André Myx

André Deledicq, Louis Duvert, Paul-Louis Hennequin,
Monique Leenhardt, Misou Pieri, Pierre Subtil

Le décès à 78 ans en avril dernier d’André Myx, qui fut vice-président à la formation des maîtres de notre association de 1972 à 1976 apporte une vague de tristesse à ceux qui ont aimé son enthousiasme et la sûreté de ses engagements, son style inimitable, sa détermination pour que l’enseignement des maths reste grouillant de vie, sa vivacité d’esprit, son attachement à une vraie laïcité, son amour des jeunes et de leur intelligence. Nous avons eu la chance de « faire » des mathématiques avec lui ; nos souvenirs de travail dans les bouillonnantes années 68-85 restent inoubliables.

Tout en étant professeur de lycée, André s’est toujours intéressé à l’enseignement des mathématiques en primaire. Ainsi dans les années 60, à Francheville avec le soutien du directeur de l’école, M. Fabre, il se joint à Maurice Glaymann pour proposer un enseignement différent.

André a été l’un des membres fondateurs de l’Association GALION et a participé activement aux travaux de l’équipe, avec Maurice Glaymann, Louis Duvert et Misou Piéri, mais aussi Ginette Mison, Paul Subtil et René Gautier, partis avant lui.
C’est lui qui a proposé à l’équipe, surprise du succès de ses « fiches », de ne pas répartir les bénéfices entre les membres, mais de créer une association chargée de les utiliser pour attribuer des bourses à des élèves méritants, pour des séminaires dans divers pays et dans le village de Chauderyac où Annie et André possédaient une maison, ou pour des réunions de profs de maths soucieux de s’adapter aux « maths modernes » ; proposition adoptée tout-de-suite à l’unanimité.

Quelle belle aventure ils avaient inventée !

Il a été animateur à l’IREM de Lyon dès sa création en 1968.
Intéressé par la formation des instituteurs, il est nommé à l’École Normale de garçons de Lyon, au début des années 70 et y devient un élément moteur par son dynamisme et son souci d’innover.

En 1974, il publie un ouvrage « 6 thèmes pour 6 semaines » où il décrit ce que pourrait être un contenu de la formation continue en mathématiques pour les instituteurs. C’est le succès auprès de tous les professeurs de maths travaillant en École Normale. Aux Journées APMEP-IREM de janvier 1975, à l’Alpe d’Huez, c’est lui la vedette. Tout le monde veut le voir, l’écouter, tant son livre apporte des idées nouvelles.

Très vite, il entrevoit que le formalisme des « maths modernes » ne peut avoir sa place à l’école. Les enfants doivent apprendre à chercher et être actifs. André comprend que l’approche des maths peut se faire au travers de jeux. Il met sur pied une exposition de « jeux mathématiques » à l’intention des enfants et des normaliens. C’était en 1976, et de nombreuses classes sont venues « jouer » à « qui dira 20 ? », ou à « puzzler des pentaminos ».

Entre 1975 et 1980, André Myx a écrit quantité de brochures et d’articles pour le « bulletin de liaison » des professeurs de mathématiques français coopérant à l’étranger ; ils étaient alors près de 5000 et beaucoup se souviennent de ses interventions brillantes dans les stages estivaux de formation à Nîmes ou Montpellier et dans les nombreux pays africains où il était demandé ; il a, en particulier, scénarisé une dizaine de films de la télévision éducative en Côte d’Ivoire.

C’est à cette même époque que la « micro-informatique » commence à titiller André. Il fait acheter par l’École Normale un premier Apple II. Il initie de nombreux formateurs au Basic, mais surtout à Logo. Son intuition concernant la place de l’informatique est confortée par sa participation en novembre 1980 au Colloque intitulé « Le mariage du siècle : Éducation et Informatique », au centre Georges Pompidou.

Puis, à partir de 1985 et pendant quelques années André travaille avec Jean-Yves Château, conseiller pour l’informatique du Directeur des Écoles au Ministère de l’Éducation Nationale et vient un jour par semaine à Paris pour éclairer les responsables sur les bienfaits du « logo » et autres outils de remue-méninges des écoliers. S’il doit régler des problèmes de matériel après le Plan Informatique Pour Tous, il participe surtout à l’élaboration des programmes. L’informatique à l’école pouvait être un « outil » pour l’enseignement, mais devait être aussi « objet » d’enseignement. Il participe à la création de l’association ACIE : Association pour une Culture Informatique à l’École.

Il crée la revue ZOOM-AVANT à destination des instituteurs du département. À raison de trois numéros par an, pendant huit ans, la revue apporte des idées ou des réflexions sur l’enseignement des maths. Il crée en 1983, ZOOM-INFO, sur la même idée que ZOOM-AVANT, mais cette fois c’est l’enseignement de l’informatique qui est au programme.

Il a écrit des ouvrages : « LOGO, votre langage de programmation », « Mathématique au cours préparatoire », entre autres.

Dans les années 90, il a mis sur pied et dirigé une collection de « manuels » scolaires pour le primaire chez Nathan, intitulée « Diagonale » ; elle a été au moins, une sorte d’été indien de l’édition scolaire, apportant une chaleur vivifiante aux instituteurs, à leurs conseillers pédagogiques ... et aux auteurs qui l’imitèrent alors plus ou moins fidèlement.

Travailleur acharné, chercheur infatigable, enseignant plus que dynamique, il était pour les futurs enseignants un exemple par son discours mais surtout par sa façon d’être. Sa rigueur était bien connue, son humour aussi. Par une boutade, il savait désamorcer une discussion devenue trop vive.

C’est un grand, un immense enseignant qui vient de partir.

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(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)