Préface de la plaquette

André Deledicq

André Deledicq [1],

Lorsque j’ai fait la connaissance d’Henri Bareil, il était pour moi la personnification des mathématiques et de son enseignement : je rentrais alors en quatrième au lycée Bernard Palissy d’Agen et je n’aimais pas encore les mathématiques. C’était un professeur attentif, à la fois amical et intransigeant ; il nous apprenait ce qu’il devait nous apprendre avec un tel enthousiasme que nous comprenions très vite qu’il y avait, dans cette matière, quelque chose de magique et de précieux  ; quelque chose d’un peu caché que l’obligation de rigueur pouvait masquer d’abord, mais qui se dévoilait superbement par la grâce de l’enchaînement des mots et des calculs.

Il a ainsi su faire grandir en moi la graine que mon père y avait mis à germer et je lui dois quelques-uns de mes premiers émois déductifs ; cette brochure en est un témoignage  : je suis loin d’avoir été le seul dans ce cas.

Lorsque j’ai décidé, moi aussi, de faire et d’enseigner des mathématiques, j’ai naturellement suivi les premiers pas des IREM et les travaux des collègues de l’APMEP. Et là, j’ai retrouvé, militant, actif et engagé, celui qui redevint pour moi la personnification des mathématiques et de leur enseignement : Henri Bareil.

Il déployait, en cette époque d’expériences et de réformes, une activité de tous les instants ; entre Toulouse et Paris, à travers toute la France, il était de toutes les rencontres et de tous les colloques ou groupes de travail ; il savait lancer les débats, il savait écouter et il savait résumer ce que chacun avait apporté ; il écrivait clairement les points en discussion, les conclusions et son propre point de vue. Mettant les élèves au centre de ses préoccupations, il voulait que chacun d’eux puisse devenir un adulte cultivé, en particulier en mathématiques.

Avec d’autres, il a su alors attirer, autour de l’APMEP, toute une équipe de professeurs expérimentés et de jeunes amoureux de leur métier à un moment où de curieux programmes scolaires montraient, à la fois, de belles qualités et d’incroyables défauts ; Nous mesurons tous, comme on le verra ci-après, l’importance qu’il a eue dans cette période historique pour notre belle discipline.

Lorsqu’Henri a pris sa retraite, tous ceux qui l’aimaient, et les autres, ont vite compris qu’il allait continuer à personnifier les mathématiques et leur enseignement pour leur génération.

Et il a naturellement poursuivi son chemin, écrivant, discutant, proposant, avec le même enthousiasme depuis un demi-siècle, défendant le même idéal, pourfendant les mêmes erreurs, servant toujours les jeunes et leur savoir en construction.

Toute sa vie, Henri aura ainsi été de toutes les initiatives, de tous les échanges, de tous les combats qui ont fait évoluer les mathématiques et leur enseignement ; vous pourrez voir, tout au long de cette brochure, les détails de son action et de son engagement à la fois efficace, profondément humaniste et toujours fraternel.

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Henri Bareil, Jean Paul Bardoulat, Michel Fréchet, Christiane Zehren

[1] ancien élève d’Henri et ancien directeur d‘IREM et créateur du Kangourou des Mathématiques