Le bain d’Archimède

L’anecdote d’Archimède sortant de son bain et courant tout nu dans la rue en criant
« Eurêka ! » est connue de tous. Celle qui suit l’est moins.
« […] l’on dit de lui [Archimède] qu’il était si fort épris et ravi de la douceur et des attraits de cette sirène [la géométrie], laquelle était par manière de dire logée chez lui, qu’il en oubliait le boire et le manger, et le reste du traitement de sa personne, de sorte que bien souvent ses serviteurs le traînaient par force au bain pour le laver, oindre et étuver, là où encore dedans les cendres du foyer il traçait quelques figures géométriques. Et pendant qu’on l’oignait d’huiles de senteur, il tirait avec le doigt des lignes sur son corps nu, tant il était transporté hors de soi en extase du plaisir qu’il prenait à l’étude de la géométrie et véritablement ravi de l’amour des muses. »

PLUTARQUE, Vie de Marcellus, ch. 27, traduction d’Amyot.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)