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  APMEP   Vers un deuxième centenaire

Article du bulletin 490

Eric BARBAZO

- 30 novembre 2014 -

Éric Barbazo

Le lycée voulu par Napoléon a deux cents ans. Tout au long du 19 e siècle, l’enseignement secondaire a été réservé à une élite sociale et masculine. Il se termine par les lois Ferry qui concernent principalement l’enseignement primaire et la création de l’enseignement secondaire féminin. L’enseignement au lycée n’est donc pas le centre d’intérêt du siècle des révolutions industrielles et reste cantonné dans ses limites sociales. La séparation des ordres d’enseignement, primaire et primaire supérieur gratuit d’une part et secondaire payant d’autre part, est encore très prégnante au début du 20 e siècle. La réforme de 1902 constitue certainement l’étape décisive qui fait entrer l’enseignement secondaire (des classes de sixième au baccalauréat) dans la modernité, en permettant aux sciences de participer de la formation des jeunes français, au même titre que les humanités classiques. Dès lors, les sciences en général et les mathématiques en particulier connaissent un essor constant. Le second 20 e siècle leur donne même la première place, en termes de formation, de sélection et d’orientation avant de les remettre à nouveau en cause à partir des années 1990.

L’APMEP a été, sans conteste, un acteur important de ce siècle. Créée par des enseignants issus de l’ordre secondaire du siècle précédent, elle a pris la mesure des grandes problématiques du siècle, depuis la place de l’enseignement féminin, en passant par l’adaptation des méthodes d’enseignement aux mathématiques nouvelles qui révolutionnent l’enseignement universitaire dès la Libération, jusqu’à la mise en place des Instituts de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques (IREM) qui symbolisent l’une de ses plus complètes réussites. Elle a su, tour à tour, participer ou s’opposer aux réformes structurelles ou à celles des contenus enseignés, proposer ou construire des alternatives crédibles et suivies lorsqu’il en a été besoin.

Cette histoire court jusqu’à aujourd’hui, avec la force et l’intemporalité de ce terme aujourd’hui, qui permet de ne pas l’arrêter à une date donnée, mais engage au contraire le lecteur, l’adhérent ou le militant à la poursuivre, sans relâche. Car c’est cela qui reste important : la commémoration des événements passés doit avant tout servir à l’engagement futur et non être seulement l’expression d’une nostalgie inutile. Ainsi, la connaissance de cent ans d’APMEP doit nous permettre d’avoir en tête les raisons, les difficultés, les déboires et les victoires qui surviennent lorsque des enseignants militants prennent en charge l’évolution de leur discipline, surtout lorsque cette dernière, la mathématique comme il était question à moment donné, est bien souvent mal jugée, mal comprise et parfois vilipendée par les dirigeants ou les médias.

Que cette Histoire nous serve à construire notre deuxième siècle tout en étant fiers du premier.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)
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