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Introduction au dossier « Math et psycho »

Serge Petit

Les deux apocopes math et psycho utilisées pour désigner ces deux domaines indiquent la fréquence avec laquelle ceux-ci sont évoqués au quotidien – ou presque – par la plus grande partie d’entre nous.

Si l’une de ces disciplines nous est familière, l’autre l’est peut-être moins, voire beaucoup moins. Et que dire alors des interactions qu’elles peuvent entretenir ?

L’une manipule des nombres, des fonctions, des figures, les liens entre ces objets et bien d’autres encore qu’elle ne cesse de fabriquer. On la dit science de la rigueur, de l’exactitude, elle obtient bon nombre de ses résultats par des preuves imparables dans un cadre théorique donné. Elle tient son nom de ce qui est enseigné. Sa place est donc, par nature, centrale à l’école.

L’autre, dont le nom renvoie à âme, esprit, et qui n’est pas enseignée à l’école, étudie les phénomènes liés – entre autres –, à l’aspect profond de notre personnalité. Elle peut être subjective, comportementale, cognitive, expérimentale, sociale, génétique, pathologique, etc. Elle s’intéresse à notre affectivité, à la manière dont les savoirs se construisent en chacun d’entre nous, aux représentations de nos propres savoirs, de ceux que l’on enseigne. Elle peut nous éclairer sur la manière dont un élève perçoit, ressent, vit les mathématiques, avec passion ou dans le rejet. Elle peut nous informer sur notre perception de l’acte d’enseigner, mais aussi sur celle d’apprendre. Elle pourrait permettre de porter un regard nouveau tant sur la personne de l’élève que sur notre manière de vivre notre métier de professeur de mathématiques.

Afin de nous enrichir, ce court dossier abordera la personne même de l’élève (avec Jacques Nimier), les nombreuses questions posées par la dyscalculie (avec J.-P. Fischer, L.-A. Eynard, L. Vannetzel, C. Meljac, M. Vigier et S. Dehaene). R. Brissiaud complétera un de ses articles précédents portant sur le calcul et s’intéressera à certains aspects psychologiques liés à la résolution de problèmes et à l’évaluation. L’apologie du crayon à mine (M. Mongeau) comme outil du droit à l’erreur viendra clore, en clin d’oeil, cette série d’articles sur math et psycho.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)