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Présentation du dossier Formation des maîtres.

Serge Petit

Considérant qu’il s’agit d’un investissement capital pour l’avenir de notre pays tant du point de vue de ses performances au niveau de la recherche et de son développement, qu’à celui de la vie sociale, l’État français a toujours eu le souci de la qualité de la formation de ses enseignants.

Les réformes des modalités de formation ont évolué, toutes visaient une amélioration de la qualification des maîtres. Il en est de même, de manière déclarative, de la réforme en cours, puisque le Gouvernement actuel écrit vouloir « élever le niveau de qualification des personnels enseignants au moment du recrutement ». Intention louable. Qu’en est-il dans les faits ?

Depuis deux ans environ, prenant appui sur des déclarations infondées, injustifiées et souvent diffamatoires à l’encontre des IUFM, le Gouvernement s’attache à faire évoluer la formation des enseignants. Pour ce faire, il invoque la nécessaire uniformisation des processus de formation décidée au niveau européen, alignant en conséquence la formation des professeurs sur les trois niveaux universitaires que sont la Licence, le Master et le Doctorat. Afin de valoriser la formation des spécialistes de haut niveau que sont les professeurs, le Gouvernement a d’ailleurs pris soin dans un premier temps d’intégrer les IUFM aux universités. Un label universitaire garantirait- il une meilleure formation ? L’attribution d’un master à tout nouvel enseignant est- il une garantie de qualité ? Pas si sûr !

Pour la première fois en effet, depuis fort longtemps, l’État ouvre les possibilités de recruter des personnes n’ayant jamais eu de contact avec une classe et n’offre pas aux stagiaires nouvellement recrutés les moyens de se former professionnellement. Les modalités de formation pratique semblent en effet relever essentiellement de stages de pratique accompagnée ou de stage d’observation, non ouverts à tous. À la ecture des nouvelles modalités, on peut penser que le compagnonnage sera le modèle de formation des enseignants. Et encore, pour ceux qui pourront en bénéficier !

L’APMEP ouvre un dossier sur la formation des enseignants, dossier qui sera livré en deux temps.

La première livraison commence par deux articles, l’un rédigé par Sylvie COPPÉ, Présidente de la Commission Inter IREM de Recherche sur la Formation des Enseignants de Mathématiques (CORFEM), l’autre par Klaus VOLKERT de l’Université de Wuppertal en Allemagne. Le premier texte fait un point commenté sur la réforme en cours en France, l’autre sur le processus de réforme en Allemagne. Les convergences ne manquent pas : dans ces deux piliers de l’Europe, la formation des maîtres selon le système préconisé au niveau européen pose de nombreuses difficultés. Les divergences existent aussi : une des premières conséquences de la nouvelle formation, en France, est la baisse drastique de la formation professionnelle et pratique, contrairement à ce qui se passe outre Rhin.

Un troisième texte, par Aline ROBERT et Claudie ASSELAIN-MISSENARD, évoque le rôle dans la formation des enseignants de la recherche en didactique, dimension professionnelle qui semble négligée dans la réforme actuelle.

Jean-Pierre Raoult a présenté le rôle et les missions des IREM lors du colloque de l’Académie des sciences d’avril 2010, intitulé Cultiver la science ; la formation continue des professeurs enseignant les sciences. Jean-Pierre Raoult fait référence au modèle des IREM, à leur mission et esquisse une réflexion de ce que pourrait être leur devenir et leur évolution.

Le texte suivant de René Cori est la transcription de l’intervention qu’il a faite lors du séminaire de l’APMEP de mai 2010. René Cori présente une idée d’Institut national de formation continue qui pourrait être un outil de pilotage d’une formation repensée entièrement, tant dans ses modalités d’organisation que dans ses missions. Cette idée intéressante de René Cori nous permettra de mener une réflexion de fond sur le devenir de la formation continue et de présenter des propositions constructives.

Une deuxième livraison du dossier fera le point sur la mise en place de la formation. Il faut pour cela attendre que la nouvelle rentrée scolaire soit passée, avec son lot de professeurs néo-recrutés sans aucune formation professionnelle.

(Article mis en ligne par Annie LE LOUS)