Vers la création d’un institut national de la formation continue des enseignants et des autres personnels de l’Éducation nationale

Texte voté par le comité national du 20 novembre 2010

En France, la formation continue des enseignants est très peu développée et se réduit d’année en année, alors que le métier évolue de plus en plus rapidement et s’avère de plus en plus difficile à assumer de façon efficace et sereine.

D’autre part les plans actuels de formation continue sont difficilement lisibles, peu coordonnés, et proposent trop peu de formations « consistantes » (et donc suffisamment longues).

Il semble ainsi de plus en plus nécessaire de décréter « grande cause nationale » la formation continue des enseignants (et des autres personnels de l’Éducation nationale), et de demander au gouvernement d’émettre à ce propos un « signal fort ».

Pour cela, une proposition est en train d’émerger : la création d’une institution nationale officielle (Institut National de la Formation Continue), chargée notamment :
- de faire connaître les recherches universitaires liées aux disciplines d’enseignement, à leurs didactiques, à la pédagogie, et à toutes les composantes des métiers de l’Éducation nationale ;
- de s’appuyer sur les résultats de ces recherches, et sur l’évolution des métiers, pour proposer régulièrement une réactualisation des objectifs, des contenus et des modalités de formation continue des personnels ;
- d’encourager la définition et la mise en place d’actions de formation de longue durée (diplômantes ou non) ;
- d’organiser et de faire vivre un réseau articulant les organismes publics et les multiples associations qui organisent déjà des formations (dont l’APMEP et les IREM, pour ce qui concerne les mathématiques) ;
- de mutualiser les actions de formation (nationales ou académiques) réellement mises en œuvre, afin de permettre des échanges fructueux sur leurs contenus et modalités, et sur l’évaluation de leurs effets.

Cet INFC (Institut National de la Formation Continue) concernerait tous les degrés de l’enseignement (de la maternelle à l’université), toutes les disciplines scolaires (sans oublier leurs volets didactiques et épistémologiques), toutes les composantes intervenant dans l’efficacité de l’enseignement (pédagogie, psychologie, connaissance du système éducatif, etc.), toutes les catégories de personnels, toutes les fonctions de la formation (approfondissement, accompagnement d’équipes, remises à niveau, formations diplômantes…), et toutes les modalités de formation (« en présentiel » ou « à distance »). Il travaillerait en étroite collaboration avec l’INRP, avec les IUFM, avec les rectorats, et avec tous les organismes actuellement concernés par la formation des personnels. Il servirait également de relais pour les projets de vulgarisation initiés par les sociétés savantes ou les organismes de recherche (le CNRS, par exemple).

Ce serait un organisme « non prescriptif », qui garantirait un cadre national, et qui s’appuierait sur un réseau d’« instituts académiques de formation continue ».

La création de cette institution devrait aller de pair avec l’explicitation, au niveau du ministère, d’un cadre national assurant une réelle formation professionnelle à tous les enseignants (et aux autres personnels de l’Éducation nationale) ; ce qui suppose d’une part de redéfinir en ce sens le service des personnels, et d’autre part de réfléchir au statut des formateurs et à leur formation.

L’APMEP, qui défend le principe d’une formation continue de qualité et incluse dans le service des enseignants (cf. par exemple le texte d’orientation rédigé en 2010), soutient cette initiative, et est prête à participer à l’élaboration et au fonctionnement de cet institut.