailler ce qui s’est mis en place en 2005/2006 et qui se poursuit
cette année.

Objectif : faire en sorte que les élèves se rencontrent pour faire des maths !
La première semaine de septembre, les CM2 ont réalisé des cartes d’identité collées
sur trois affiches pour se présenter individuellement et ont rédigé une lettre dans
laquelle ils proposent aux Sixièmes d’être leurs correspondants. Les affiches ont été
exposées aux Sixièmes en cours de français (la collègue ayant adhéré au projet) ; les
Sixièmes ont lu les « cartes d’identité » et chacun d’eux a choisi un(e) voire deux
correspondant(e)s (il y a 30 élèves de CM2 pour 25 élèves de Sixième) en fonction
surtout des traits de caractères et des pratiques extrascolaires décrits. La collègue de
français a fait travailler les Sixièmes pour, qu’à leur tour, ils se présentent en
quelques lignes ; en maths, je leur ai fait réaliser une frise qui encadrera leur
présentation (cf. Annexe 2). Ces fiches seront adressées aux CM2 qui découvriront
ainsi leur(s) correspondants.

Troisième semaine de septembre, les CM2 se déplacent au collège ; ils arrivent au
moment de la récréation et sont très intimidés, les Sixièmes les attendent (pas peu
fiers de jouer aux grands) et les binômes constitués sur papier se forment. Fin de la
récré ; nous nous retrouvons dans l’unique salle du collège permettant aux 55 élèves
d’être assis (chaise avec tablette intégrée). Je me présente aux CM2, ma collègue
Françoise Coumes aux Sixièmes, puis nous distribuons le travail : un message codé
(voir Annexe 3 extrait de jeux 6) à décoder par binôme. Une fois la consigne
explicitée oralement, les binômes se mettent au travail… Les tables de multiplication
ne sont pas toujours sues, des CM2 dépannent des Sixièmes et vice versa. Arrive
assez vite une doléance des CM2, vite reprise par les Sixièmes : « la table des 12, on
ne l’a pas apprise ». Certains binômes avaient commencé à l’écrire soit en posant les
multiplications en colonne soit par addition réitérée ; un moment collectif permettra
de voir la table des 12 comme le double de la table des 6 (notion qui sera reprise par
la suite dans nos cours respectifs et qui permettra de revisiter les tables) et voir
également 6 × 12 comme 6 × 10 + 6 × 2.

Ce message codé n’a pas été choisi au hasard : il permet de travailler les
homonymes ; ma collègue de français poursuivra ce travail dans ses cours et ce sera
l’occasion d’échanges écrits sur ce thème (cf. Annexe 1).
Nous ne voyons pas l’heure passer, les élèves non plus, assez surpris de devoir se
quitter. Tous nous réclamerons régulièrement la date de la prochaine rencontre…
En attendant, ils ont à coder un message pour leur correspondant (cf. Annexe 4) ; je
vérifie l’orthographe du message à coder mais pas le codage, les CM2 s’en
chargeront. Un élève de Sixième dont le frère est scolarisé dans l’école joue au
facteur et permet d’échanger les productions.

Un premier bilan : des élèves qui n’ont pas vu le temps passer, qui s’étonnent d’avoir
réfléchi autant sans se fatiguer et qui s’empressent de demander la date du prochain
rendez-vous. C’est la possibilité de réviser (les tables de multiplication ici) sans que
cela soit rébarbatif pour les « bons » (vive les brochures Jeux !).

Nous nous sommes retrouvés neuf fois au cours de l’année. Les thèmes abordés ont
été :
 Autour du cube : recherche des patrons de cube avec le matériel « polydron »/trouver
les pièces du cube Soma (Jeux 5) et les dessiner sur papier pointé (travail sur la
perspective et les calculs de volumes).
 Trio infernal : travail sur les quadrilatères.
 Pentatexte : recherche de tous les pentaminos puis élaboration et échange de
pentatextes (voir article de François Drouin dans PLOT 4) avec comme messages des
règles de calcul mental uniquement (voir Annexe 5).
 Mots en vrac (extrait de Jeux 5) pour réviser le vocabulaire de géométrie puis
élaboration et échange de programmes de construction.

Tous les élèves ont un cahier classeur réservé à cet échange dans lequel sont rangés
leurs brouillons (maths et français) et les écrits reçus de leurs correspondants.

Pour clôturer l’année, deux actions passionnantes mais toutes deux épuisantes pour
les enseignantes !

Une sortie au salon des jeux (voir PLOT 9) pour les deux classes. Nous avions
élaboré plusieurs parcours dans le salon et réservé quelques stands : celui de
l’APMEP a eu beaucoup de succès ! Une grande satisfaction : des élèves ont
convaincu leurs parents d’y retourner le week-end.

Une soirée (3 heures intenses) avec toutes les familles (sauf une, soit 54 familles
représentées), la visite de la Principale du collège et de la directrice de l’école au cours de laquelle les élèves ont fait « jouer » les adultes présents avec les différentes
activités proposées tout au long de l’année : chaque binôme avait la responsabilité
d’un stand durant 30 minutes (affiches et consignes réalisées par les CM2 dans le
cadre du B2i). Les parents ont joué le jeu, acceptant parfois de ne pas trouver (trio
infernal, pentatexte) mais découvrant une autre façon de faire des maths. Les élèves
étaient manifestement heureux de voir leurs parents ne pas trouver du premier coup ;
pour certaines familles, c’était peut-être même la première occasion de jouer
ensemble…

Étaient exposés des classeurs d’élèves avec les échanges de l’année, les productions
réalisées en français ; les photos prises au cours de l’année (mises régulièrement sur
le site du collège) défilaient sur l’écran de mon portable.

Bilan : beaucoup, parfois trop d’énergie nécessaire pour mener à bout ce projet mais
que de récompenses ! Des élèves motivés, des maths pour le plaisir, des parents
impliqués, des échanges écrits entre élèves, … Si bien que nous recommençons cette
année avec des activités différentes de sorte que les CM2 passés en Sixième n’aient
pas l’impression de « redoubler » avec en parallèle le « Mathador (voir PLOT 13) qui
concerne plusieurs Sixièmes et bientôt les CM1 (lorsqu’ils auront abordé la division).
Les idées ne manquent pas, les brochures de l’APMEP et des IREM constituent un
vivier très riche.

Annexe 1

Dans le cadre de cet échange CM2/Sixième, voici un exemple du travail mené avec
Céline Caruel, professeur de français, à la suite du message codé faisant intervenir
des homonymes.

Première étape (Lecture) : lecture avec les élèves des extraits du livre « Contes du
miroir » de Yak Rivais (Éditions école des loisirs). Les élèves ont eu à trouver la règle
du jeu sur laquelle l’auteur a bâti son texte : les mots figurant en capitales
d’imprimerie sont mal orthographiés. Pour reconstituer le texte d’origine, il faut
choisir l’homophone qui convient.
Exemple : Il était une FOIE un bûcheron qui avait SCIES enfants.

Deuxième étape (Orthographe) : les extraits étudiés ont été réécrits avec les
homophones qui conviennent.

Troisième étape ( Création) : chaque élève rédige un conte très bref puis remplace
certains mots par l’un de ses homophones, qu’il écrit en capitales d’imprimerie. Ce
travail peut se faire à l’aide d’un traitement de textes.
Le texte est adressé au correspondant, précédé de la consigne suivante : « Pour
chaque mot en capitales d’imprimerie, trouve l’homophone qui convient. Tu
découvriras ainsi le conte que j’ai inventé. ». L’élève émetteur signale les éventuelles
erreurs de la version proposée par son correspondant et délivre la version correcte.
Dans certains cas, on peut illustrer le texte par un dessin qui prendrait en
considération l’homophone erroné : l’absurdité – parfois amusante – du texte est
alors évidente.




L’APMEP

Brochures & Revues
Ressources

Actualités et Informations

Actualités et Informations avec nos partenaires

Base de ressources bibliographiques

Publimath, base de ressources bibliographiques

 

Les Régionales de l’APMEP

les Régionales de l'APMEP