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Jeux de logique

- 20 décembre 2008 -

par C. DELEDICQ.

ACL – les éditions du Kangourou, 2007.

ISBN : 978-2-87694-148-9. 32 pages en 20 × 27.

Les 82 jeux proposés ne ressortissent pas tous, loin s’en faut, au raisonnement hypothético- déductif. Ainsi qu’il est précisé dans l’introduction, dans beaucoup d’entre eux il s’agit de compréhension d’un texte écrit, de tri des informations, de précision du vocabulaire, de rigueur de l’expression ; mais aussi d’arithmétique élémentaire, d’organisation d’un calcul, de reconnaissance de formes et de couleurs. Mais dans d’autres il y a effectivement un entraînement à l’usage des connecteurs « et », « ou », « non », au raisonnement par disjonction de cas ou par élimination de possibilités.

Les publics visés sont « les enfants et tous ceux qui aiment réfléchir et résoudre des énigmes » ; les niveaux de difficulté sont étiquetés de une à trois étoiles, et sont effectivement très contrastés : la plupart des « une étoile » sont à la portée de tout enfant sachant lire ; ils voisinent avec des questions de dénombrement classiques en première ou terminale, résolubles par arbre ou par tableau, côtés trois ou même deux étoiles, et avec de véritables casse-têtes. Toutes les réponses figurent à la fin de l’ouvrage, mais sans commentaire sur la méthode. C’est un peu regrettable, car il y a un risque de confusion, pour le lecteur non encadré, entre trouver une solution, par tâtonnements, intuition ou chance, et prouver que c’est la solution unique. Je me suis penché à ce sujet sur le jeu n° 11 (quatre garçons pratiquant quatre sports et utilisant quatre moyens de transport, avec cinq indications restrictives) : si un raisonnement verbal peut conduire à la solution proposée, pour être certain qu’elle est unique, il m’a fallu construire laborieusement un arbre en utilisant certaines contraintes, puis barrer des branches en utilisant les autres contraintes.

Dans quelques rares cas, il y a une certaine ambiguïté dans l’énoncé : par exemple dans ce même n° 11, si on admet que, dans la phrase « Pierre et celui qui vient en voiture n’aiment ni le hand-ball ni le rugby » , « Pierre » et « celui qui vient en voiture » peuvent désigner une même personne, alors il existe une deuxième solution. Plus gênant à mon avis, dans le jeu no 6, e) : « le chiffre des dizaines est 2, son autre chiffre est un multiple de 8 », il y a deux réponses : 20 et 28 ; or seule la deuxième est donnée, ce qui risque de donner à de jeunes enfants des idées fausses, ultérieurement difficiles à déraciner (et il y a de plus confusion entre un chiffre et le nombre représenté par ce seul chiffre). À signaler également la fâcheuse confusion entre « contraire » et « négation » : dans le langage courant, le contraire de « il pleut » est « il fait beau », et non pas « il ne pleut pas ».

Ce livre reste néanmoins un précieux réservoir dans lequel les enseignants de l’école élémentaire ou de collège puiseront des exercices ludiques pouvant améliorer la rigueur de la pensée, et en même temps un passe-temps intelligent pour petits et grands.

Marc ROUX