Adhérer ou faire un don

MESURER, ACTES DU SYMPOSIUM « PÉDAGOGIE DE LA STATISTIQUE À L’UNIVERSITÉ »

Henri Bareil

tenu les 4-5 décembre à Angers, avec des Universitaires du Public et l’Université Catholique de l’Ouest.

Éditions l’Harmattan, Collection « ÉDUQUER ».

Brochure de 144 pages, en 13,5 × 21,5 dont de bonnes (courtes) bibliographies pour trois exposés et de monumentales et inutiles bibliographies pour les autres (deux surtout).

ISBN : 2-296-00023-1.

Prix : 13 € .

Les intervenants, tous universitaires, partent de « constats » de déficits (de moins en moins vrais, espérons-le !) :
– d’un enseignement de la statistique en Collège et en Lycée ;
– de préoccupations pédagogiques dans les enseignements universitaires.
Pour lutter contre eux, un Groupe de Recherche En Pédagogie Universitaire, agent du Symposium, s’est attaqué à deux chantiers :
– « L’enseignement de la statistique à l’Université : le cas des étudiants en sciences humaines et sociales » ;
– « Le tutorat méthodologique auprès d’étudiants de première année d’Université ».
Sont « interrogés non seulement les pratiques pédagogiques relatives à la statistique, mais également le sens que revêt cette matière … ».

L’objectif du symposium était de chercher à combler le peu de goût des étudiants pour la statistique et, conjointement, « à réfléchir à ce que pourrait être une pédagogie de la statistique à l’Université ».

I. Jean-Claude Régnier : … difficultés dans le cadre d’un enseignement à distance … recensées, analysées (en 30 pages bourrées de tableaux) de façon à pouvoir être ultérieurement dépassées.

II. Noëlle Zendréra : Le cas des filières non mathématiques (19 pages). « Deux écueils majeurs à proscrire : la présentation de recettes utilitaires d’une part, et les forma- lisations excessives d’autre part. À partir des principes pédagogiques de la pratique nord- américaine se dégagent : l’utilisation exhaustive de données réelles obtenues par les étudiants eux-même, l’exploitation et la conception de graphiques et la promotion des travaux dirigés et des travaux de groupe en collaboration (je commente : on se croirait au Collège ou au Lycée… C’est bien !).

III. Louis-André Vallet : « … à partir d’une pratique … » (12 pages). Parmi les difficultés rencontrées, l’auteur souligne notamment :
– une « résistance à l’objectivation » ;
– « le travers français du primat de l’abstraction généralisant e dans l’exposition des méthodes statistiques » ;
– la rareté des « passeurs » (compétents à la fois dans leur disciplines et en statistique). Il montre de la beauté en statistique, avec trois exemples dont celui « de quasi-symétrie » découvert en 1966 par mon ami Henri Caussinus (Ancien Président de la Société Française de Statistique et mon collègue à l’Institut du Lauragais…).
L’auteur insiste sur l’utilité concrète des méthodes, sur la possible non-pertinence d’indicateurs immédiats, sur la statistique instrument de découverte…

IV. Pierre Favreau : « … l’écart-type … » (16 pages) … et la dispersion dans une série de mots.

V. Alain Bihan-Poudec : « … difficultés d’apprentissage … » (7 pages) … dans « une absence de sens pour l’apprenant », « une absence de signification des concepts », …

VI. Noëlle Zendréra : idem « pour les étudiants en sciences humaines » (26 pages) … avec la difficulté « d’une pensée statistique » et des conceptions erronées de concepts de base (moyenne, …, hasard et risque, …, niveau et intervalle de confiance, …, tests d’hypothèses, …).

MA CONCLUSION :

Cet ouvrage convient aussi très bien pour Collège et Lycées ! (encore qu’on pourrait y être parfois plus optimiste). Et à chacun de méditer, pour le titre, une citation d’Albert Jacquard (1988) : «  Peu nombreux sont les enfants (et les adultes) qui ont le réflexe de voir dans un nombre l’expression d’une mesure  ».

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)