505

Le Théâtre quantique

par Alain Connes,
Danye Chéreau et Jacques Dixmier.

Odile
Jacob, 2013.

220 pages en 14,5 x22. Prix : 20,90 €.

ISBN : 978-2-7381-2983-3.x
L’un des plus prestigieux de nos mathématiciens
(Collège de France, Académie des
sciences, médaille Fields, …) s’est associé
avec un autre mathématicien de renom et une
auteure de formation littéraire pour nous
concocter un curieux ouvrage.

Il est fait de quinze chapitres dont les titres
sont autant de clins d’œil : la robe de Bures,
Ali et les quarante milliards de neurones….

Les sept premiers nous font partager la vie
d’une physicienne de haut niveau, cultivée,
jeune, belle et à la vie amoureuse libre et bien
remplie. Nous suivons ses déplacements des
locaux du CERN (Conseil européen pour la
recherche nucléaire), où elle travaille, aux
profondeurs du LHC (Large Hadron
Collider), en passant par les musées de
Venise et l’IHÉS (Institut des hautes études
scientifiques) de Bures-sur-Yvette. Ses
recherches portent sur le Big Broson, un
boson hypothétique un milliard de fois plus
massif que celui de Higgs. Ses dialogues
avec ses collègues et ses réflexions personnelles
sont l’occasion de nous initier aux
concepts de la physique quantique et à leurs
prolongements philosophiques inévitables
sur la nature du temps.

La deuxième partie est policière, après la
mort de ladite chercheuse dans l’un des
détecteurs du LHC ; le commissaire explore
des pistes nombreuses : professionnelles,
amoureuses, financières, et même religieuses.

Plutôt désarçonné par l’environnement,
il demande des explications sur les
recherches, et se voit répondre : « si vous êtes
prêt à écouter, avec une attention soutenue,
un cours de deux ou trois mille heures, je
pourrai vous fournir un début d’explication
 ».

Le dénouement (chapitres 14 et 15, épilogue)
prend la forme de la science-fiction, genre
que Jacques Dixmier pratique parfois : la
puissance des électro-aimants du LHC se
conjugue avec un « réseau de neurones »
informatique pour « capter la configuration
matérielle d’un véritable cerveau humain » et
« simuler les fonctions cérébrales les plus
subtiles ».

Plein de suspense, distrayant et instructif à la
fois, cet ouvrage, illustré de nombreuses photographies
des lieux évoqués, se lit en une
heure ou deux, mais fait réfléchir et rêver
bien plus longtemps.

Son aspect de témoignage
sur le travail des chercheurs n’est pas
sans évoquer le « Théorème vivant » de
Cédric Villani, mais ici le lecteur dispose
d’un glossaire pour y chercher au moins un
début de compréhension des contenus ;
cependant il ne le trouvera pas sans un bagage
scientifique certain : par exemple le diagramme
de Feynman est défini comme
« représentation graphique des termes dans le
développement perturbatif d’une amplitude
de diffusion » ; pas exactement un vocabulaire
de vulgarisation pour tous ! quant à
nous, lecteurs « matheux », nous pouvons
ressentir une certaine frustration à ne lire que
quelques allusions aux mathématiques sous-jacentes,
en particulier la géométrie non
commutative (domaine de prédilection
d’Alain Connes). Mais ne boudons pas notre
plaisir !

L’APMEP

Brochures & Revues
Ressources

Actualités et Informations

Actualités et Informations avec nos partenaires

Base de ressources bibliographiques

Publimath, base de ressources bibliographiques

 

Les Régionales de l’APMEP

les Régionales de l'APMEP