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Merci François !

Voici un premier article en hommage à François Colmez. D’autres articles sont prévus pour
le prochain bulletin

J’ai fait la connaissance de François Colmez en 1970, à mon arrivée comme
animateur à l’IREM de Paris « Sud » (comme on disait alors), mais je n’ai vraiment
commencé à travailler avec lui que quelques années plus tard, au sein du groupe
« Géométrie » de l’IREM (la brochure « Rotations et angles en seconde », à laquelle
j’avais participé sous sa direction, remonte à 1981). Il faut dire que François était
passionné par l’enseignement de la géométrie « de la maternelle à l’université » : dès
les débuts de l’IREM, il avait entrepris une recherche et réalisé des expérimentations
dans des classes primaires. Tout au long des années 80 j’ai travaillé avec lui, en
binôme, sur l’enseignement de la géométrie de l’espace au lycée, où il venait assister,
dans mes classes, aux cours que nous avions préparés ensemble (ma thèse doit
beaucoup aux nombreux échanges et discussions que nous avons eus à propos des
représentations de l’espace, notamment sur l’articulation du « vu » et du « su »).
C’est d’ailleurs au cours de cette période que nous avons été amenés à étudier
l’évolution des dessins réalisés par des élèves de 10 à 18 ans, ce qui nous avait permis
d’identifier des « moments cruciaux » favorables à un apprentissage des
représentations de solides. Plus tard nous avons réalisé un travail sur l’enseignement
de la perspective en BTS, à l’école supérieure d’arts appliqués Duperré, en nous
aidant des maquettes qu’il fabriquait. Et, parallèlement à ces travaux de recherche,
nous diffusions nos idées parmi les collègues en co-animant à l’IREM des stages de
formation continue. Dans les années 90, alors que j’étais déjà en poste à Metz, il
m’avait entraîné dans une nouvelle recherche, cette fois sur l’enseignement de la
géométrie au début du collège, au collège Marie Curie de Sceaux. Certes, François
n’écrivait pas beaucoup, mais nous avons néanmoins publié plusieurs articles
ensemble, et ce fut pour moi une expérience très riche que d’être confronté à sa
rigueur de pensée, à son exigence et à sa vigilance. Ceux qui l’ont fréquenté savent
que sa culture et ses connaissances étaient encyclopédiques et, aussi qu’il avait le don
de vous expliquer les sujets les plus ardus de telle façon qu’après coup − mais après
coup seulement − ils vous paraissaient évidents.

Ce que je retiendrai personnellement de François, c’est avant tout sa grande
modestie et son extrême gentillesse, qui n’étaient pas de façade ; c’est ainsi que, par
amitié, il venait chaque année assister avec Françoise, son épouse, aux spectacles
lyriques auxquels je participais. Je garderai aussi le souvenir de son calme et de son
égalité d’humeur, dont il ne se départait qu’exceptionnellement, et toujours pour des
raisons qui en valaient vraiment la peine. Je suis heureux et fier d’avoir travaillé avec
lui durant toutes ces années.

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