Mathématiciennes, l’exception italienne à l’âge des Lumières

- 21 mai 2010 -

Mathématiciennes, l’exception italienne à l’âge des Lumières

Diaporama par Claude Soula [1]

Les études consacrées aux femmes mathématiciennes sont trop rares pour ne pas accorder une attention particulière au diaporama réalisé par Claude Soula et disponible en ligne sur le site de l’APMEP.

En dehors d’Hypathia, Agnesi, la marquise du Châtelet ou Sophie Germain, on a du mal, en effet, à citer des noms avant le 19e siècle, plus encore à donner une idée de leur contribution aux mathématiques. Le diaporama de Soula nous présente en détail pas moins de sept personnalités italiennes féminines ayant joué un rôle scientifique non négligeable dans l’Italie des 17e et 18e siècles. Certes, mise à part Agnesi dont on connaît la cubique, ces femmes n’ont pas inventé une théorie ou résolu un problème marquant de l’histoire des mathématiques ; mais elles ont contribué à la diffusion des sciences de leur époque et irrigué le terreau sur lequel s’est nourri le milieu scientifique européen. Quelques exemples :
- Elena Piscopia (1646 – 1684) est la première femme docteur dans une université européenne et membre de plusieurs Académies italiennes.
- Clelia Arese (1684 – 1777) tient un salon fréquenté par les illustres Grandi, Ceva ou Saccheri.
- Maria Angela Ardinghelli (1730 – 1825) traduit les « Essais statiques » du physicien anglais S. Hales et entretient une ample correspondance avec Clairaut.
- Laura Bassi (1711 – 1778) est la première femme maître de conférence en physique dans une université européenne.
- Maria Gaetana Agnesi (1718 – 1799) publie en 1748 ses « Institutions analytiques à l’usage de la jeunesse italienne » ouvrage qui eut un immense succès, et dont l’Académie des Sciences de Paris put dire sous la plume de D’Alembert qu’ « Il n’existe aucun livre en aucune langue qui permette au lecteur de pénétrer aussi profondément et aussi rapidement dans les concepts fondamentaux de l’analyse ».

Ce ne sont là que quelques indications pour vous donner envie de prendre connaissance de ce panorama : il montre pour une fois une communauté scientifique vivante et féconde autant par les contributions féminines que masculines.

Jean-Pierre FRIEDELMEYER


[1] claude.soula@wanadoo.fr