TeSciA : Une évaluation des connaissances mathématiques pour Parcoursup

- 28 juin 2021 -

La toute nouvelle Association pour une Orientation Raisonnée vers l’Enseignement supérieur Scientifique annonce à partir de 2021-2022 la création d’une évaluation des connaissances mathématiques pour les élèves de Terminale Générale suivant la spécialité Mathématiques. On peut lire sur le site de l’association que cette épreuve sera composée de deux épreuves de mathématiques d’une durée d’une heure trente chacune se déroulant sur un samedi après-midi fin mars avec des frais d’inscription d’un montant de vingt euros. L’objectif affiché de ce test est de révéler le potentiel des lycéens pour les formations sur lesquelles ils postulent dans Parcoursup en mathématiques.

Tel que décrit, cela semble signifier que le système éducatif français n’est plus en mesure de valider les capacités réelles des lycéens en mathématiques, que l’enseignant de mathématiques qui observe, évalue, accompagne ses élèves sur toute une année n’est plus apte à évaluer leur potentiel, et qu’il est donc nécessaire de passer un test en mathématiques ? Et que seul le potentiel en mathématiques est nécessaire pour bien réussir son orientation ? Où est le lycéen pris dans sa globalité et ses spécificités ?

Même si nous ne doutons nullement des intentions louables de cette association, cela remet en cause le principe même de l’égalité de traitement et le rôle d’évaluation de l’Institution. Comment l’enseignement supérieur peut-il autoriser que de telles modalités de test soient prises en compte dans et pour l’orientation des élèves ? Quel est l’intérêt dans ce cas d’un positionnement des épreuves de spécialité en mars ? N’était-ce pas justement pour prendre en compte les notes des épreuves de spécialités dans Parcoursup ? S’il suffit d’un test pour vérifier des capacités des lycéens en mathématiques, arrêtons le contrôle continu et que Le Ministère recule les épreuves de spécialités de mars à juin, cela simplifiera grandement la tâche des collègues de lycée général et ils pourront tranquillement travailler l’ensemble du programme de spécialité !

Non, non et non ! Nous ne pouvons accepter de telles pratiques. Sinon, nous allons voir fleurir dans les années à venir des associations ou des sociétés privées qui vont faire de même. Quelle légitimé cette association, ou une autre, a-t-elle pour faire ces évaluations ? Aujourd’hui, l’inscription est à 20 euros et demain ? Ce sera 120 euros ? Comme pour les tests si prisés de langues ? Et quelle belle porte ouverte à tout un marché lucratif « prépa-test » !

L’un des principes fondamentaux de l’école est de contribuer à l’égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative. L’Institution est le garant des examens, l’enseignant, de son côté, est le plus à même d’évaluer le potentiel de l’élève dont il a la charge.

Nous refusons que de tels tests puissent jouer un rôle au sein de la plateforme Parcoursup.  

Le bureau national

 

Article mis en ligne par GC