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L’insegnamento della matematica e delle scienze integrate

Vol. 31 A-B N. 6.

Marc Roux

- 31 mars 2009 -

Revue du Centre de Recherche didactique Ugo Morin – Paderno del Grappa (Italie)

Novembre-décembre 2008.

220 pages en 16 × 21,5.

ISSN 1123-7570.

Actes du 37ème séminaire national – Août 2008. Le Centre Ugo Morin (www.filippin.it/ morin) n’est pas l’équivalent italien de l’APMEP, puisqu’il dépend de l’Institut Filippin des Frères des Écoles Chrétiennes.
Néanmoins les italianisants pourront constater à cette lecture une large convergence de nos centres d’intérêt respectifs.
Le thème général de ce séminaire était en effet « Le laboratoire comme environnement pour l’enseignement-apprentissage des mathématiques aux différents niveaux scolaires : lieu physique ? Attitude active d’enseignants et étudiants ? Utopie ? Réflexions, expériences, propositions. »

Quatre des dix contributions, ainsi que la table ronde finale, portent directement sur l’aspect expérimental des mathématiques, la « didactique laboratoriale », que les auteurs opposent à la « didactique frontale  ». Comme en France, les méthodes favorisant l’activité et l’autonomie de l’élève ont du mal à se généraliser en Italie. Pour les promouvoir, on retrouve souvent les mêmes outils (logiciels Cabri, Derive, TInspire, tableurs, puzzles, …), les mêmes exemples de problèmes (tours de Hanoï, Jeu de Nim, …) ; et les mêmes écueils : manque de temps en particulier, mais aussi difficulté à les articuler avec la nécessaire organisation en théories générales.

L’article qui commente les résultats italiens à l’évaluation PISA 2003 semble émettre des réserves quant à l’efficacité des innovations pédagogiques.

Également rattachés à l’idée d’expérimentation sont les deux articles consacrés à la statistique ; dans l’un, celle-ci est considérée comme une discipline distincte des mathématiques, et leur enseignement par la même personne comme une opportunité interdisciplinaire. L’autre vise à généraliser « l’éducation à l’incertitude », pourtant déjà plus avancée que de ce côté des Alpes : statistiques et/ou probabilités sont inscrites aux programmes de tous niveaux, y compris l’école élémentaire.

Enfin trois articles sont regroupés sous le titre général «  Des étudiants … aux étudiants  : étudiants qui enseignent ». Cette rubrique est particulièrement intéressante car elle décrit des expériences peu ou pas pratiquées en France, à ma connaissance.
Dans un cas, des élèves de lycée, choisis parmi ceux qui ont des difficultés, vont aider, en salle informatique, un groupe de deux ou trois élèves de l’école élémentaire (l’activité réalisée est décrite à l’adresse http://cieaem.net/DVD/valore_del_denaro)  : ces derniers en sont satisfaits, mais surtout les premiers trouvent une motivation pour approfondir et réactualiser leurs savoirs.
Dans le deuxième cas, l’écart de niveau entre tuteurs et élèves est moindre : lycéens d’une part, collégiens de l’autre ; l’organisation est voisine de la précédente, et les effets semblables. Dans le dernier cas de figure, il s’agit de « peer education » : séances d’aide individualisée avec tuteurs de la même classe ; un avantage décisif est que l’élève en difficulté pose à son « tuteur » des questions qu’il n’oserait pas poser à son professeur.

Par ailleurs cette lecture donne quelques renseignements sur l’enseignement chez nos voisins : en particulier les programmes, ou plutôt les indications ministérielles, laissent une grande liberté pédagogique.

Marc ROUX