Compte rendu de la commission lycée de l’APMEP

5 octobre 2019

La commission lycée s’est réunie le samedi 5 octobre 2019
au local de l’APMEP, rue Duméril à Paris.

De nombreux retours, via les différentes régionales, ont enrichi la réflexion menée ce jour.

    • La voie technologique

Le programme affiché comme commun apparaît trop difficile pour certains élèves de certaines séries. Lors des consultations sur les programmes, nous avions eu l’assurance d’une réelle différenciation dans l’élaboration des sujets d’examens, à ce jour nous n’avons aucune certitude sur ce point.
De la même manière, le langage Python ne semble pas approprié aux formations tertiaires, nous demandons l’assurance que l’évaluation de l’algorithmique pour ces élèves soit limitée au tableur (d’autant que tous les algorithmes du programme s’y prêtent).
Pour assurer une cohérence entre l’enseignement de mathématiques et la spécialisation technologique des élèves, nous demandons à ce qu’un cadre officiel impose que des élèves de différentes séries ne soient pas regroupés dans une même classe.
En ce qui concerne les séries STL et STI2D, nous redemandons un cadrage national de la répartition horaire entre les mathématiques et les sciences physiques. Par ailleurs, dans un souci d’efficacité, il nous paraît souhaitable que les élèves aient le même enseignant en tronc commun et en spécialité.

    • La seconde générale et technologique

En ce début d’année, les enseignants constatent une inadéquation entre les acquis du collège et les attentes du programme de seconde. En particulier, un véritable travail sur les nombres doit être mené. Celui-ci est difficilement conciliable avec la densité du programme (nombre de notions, travail spécifique sur la démonstration, histoire des mathématiques, apprentissage d’un langage de programmation). Tout ceci dans un contexte de perte d’horaire, notamment les heures d’accompagnement personnalisé.
Nous demandons une enveloppe d’heures dédiées à la remédiation.

Les tests de seconde viennent de se terminer et s’ils semblent mieux recouvrir l’ensemble du programme de collège, ils restent peu utilisables dans la mesure où tous les items évalués ne nous sont pas accessibles.

    • L’enseignement scientifique en voie générale

Dans l’état actuel, quand les enseignants de mathématiques ont une place dans cet enseignement, ils interviennent au maximum 18 heures par an avec des organisations très diverses. L’opacité et la précipitation dans la mise en œuvre de cet enseignement ont provoqué des conflits au sein des équipes éducatives (enseignants, chefs d’établissement, inspecteurs).
La colonne vertébrale du programme est exclusivement basée sur les sciences expérimentales. Bien qu’annoncée dans le préambule, la place particulière pour les mathématiques au sein des sciences n’est pas explicite dans le détail du programme. Des thèmes spécifiquement mathématiques, par exemple « phénomènes exponentiels », « optimisation », « géométrie dans l’espace », permettraient un enseignement plus explicite pour les élèves et donc une meilleure possibilité pour eux de transposer ces savoirs à d’autres problèmes.
Les documents ressources mis à disposition depuis début juillet sont riches et nécessiteraient un horaire plus important pour répondre à leur ambition.

En ce début d’année, on observe que les élèves ont du mal à cerner cet enseignement, dispensé par au moins trois enseignants de trois disciplines différentes.
Par ailleurs, l’organisation des locaux ne favorise pas toujours les rencontres entre les professeurs de sciences expérimentales et de mathématiques.

    • La spécialité mathématique en 1ère

La diversité des profils et des projets au sein d’un même groupe, souvent à effectif pléthorique, rend difficile la mise en œuvre du programme. L’inadéquation entre l’organisation et le programme de cet enseignement ne permet pas à tous les élèves de progresser dans l’apprentissage des mathématiques.

L’absence de mathématiques dans le tronc commun et l’explosion de la notion du groupe classe ont pour conséquence d’éloigner les professeurs de mathématiques de la réflexion des élèves sur leur orientation.

Nous redemandons 2 heures d’enseignement de mathématiques dans le tronc commun et la création d’une seconde spécialité.

    • L’évaluation aux examens

Pour la voie technologique, le groupe d’élaboration des programmes avait évoqué des sujets différenciés selon les séries. Le sujet zéro, seul élément actuellement à notre disposition, nous laisse craindre que ce ne soit pas le cas.
Il avait été annoncé que la banque de sujets serait assez large pour permettre tous les choix de progressions et, à ce stade de l’année, il est indispensable que nous ayons rapidement des informations officielles à ce sujet.

Pour la voie générale, nous demandons depuis un an une clarification officielle des modalités d’utilisation des calculatrices lors des examens.
Il est impératif que nous ayons rapidement des informations.

    • Le grand oral :

D’après les textes, cette épreuve se prépare dès la 1ère à travers les différentes spécialités. Or à ce jour, aucun document de cadrage quant à l’épreuve et son évaluation n’a été publié au B.O.
Cette modalité d’examen étant nouvelle pour les professeurs de mathématiques, nous soulignons la nécessité d’une formation adaptée, tant dans la préparation que dans l’évaluation.
De plus une épreuve orale de mathématiques n’a de sens que si elle fait l’objet d’une préparation spécifique.
Nous demandons que les modalités d’évaluation soient rapidement connues, qu’un horaire dédié sur l’ensemble du cycle terminal soit prévu, ainsi qu’un contenu disciplinaire sur lequel s’adosser.

    • Bilan statistique de la rentrée

Afin d’avoir une analyse plus fine, l’APMEP va demander au Ministère que lui soient communiquées des données statistiques genrées, par type d’implantation géographique et par catégories socio-professionnelles sur les choix des spécialités.
L’APMEP s’interroge sur l’évolution des orientations de fin de seconde GT en voie générale ou technologique.

 

    • Rencontres à venir

La prochaine rencontre de la commission LGT est prévue lors des Journées de l’APMEP à Dijon, dimanche 20 octobre de 14 h à 15 h 30.
Une plage « questions d’actualité » en présence des inspecteurs généraux de mathématiques, J. Yebbou et L. Chéno, est programmée le lundi 21 octobre de 14 h à 15 h 30.