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KEPLER, LE MUSICIEN DU CIEL

Henri Bareil

numéro 8 de la collection « LES GÉNIES DE LA SCIENCE », revue trimestrielle éditée par « POUR LA SCIENCE » (août- novembre 2001), 8 rue Férou, 75278 PARIS CÉDEX 06.
Auteur de ce numéro : Anna Maria Lombardi.

Prix : 39 F (port compris).

96 pages en 21 $\times$ 28, illustrées, en couleurs, fort bien.

L’ouvrage traite, évidemment, des théories de Kepler, mais surtout, en liaison avec sa biographie, de leur lente et féconde maturation.

La relation de Kepler avec l’astrologie y est clarifiée  : Kepler qui dût à deux de ses prédictions une certaine célébrité en ses débuts de carrière à Graz, se moquait absolument de l’astrologie, allant jusqu’à la caricaturer en se l’appliquant à lui-même. Cela n’allait pas alors sans quelque courage intellectuel.

Kepler vécut en pleine tourmente religieuse : réforme de Luther et contre-réforme, ce qui lui valût bien des tracas … et une collaboration, difficile, avec Tycho-Brahé dont il hérita de la masse d’observations, les plus précises de l’époque…
Contre, d’ailleurs, Tycho-Brahé et ses héritiers, Kepler se fit le héraut du système copernicien, notamment par un conte fantastique, le Somnium, où l’on voit toutes choses, dont la Terre, de la Lune (où la rotation terrestre sert d’horloge aux habitants…).

Étonnamment moderne, amateur de musique et d’harmonie, Kepler dût consacrer de nombreuses années, et d’argent, à défendre sa mère accusée de sorcellerie. Il n’en découvrit pas moins, pendant ce temps, « sa troisième loi »… C’était en 1618 (date de naissance de J. Kepler : 1571). Les deux premières lois l’avaient été avant 1606 (publication en 1609).

Ce qui frappe le plus, en lisant les savoureux textes d’Anna Maria Lombardi, c’est le caractère hautement scientifique de la démarche de Kepler. Il multiplie les observations, élabore une théorie, d’abord héritée de la tradition ou proche d’elle, confronte avec les observations, et doit déchanter. Il essaie alors d’améliorer les techniques d’observation (notamment en « réinventant l’optique », puis, les contradictions maintenues, change de théorie, … et le processus recommence, jusqu’aux aboutissements que l’on sait. Le génial étudiant de Tübingen se révèle ainsi un modèle de génie scientifique.

La brochure est très prenante, ses exposés lumineusement contés. Des explications modernes, des photos récentes achèvent de convaincre. Ainsi trouve-t-on tel « Petit dictionnaire : de l’Antiquité à Kepler, de Kepler à nos jours », à propos des orbites des planètes et de tout le vocabulaire associé. Ainsi, aussi à propos de l’orbite de Mars, très étudiée puis utilisée par Kepler, trouve-t-on, après la figure de Kepler, la même en notation moderne. Etc.

• Un livre très pédagogique. Une réussite. Un bel ouvrage de CDI ou de bibliothèque personnelle.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)