Attendus et repères : pas de panique ! Ils ne sont pas prescriptifs !

Note de service vs loi ?

- 28 août 2019 -

Petite analyse « sémantique » pour aider les collègues à ne pas s’épuiser en interrogations inutiles dans les équipes à propos des attendus de fin d’année et repères annuels de progression qui viennent d’être publiés par le ministère. De prime abord, le texte publié est rédigé de telle façon qu’il ressemble à une prescription. Cependant, si on lit ce qui est vraiment écrit, les attendus et les repères de fin d’année ne sont pas prescriptifs.

Voyons cela, paragraphe par paragraphe (rien n’a été tronqué, seulement découpé sans changer l’ordre) :

1) Tout d’abord, le titre : c’est officiellement une note de service bien que le mot « programme » figure en son début.
On lit en effet : Attendus de fin d’année et repères annuels de progression programmes de français, de mathématiques et d’enseignement moral et civique du cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), du cycle de consolidation (cycle 3) et du cycle des approfondissements (cycle 4)
NOR : MENE1913283N
note de service n° 2019-072 du 28-5-2019 _

2) Les programmes « ajustés » fixent des attendus de fin de cycle. Ils sont prescriptifs et font partie des programmes. On lit en effet :
Les programmes de français, de mathématiques et d’enseignement moral et civique ont été clarifiés et ajustés au regard de l’objectif de maîtrise des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui) par tous les élèves. Conçus par cycle de trois ans, ils permettent de garantir la stabilité et la pérennité des apprentissages. Ils fixent les attendus de fin de cycle et précisent les connaissances et les compétences travaillées.

3) Les attendus de fin d’année, de manière générale, ne fixent rien de prescriptif. On lit en effet :
Les attendus de fin d’année et les repères annuels de progression doivent permettre aux équipes pédagogiques de mener un enseignement rigoureux, explicite et progressif tout au long de la scolarité obligatoire. Ils apportent une aide aux professeurs pour mieux organiser leur année. Ils offrent des références communes pour que les connaissances, compétences, notions et objets d’enseignement soient abordés de façon équilibrée tout au long des trois années de chaque cycle.

4) Plus précisément, les attendus de fin d’année de mathématiques ne fixent qu’un horizon qui, par définition, n’est jamais atteint. On lit en effet :
Les attendus de fin d’année fixent un horizon en termes de connaissances et de compétences. Des exemples de réussite sont proposés afin d’illustrer ce que doit savoir faire l’élève de la fin du CP à la fin de la classe de 3e. Ils constituent une contribution à l’évaluation des élèves. Tout au long de l’année, des évaluations régulières sont le moyen de s’assurer de l’acquisition, par tous les élèves, des connaissances et compétences visées, mais aussi de vérifier que les compétences et connaissances travaillées lors des périodes et années précédentes sont toujours maîtrisées.

5) Les repères annuels de progression ne sont qu’indicatifs. On peut en retenir comme visée essentielle : une programmation des apprentissages ne reléguant pas certaines notions trop tardivement dans l’année pour qu’elles soient réinvesties. On lit en effet :
Les repères annuels de progression contribuent à la mise en place d’un enseignement structuré tout au long de chaque année du cycle en donnant, lorsque c’est nécessaire, des indications de période d’enseignement, l’année scolaire étant répartie en cinq périodes de travail séparées par quatre périodes de vacances. Ces indications doivent permettre de conduire les apprentissages avec un tempo suffisamment soutenu pour que les notions soient réinvesties au cours de l’année. Il s’agit aussi de consacrer le temps nécessaire à toutes les connaissances et compétences du programme et d’éviter que certaines d’entre elles ne soient systématiquement abordées en fin d’année.

En conclusion, écrire que les repères annuels de progression entrent en vigueur ne signifie pas qu’ils deviennent prescriptifs mais uniquement qu’ils sont proposés de manière officielle à l’ensemble des enseignants concernés. On lit en effet :
Cette note de service entre en vigueur à la rentrée de l’année scolaire 2019-2020.
La sémantique joue un rôle capital ici : elle permet à ce texte de ne pas être attaquable en tribunal administratif pour non-conformité avec la loi sur les cycles.

Bruno Rozanès pour les commissions Premier degré et Collège