Une rencontre avec les candidats à l’élection présidentielle.

Editorial du Bulletin Vert 498.

Eric BARBAZO

- 6 mai 2012 -

Depuis plusieurs mois, L’APMEP a réintégré la Conférence des associations de spécialistes. Ce collectif regroupe de très nombreuses associations de spécialistes dont l’association des professeurs de philosophie et celle d’histoire et géographie.

L’effectif total des adhérents que représente la Conférence n’est pas négligeable. Elle est pour cela un interlocuteur reconnue des instances ministérielles et également des médias.

La Conférence s’est réunie plusieurs fois au local de l’APMEP et a produit de nombreux textes sur des sujets d’actualités, publiés régulièrement sur notre site et dans le BGV. Certains de ces textes ont également été signés par nos collègues physiciens et biologistes même s’ils ne sont pas membres de la Conférence.

Regrouper les différentes disciplines pour montrer que les spécialistes peuvent être unis face à une politique éducative destructrice depuis maintenant cinq années nous a semblé important. Faire émerger des problématiques communes (modalités nouvelles d’élaboration des programmes à tous les niveaux, évaluation des enseignants, formation continue) est indispensable. Montrer que les enseignants ne sont pas dupes d’une réforme du lycée qui les place dans des situations conflictuelles au sein même de leur établissement (situation soulignée également par un rapport des Inspections générales en janvier 2010, c’est dire !) était un enjeu majeur que nous sommes en train de réussir. Car au sein de la Conférence, malgré des historiques différents pour chaque association et des enjeux qui pourraient a priori sembler contradictoires, il y a bien convergence des constats et des idées.

L’APMEP joue au sein de cette Conférence un rôle moteur, grâce à notre réseau de régionales, grâce à nos relations avec les IREM que les autres disciplines nous envient, grâce aux avancées de nos dossiers (création d’une commission nationale de suivi des programmes en mathématiques, proposition d’un Institut national de formation continue, textes adressé aux candidats à l’élection présidentielle).

C’est dans cette situation d’esprit et de travail commun que plusieurs associations de spécialistes ont pu rencontrer quelques représentants des candidats à l’élection présidentielle. Tous avaient été sollicités, certains ont décliné (l’UMP, les Vert), quelques-uns ont accepté : François Coq pour le Front de Gauche, Sylvain Canet pour le Modem, Bruno Julliard pour le PS (absent au dernier moment), Françoise Forgerit pour Dominique de Villepin. L’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Pierre Chevènement (malgré le retrait de sa candidature) a également accepté d’être présent.

Les échanges ont été intéressants. Mais, phénomène étrange (ou rassurant ?), tous reconnaissent et revendiquent l’importance d’une Éducation nationale comme Institution de la République. Tous souhaitent rebâtir l’enseignement au Primaire et au collège. Tous promettent de revenir sur une réforme du lycée jugée injuste, tous dénoncent les conditions de la mastérisation et d’entrée dans le métier. Bien entendu, on ne peut attendre de promesses de campagne que ce que l’on est capable d’espérer.

Mais il est clair que l’actuel ministère se trouve bien esseulé dans sa politique éducative unanimement rejetée. Au moins, c’est à cette conclusion qu’une telle rencontre aura pu permettre d’arriver et elle aura pu le montrer publiquement.

Le travail de l’APMEP au sein de la Conférence ne s’arrêtera pas à la fin de la campagne électorale. Il sera primordial de montrer, dans des moments où les DGH sont discutées dans chaque établissement avec difficultés et contraintes, que les enseignants ont la capacité de se mobiliser sur des valeurs communes et non uniquement de corporatismes disciplinaires.

C’est à cette condition que nous aurons gain de cause dans une réforme indispensable et concertée de l’Éducation nationale.

(Article mis en ligne par Christiane Zehren)