Spiritualité, éthique, avec ou sans Dieu ?

Henri Bareil

Depuis toujours je me sens possédé par une aspiration d’humanisme.

Je regarde autour de moi, l’homme y fait merveille pour disséquer l’Univers, des étoiles à nous-mêmes, contribuer à le connaître à fond, à inventer, à améliorer le sort de tous…

Quel découvreur, quel inventeur que l’homme ! Génial !

Et je me sens humaniste avec un rayonnement intérieur de partage…

Mais, avec un regard autre, je suis plongé dans la misère du monde, misère bien connue et de plus en plus explosive…

Je veux encore être humaniste… plus dur !

Et j’ai trouvé : tout mon désir d’humanisme s’exalte en moi en un humanisme chrétien, nourri par le Christ.

Me voilà donc essentiellement résolu en foi chrétienne, pour moi clé de l’humanité.

Ma foi chrétienne me conduit à une éthique et relève d’une spiritualité.

Elle ne me semble pas indispensable pour une éthique ou une spiritualité.

On est loin du « Si Dieu n’existe pas, tout est permis ». L’humanité existe, et l’être humain en construction. S’y référer permet une éthique et une spiritualité aussi fortes.

Voilà aussi pourquoi, pour « sauver » cette humanité et induire la meilleure construction possible de l’être humain, il doit être possible de fédérer, sur un pied d’égalité, tous ceux qui peuvent y concourir : les diverses religions, toutes les sociétés humanistes, dont les franc-maçonneries, agnostiques ou athées aussi bien que croyants en un Dieu-Personne.

L’état du monde actuel me semble exiger un colossal effort d’eux tous, en convergence et solidarité.

Le 3 juin 2008

Hôpital Purpan