Les positions et propositions de l’APMEP

La réforme du lycée

Depuis le début du mois d’octobre 2009, un projet de grandes lignes pour une réforme du lycée a été proposé sous la forme d’un discours du président de la République. Suite à ce discours, le site du ministère de l’Education nationale donne quelques compléments mais sans donner de détails supplémentaires. Les décisions finales seront annoncées mi-décembre, voire fin décembre, selon ce que nous a dit Jean-Baptiste de Froment lorsque nous l’avons rencontré. Jusque là, nous pouvons faire parvenir nos idées et propositions, face à un projet décevant au regard des ambitions affichées il y a maintenant deux années.
Il a été demandé lors de l’assemblée générale de Rouen, un document concernant la réforme. Voici dans une première partie, les grandes lignes présentées par le Ministère et dans une seconde partie, les positions que peut débattre l’APMEP et présenter aux décideurs, comme nous l’avions proposé à Erick Roser, conseiller de Luc Chatel.

I.- Les grandes lignes du projet connues à la date du 13 novembre 2009

Les propositions suivantes sont prises sur le site du Ministère

- Pour tous les niveaux :

Mettre en place deux heures d’accompagnement personnalisé par semaine et pour tous, de la seconde à la terminale, sans alourdir l’emploi du temps des élèves.
Aider ceux qui rencontrent des difficultés, avant qu’elles ne s’enracinent, pour prévenir l’échec et le décrochage.
Développer les capacités d’autonomie, acquérir des méthodes, approfondir des sujets, s’entraîner à la prise de parole et à la prise de notes.
Apporter aide et conseil pour l’orientation ou les changements de voie.
Mettre en place des sas de complément de programmes, pendant les vacances scolaires, pour permettre les corrections de trajectoire entre les séries au cours ou à la fin de l’année.
Proposer aux élèves volontaires des sas de remise à niveau durant les vacances scolaires pour réduire les redoublements.
Dégager en termes horaires des marges de manœuvre au sein de chaque établissement pour mieux répondre à la diversité des situations.

- Pour la classe de Seconde :

Deux enseignements d’exploration en classe de seconde, au lieu d’un seul, pour découvrir de nouvelles disciplines et mieux choisir son parcours.

- Pour la classe de Première :

Des sas de complément de programmes, pendant les vacances scolaires, pour permettre les corrections de trajectoire entre les séries au cours ou à la fin de l’année.
Une classe de première avec un tronc commun et des enseignements de spécialité autorisant les corrections de trajectoire au cours ou à la fin de l’année.
Rénover les programmes, repenser l’organisation pédagogique des séries S.T.I. et S.T.L. Renforcer l’attractivité de la série L avec l’introduction d’enseignements nouveaux.

II. La réforme du lycée ; Les positions et propositions de l’APMEP

- Pour la classe de Seconde :

L’APMEP réaffirme sa volonté que cette classe conserve son caractère de classe de détermination. La Seconde doit préparer à une orientation positive des élèves vers toutes les séries de chaque cycle terminal.
Cette orientation doit être préparée par la découverte d’enseignements nouveaux ou déjà suivis au collège, mais avec des modalités de mise en œuvre différentes.

L’APMEP demande qu’un horaire d’au moins quatre heures dont une dédoublée soit conservé dans cette classe.
L’APMEP demande qu’un des enseignements d’exploration permette aux élèves de pratiquer davantage la démarche scientifique, de développer le goût de la culture mathématique et qu’il soit proposé à tous les élèves de seconde.

- Pour le cycle terminal.

Le cycle terminal doit être pensé en même temps que l’élaboration de la classe de Seconde.
Les trois voies générale, technologique et professionnelle doivent être conservées.

L’APMEP demande que chaque série puisse apporter un enseignement de mathématiques de qualité à tous les élèves, sans que les contenus de cet enseignement ne soient uniformes.

Intégrer des mathématiques dans un tronc commun en classe de première contribuerait à un abaissement général des exigences de formation dans cette discipline.

Actuellement :
La série S ne constitue pas une série scientifique mais une série socialement recherchée pour les orientations qu’elle permet.
La série L ne convainc pas les élèves au profil littéraire qui envisagent des études supérieures dans un domaine non scientifique nécessitant cependant une formation mathématique non négligeable (professorat des écoles, sociologie, histoire, philosophie, psychologie, etc.).
En revanche, la série ES, avec son niveau actuel de mathématique et son enseignement de spécialité en terminale, atteint ses objectifs de formation.

Pour permettre un rééquilibrage des séries, l’APMEP préconise :

  • d’augmenter l’horaire des sciences en général et des mathématiques en particulier en série S.
  • de conserver l’enseignement des mathématiques tel qu’il est en série ES, avec son enseignement de spécialité qui ne doit pas diminuer d’ambition.
  • de proposer à tous les élèves de la série L un enseignement de culture mathématique.
    De plus, un enseignement de spécialité non obligatoire, dès la classe de première puis en terminale, doit être proposé aux élèves de la série L afin de permettre aux élèves littéraires d’acquérir un bagage scientifique indispensable à de nombreux enseignements supérieurs non scientifiques. Cet enseignement doit faire l’objet d’une information sérieuse et honnête auprès des élèves de la section L.

Les séries STI doivent acquérir un niveau d’excellence qui les rende attractives.
Les séries tertiaires doivent permettre un enseignement de mathématiques adapté aux élèves de ces séries. En particulier, des dédoublements sont nécessaires.

L’APMEP demande que les séries STI conservent les horaires actuels ainsi que les possibilités de dédoublement. L’APMEP est favorable à l’augmentation de classes préparatoires spécifiques à ces séries.
Les programmes actuels des séries STG (première et terminale) sont bien conçus et adaptés à leur public. Cependant, ils nécessitent une heure dédoublée pour leur mise en œuvre, particulièrement en ce qui concerne l’utilisation des TICE.

L’APMEP demande que, dans toutes les séries de toutes les voies, des dédoublements soient mis en place pour qu’une formation mathématique, intégrant l’utilisation des TICE, soit possible.
Une épreuve de Travaux pratiques au baccalauréat est à instaurer dans toutes les séries, avec l’horaire en groupe adéquat.

- Sur l’accompagnement des élèves à tous les niveaux

Cet accompagnement ne doit pas être mis en place au détriment des contenus disciplinaires.

Les deux heures proposées à tous les élèves ne doivent pas se limiter à du soutien, de l’orientation ou de la méthodologie.

L’APMEP demande que les deux heures d’accompagnement puissent être l’objet d’activités mathématiques d’approfondissement, de découverte, de recherche, pour les élèves volontaires. Il est nécessaire que ces activités puissent être proposées à tous les élèves, sans qu’aucun n’en soit écarté pour des raisons de niveau.

- Sur les stages envisagés pour les élèves

Il est illusoire de remplacer une année complète de formation par un ou plusieurs stages de courte durée.

L’APMEP demande le développement de passerelles entre les séries ; ces passerelles doivent s’appuyer sur des dispositifs inscrits dans la durée (« classes d’adaptation » ou « classes de mise à niveau », par exemple).

La réorientation en cours d’année et l’organisation de stages s’avèrent contradictoires avec la volonté d’une plus grande spécialisation des enseignements spécifiques, voire nouveaux, en première et terminale.

L’APMEP affirme par ailleurs que l’évaluation des compétences et les décisions d’orientation des élèves doivent être assurées par l’équipe pédagogique qui suit l’élève pendant l’année scolaire