Compte-rendu de la réunion de la Commission lycée de l’APMEP

JN de Bordeaux, le dimanche 21 octobre 2018

 

Présents : une soixantaine de congressistes
Prise de notes : Eric Barbazo, Isabelle Le Naour
Animateurs : Eric Barbazo, Frédérique Fournier

Ordre du jour  :

  1. Quid du mode examen pour examens 2019 ?
  2. Les tests de positionnement à l’entrée en seconde
  3. Les projets de la commission lycée pour 2018/2019
  4. La réforme des lycées
  • — quelques mots sur l’évaluation et le grand oral
  • — quelques mots sur l’enseignement scientifique du tronc commun en Première et Terminale générales
  • — les spécialités dans son lycée : en 1ère ? en Terminale ?
  • — les projets de programme en mathématiques

 — présentation rapide des projets (math 2de GT, 1ère G et 1ère Techno) suite aux rencontres avec les pilotes des groupes d’écriture des projets
 — travail en petits groupes sur les programmes pour premières remarques
  > préparation table ronde de lundi

Certains des points évoqués dans cet ordre du jour et les demandes associées, recoupent celles faites par la commission lycée du 6 octobre : Lire

1. Quid du mode examen pour la session 2019 ?
Pour rappel, le mode examen pour les examens de la session 2018 a été suspendu par dérogation, et ce tardivement (autour d’avril). Les problèmes soulevés l’an dernier (formation des surveillants d’épreuves, matériel pas toujours fiable, élèves pas équipés…) sont toujours d’actualité.
La commission lycée souhaite un éclaircissement officiel et rapide quant à la mise en place du « mode examen » pour la session des examens 2019 (bac comme BTS) et pourquoi pas son abandon.

Réponse apportée lors de la table ronde : adresser un courrier à la DEGESCO, pour l’instant nous sommes toujours soumis au texte officiel. (BO avril 2015)

 

2. Les tests de positionnement à l’entrée en seconde.
Une première question : pourquoi les établissements AEFE n’ont-ils pas fait passer les tests ?
Quelques problèmes d’ordre technique sont soulevés : parc informatique des lycées pas toujours bien dimensionné, problèmes de réseau ponctuels, des élèves ont dû repasser les tests une semaine après.
Concernant l’interface en elle-même, deux problèmes sont soulignés :

  • — des élèves ont parfois cliqué sur « suivant », « suivant », sans répondre aux questions ….
  • — la gestion du temps (50 min pour l’ensemble du test) a posé difficulté pour des élèves lents qui n’avaient pas notion du temps qui passait.
    Ces deux points techniques doivent être résolus pour la passation de septembre 2019.

 

Du côté des résultats renvoyés :

  • — où est mis le curseur ? il semble que peu d’élèves se trouvent dans la tranche « maîtrise insuffisante » et beaucoup dans la tranche de très forte amplitude « maîtrise satisfaisante » ...
  • — que faire de ces résultats ?
    Sans connaissance des items de ces tests, il est difficile d’envisager une exploitation du document retourné pour chaque élève et une remédiation pour les plus fragiles. Cette remédiation éventuelle pose le problème du « quand » ? L’accompagnement personnalisé (AP) semble la meilleure structure mais, il est alors constaté une forte disparité dans les établissements quant à la présence ou non des mathématiques dans le dispositif de l’AP, ainsi que de son organisation en classe entière ou en petits groupes.

En conclusion :

  • - nous demandons l’amélioration de l’interface destinée à l’élève
  • - nous demandons l’accès aux items
  • - nous souhaitons des consignes claires soient données au niveau national afin que la mise en place de l’AP ne serve pas de variable d’ajustement des services des enseignants mais soit réellement au service des élèves.
Réponse apportée lors de la table ronde : Il ne s’agit pas d’une évaluation diagnostique. Les items ne seront pas visibles dans leur globalité. Ils ont été testés au préalable sur un échantillon. Chaque item évaluait des contenus et pas toujours les compétences. Ils ne seront pas divulgués pour ne pas influencer. Cependant, certains items seront visibles chaque année (20%.).

 

3. Les projets de la commission lycée

La commission n’est forte que de ses participants. A la dernière réunion du 6 octobre nous n’étions que quatre. Une poignée de personnes et encore moins le bureau seul, ne peuvent exprimer l’opinion de tous. Il est certes parfois pas évident de se déplacer sur Paris, ou de se libérer du temps pour y venir, mais d’autres possibilités d’échanges sont possibles : vidéo-conférence, drive…
La commission lycée doit évoluer dans son fonctionnement pour redevenir plus dynamique.

En fonction de l’actualité, les projets peuvent évoluer, mais les idées aujourd’hui seraient :

  • — produire, en collaboration avec la communauté scientifique, un document d’aide aux collègues pour le choix des élèves des spécialités en 1ère : identifier les cursus ou formation post-bac qui nécessitent impérativement des mathématiques
  • — alimenter, en coordination avec le bureau, la discussion « fil rouge » qui va être lancée sur le forum du site national autour des projets de programme. à ce sujet, il est demandé aux futurs auteurs d’envoyer des messages argumentés, qui peuvent nourrir le débat soit de leurs interrogations soit de leur réflexion.
  • — en fonction des contenus que nous n’avons pas à ce jour de l’enseignement scientifique du tronc commun, produire, en collaboration avec la communauté scientifique, quelques ressources (activités, séances) pour les collègues amenés à intervenir dans cette discipline.

 

4. La réforme des voies générales et technologiques des lycées

    • quelques mots sur l’évaluation et le grand oral
      Nous n’avons à ce jour que les informations publiées dans le texte.... [(BO du 19 juillet 2018). Lors de la rencontre avec le CSP, aucune réponse n’a été apportée.

> Grand oral : on souhaite demander un cadrage sur l’organisation et la présentation de l’oral. Combien d’heures prévoir pour préparer cet oral, au sein de nos cours ? Ces réponses sont urgentes, les élèves commencent à travailler sur leur grand oral dès la 1ère.

  • — Demande également d’une formation continue pour travailler l’oral.
  • — Demande également de lister dans les contenus de programmes des situations ou contenus qui pourraient justement servir à la préparation des élèves à la pratique de l’oral.

 

> Contrôle continu :

  • — concernant la banque de sujets : est-ce raisonnable ou pas ? Comment va-t-on être sûrs que les épreuves seront harmonisées ? N’y aura-t-il pas de pression trop importante de la part des élèves, des parents au vu du poids de ce contrôle continu ?
  • — Problème de la liberté pédagogique soulevé, des progressions parfois difficilement communes.
    • quelques mots sur l’enseignement scientifique du tronc commun
      Les projets de programmes de ce nouvel enseignement ne sont pas, à ce jour, connus [1]officiellement . Dans la mesure où les mathématiques ne sont pas dans le tronc commun du lycée général, ce que nous déplorons, à la parution des projets de ces programmes nous réagirons par rapport au contenu mathématique proposé : un enseignement scientifique dépourvu de mathématiques n’est pas possible.

Réponse lors de la table ronde : Oui, mais les mathématiques ne seront pas prépondérantes dans l’enseignement scientifique

 

Les spécialités dans son lycée (général) : mathématiques en 1ère, en terminale ? expertes ? complémentaires ?
On constate une forte disparité d’une académie à l‘autre : dans certaines, les élèves auront, en 1ère générale, trois choix à faire parmi 7 spécialités au maximum au sein de leur lycée, dans d’autres parmi 8 ou 9.
Les élèves ne sont pas ou peu mobiles, quitteront-ils leur lycée pour suivre un enseignement de spécialité ? quand ? comment ? solution à peine viable en centre ville, et absolument pas en banlieue ou en zone rurale.

Question : faudra-t-il avoir fait spécialité math en 1ère pour suivre en option maths complémentaires en terminale ?

Réponse lors de la table ronde : le programme sera écrit en pensant que l’élève a suivi l’enseignement de spécialité de 1ère.

 

Il serait bien que nous communiquions sur les cartes de formation de nos établissements, pour entre autre s’assurer en lycée général de l’offre des mathématiques complète en terminale.

  • — en lycée technologique Les mathématiques sont dans le tronc commun (3h). Pour les séries STI2D et STL, il est proposé un enseignement de spécialité math et physique, dont les contenus ne sont pas connus à ce jour : nous nous inquiétons de l’absence éventuelle d’un enseignement assure par un professeur de mathématiques au sein de cette spécialité. Il faudrait un programme de math et un programme de physique séparés. Sinon, pourquoi que math-physique et pas math-informatique ?

Réponse lors de la table ronde : le programme de spécialité comprend deux parties bien identifiées maths d’une part et sciences physiques d’autre part.

 

Les projets de programme

Après une présentation rapide :

  • — en seconde GT : calculs, automatismes, démonstration (programme écrit en paragraphes, apparition d’un aspect historique des notions, démonstrations identifiées, algorithmes aussi, logique, prolongements)
  • — En 1 ère Générale : au cœur la dérivation, apparition de la fonction exponentielle pour élargir le champ d’applications des fonctions
  • — En 1ère Techno : le groupe a répondu à la commande d’un programme unique (tronc commun), mais distinction obligée avec série STD2A, et petite précision : il y a un enseignement de spécialité sc. physiques et math pour STI2D et STL en 1ère.

Le débat et les questions à poser :

En préambule général :

Encore une fois, une réforme qui se fait dans la précipitation :
- des programmes qui paraissent à 9 mois à peine de leur mise en application,
- des programmes très chargés, difficilement réalisables en 4 heures,
- une consultation certes, mais extrêmement rapide : du 5 au 18 novembre …
 
- et puis surtout : quels attendus des formations du supérieur ? quels enseignements de spécialité choisir ? Il faut une réponse rapide à ces questions : choix des élèves de seconde au 2ème trimestre !

Exemple : Pour BCPST, spécialité physique et spécialité SVT conseillées ou maths 6h obligatoires ? Comment les élèves se positionnent-ils dans ce cas pour le choix de la spécialité maths complémentaire. Maths complémentaire pour médecine ?

Réponse lors de la table ronde : Physique-SVT n’est pas viable sans maths complémentaire.
 
Intervention d’Alice Ernoult : Maths complémentaires doit jouer le rôle du tronc commun alors ! Mais ce n’est pas possible quand ce n’est qu’une option qui de plus rentre en concurrence avec d’autres options : le problème d’heures dans les lycées fera que cette option ne pourra pas se faire dans les petits établissements car elle entre en compétition avec d’autres options. Les moyens attribués pour l’ouverture de ces options sont contenus dans la « marge horaire » des établissements, ces ouvertures se feront donc au détriment d’autres choses (dédoublement en sciences, en langues, AP, ….).

 

> 1ère techno : tronc commun, projet de programme

Cohérent, lecture à différents degrés possibles, mais attention dans certains lycées, présence de deux filières distinctes (tertiaire et industrielle), aux profils scientifiques différents. Difficile d’imaginer une classe commune en mathématiques.
Réaction plutôt sur le programme de l’enseignement de spécialité, Sciences Physiques et mathématiques :
Peut-on flécher pour les profs de mathématiques les parties du programme à prendre en charge par eux-mêmes. Il faudrait un programme de math et un programme de physique séparés. Sinon, pourquoi que math-physique et pas math-informatique ?

Réponse lors de la table ronde : le partage sera fait. Chaque discipline sera préservée. Un temps important pour les mathématiques est prévu, (différence entre STI2D et STL : il n’y aura pas les nombres complexes en série STL), les modes de pensées sont différents en mathématiques et sc-physiques.

 

>Seconde générale et technologique : tronc commun, projet de programme

En préambule : quelle continuité avec le collège, ses programmes et la place laissée à l’élève - sur les démonstrations par exemple (1/3 non décimal est purement un problème de maths…). On est conscient qu’il faut amener progressivement en seconde les élèves à l’abstraction, la démonstration, mais besoin de temps, et de documents ressources pour aider à faire vivre les démonstrations, et évaluer les compétences des élèves sur le raisonnement.

Réponse lors de la table ronde : Il s’agit de faire une bonne exploitation de ces démonstrations : L’intention est de poser une question et d’en dégager l’intérêt, se rendre compte que la réponse demande réflexion … .Pas d’exigences pour que l’élève connaisse telle ou telle démonstration en fin d’année. Lui faire comprendre par exemple que 1/3 n’est pas 0,33 est l’essentiel, il s’agit de favoriser l’accès aux différents nombres rationnels, irrationnels. L’intention est également culturelle. But : Voir la méthode de démonstration. C’est sans doute ambitieux...bien -sûr on pourra prévoir des documents d’accompagnement.

 

- les algorithmes proposés sont-ils tous obligatoires ?

Réponse lors de la table ronde : non, il s’agit d’exemples, par contre les algorithmes cités dans le programme de mathématiques de 1ère technologique (tronc commun) sont obligatoires.

 

- pourquoi les programmes nous semblent-ils si techniques et fermés :
>le terme déterminant est-il plus important que la compréhension de la notion de colinéarité ?
>pas de lien affiché avec les autres disciplines scientifiques entre autres.

Comment laisser du temps à la recherche ? Les entêtes sont agréables mais on trouve surtout un retour à la technicité dans le contenu.

Réponse lors de la table ronde : le temps a manqué pour écrire ces liens. Il faudra aussi produire des documents d’accompagnement. Des efforts restent à faire…

 

Serait-il possible d’alléger certains domaines, pour laisser du temps à l’activité de l’élève ?

Réponse lors de la table ronde : La consultation fera que l’on sera à l’écoute des retours des enseignants et des associations expertes comme l’APMEP. Le groupe d’experts a travaillé en pensant que tout rentre mais on reste à l’écoute.

 

>1ère générale : enseignement de spécialité, projet de programme

En préambule : nous y voyons un programme uniquement tourné vers des études scientifiques : peu de contenus pour des élèves qui voudront faire autre chose que des sciences. Comment un élève ayant choisi SES va-t-il se retrouver dans ce programme Cela ne risque-t-il pas de faire baisser le nombre d’élèves dans le choix des maths en première ?

- l’introduction de la fonction exponentielle : autre proposition de Rémi Belloeil par la continuité

Réponse lors de la table ronde : l’introduction de la fonction exponentielle est une histoire ancienne…

 

- les suites : on trouve des algorithmes de seuils, mais pas de sens de variations des suites.

- les fonctions polynômes du second degré : dans les connaissances, 1ère ligne, on parle des fonctions polynômes du second degré données sous forme factorisée. On s’interdit les autres ? pas de forme ax²+bx+c ?

- la trigonométrie : contenu bien trop ambitieux. Si on veut bien traiter ce domaine, il faut encore du temps. Ne peut-on récupérer ce temps pour le consacrer à la bonne construction et imprégnation d’autres connaissances ? Et reporter à la Terminale enseignement de spécialité ?

Réponse lors de la table ronde : la place de la trigonométrie a peut-être été exagérée, à voir au retour de la consultation.

 

Comment infléchir ce programme de maths en première qui ne concerne pas suffisamment les élèves qui ne se destinent pas qu’aux sciences ?

Réponse lors de la table ronde : la fonction périodique indépendamment du contexte scientifique est une notion que les économistes rencontrent, et le produit scalaire est utile en économie.
Le programme a été conçu comme une moyenne pondérée de S et ES (avec plus d’élèves en S). Les Sciences sociales et l’économie ont besoin des maths.

 

Dernières remarques :

- disparition de la géométrie dans l’espace, dommageable à la fois pour la formation de l’esprit et à l’heure de la robotique.

Réponse lors de la table ronde : C’est un regret, mais les travaux sur les fonctions peuvent partir de géométrie dans l’espace.

- il manque un niveau « intermédiaire » pour ceux qui ne se destinent pas aux sciences : concours fonction publique, professeurs des écoles, économistes…

 

Questions diverses :
- peut-on inscrire le dédoublement dans les programmes ?
- dommage que les élèves ne doivent choisir que 2 enseignements de spécialité et non trois.
- quelle évaluation pour l’algorithmique ?
- enroulement de la droite numérique sur le cercle trigonométrique et définition du sinus et du cosinus d’un nombre réel ? Doit-on le faire cette année en seconde ?

 

Réponse lors de la table ronde : Infléchir le programme de cette année sera surement à prévoir. Des rituels de calcul peuvent être mis en place dès cette année.

[1] projet paru après ce compte-rendu : http://www.education.gouv.fr/cid131...