Compte-rendu de la réunion de la Commission lycée (LEGT) de l’APMEP

JN de Dijon, le dimanche 20 octobre 2019

(Une centaine de personnes présentes dans l’amphi)

Ouverture par Frédérique Fournier, responsable de la Commission Lycée assistée de Céline Monluc et Jean-Baptiste Civet pour le bureau.

Remerciements des membres de l’association pour les nombreuses remontées du terrain reçues durant l’année écoulée, suite aux sollicitations de la Commission Lycée.

La commission présente sa composition et ses missions (remontées du terrain, rencontres CSP, texte plaquette Visages, vidéos explicatives etc.)

La commission rappelle les modalités de participation des membres aux échanges (mail, forum) et l’intérêt du renouvellement de l’adhésion, de la remontée du terrain pour avoir du poids auprès des différents interlocuteurs de l’association.
La commission rappelle l’usage du site de l’association et les pages où l’on peut trouver les documents de la commission (ex : compte rendu) et de l’association (ex : lettre ouverte).

Il est rappelé les demandes en cours sur la réforme des lycées :
Concernant la filière générale :

  •  2h dans le tronc commun
  •  Un deuxième enseignement de spécialité
  •  Des moyens fléchés pour les options Maths Complémentaires et Maths Expertes

Concernant la filière technologique :

  •  Découpage de l’enseignement Maths-Physique
  •  En tronc commun : des groupes de maths par spécialité (ST2S, STI2D,...)

La commission présente l’ordre du jour

  •  Bilan de la rentrée en LGT
  •  Préparation questions d’actualité

Discours d’ouverture
Concernant l’intervention de Mme Burban, un collègue s’interroge sur la pertinence de l’exemple concernant la musique, sur la loi des sinus à utiliser sans la démontrer.
La commission a demandé un rendez-vous à Mme Burban à ce sujet et l’a rencontrée, ce matin même. Elle a précisé que les documents d’accompagnement montraient les attendus mathématiques et les exigibles en terme d’évaluation et d’objectifs. Les remontées de terrain signalent la difficulté à comprendre les Mathématiques en jeu dans l’enseignement scientifique.
Pourquoi pas un thème Mathématique dans les programmes d’enseignement scientifique, écrit clairement ?

Mise en oeuvre de la réforme
Plusieurs collègues évoquent leur colère non pas dans le contenu mais la mise en oeuvre de la réforme (emploi du temps des élèves, des enseignants, moyens informatiques à disposition, co-intervention des enseignants et la multiplicité des intervenants face aux élèves dans une même discipline, sans compter les conseils de classe à venir dont les conditions d’organisation interrogent).
La commission évoque, de son côté, les informations au jour le jour qui redescendent en fonction du calendrier du moment.
Un collègue signale la problématique des emplois du temps et de l’impossibilité de pouvoir bénéficier d’un créneau pour rattraper un cours.
Un autre signale la situation de son établissement où il n’y a plus d’AP pour les premières ni de dédoublement et juste deux créneaux de 2h...
Pas de solution non plus concernant les conseils de classe pour les spécialités.

Les options de Terminale et leur positionnement dans l’emploi du temps des élèves inquiètent. Le mercredi après midi ? Le vendredi soir ?
Quid des 6h de spécialités de Terminale ? Dans ces conditions, 2x3h ?
Un intervenant confirme ces craintes concernant les options et sur leur possible disparition par facilité car non fléchées.
Un autre attire, en fin de séance, l’attention sur le fait que les Rectorats mettent déjà la pression pour connaître les effectifs en Terminale pour les DGH de janvier des établissements.

État de stress des enseignants et des élèves
Les collègues craquent nerveusement en salle des profs à cause du stress et de la précipitation de la mise en oeuvre de la réforme. Les IG le prennent-ils en compte ?
Un collègue rappelle alors la nécessité de la remontée de ce type d’incidents auprès du CHST.
Un autre collègue signale, l’état d’anxiété de ses élèves face aux choix qu’ils vont être amenés à faire rapidement alors qu’ils manquent d’informations. D’autre part, lorsqu’un élève est absent, il lui faut désormais contacter parfois 5 élèves différents pour se mettre à jour.

Des enseignements comme variable d’ajustement
L’enseignement scientifique et de SNT sont des variables d’ajustement de la DHG de l’établissement pour pérenniser des postes et orientent donc l’affectation des disciplines sur cet enseignement.
Un collègue évoque même de la violence avec l’équipe de son établissement concernant l’enseignement scientifique (proviseur, professeurs de SVT, de Physique) devenu chasse gardée et dont les professeurs de Mathématiques sont exclus.

E3C
Comment les E3C peuvent être une évaluation formative ? Il nous faut des précisions. Est-ce que qu’une épreuve finale du baccalauréat peut être formative ?
Plusieurs collègues de la filière technologique, dénoncent la communication tardive du découpage du programme par blocs et l’impact que cela va avoir pour l’E3C si on n’a pas commencé par les bons thèmes.
D’autres questions émergent sur les modalités pratiques de passation des épreuves (1 enseignant pour 35 élèves ? tiers temps ?)
Un intervenant revient sur la correction des E3C et ce à quoi auraient accès les élèves. Quel statut pour cette évaluation ? Copies numérisées ? Quel matériel ? Encre numérique pour la correction ? Et comment y accède l’élève ?

Manuels numériques
Quid de l’accompagnement des élèves dans le passage aux manuels numériques et ses impacts sur les enseignements ? Concernant l’installation des manuels ? Le lancement et l’accès aux manuels en classe est finalement chronophage.

Calculatrice
Des questions sont posées sur les calculatrices collège et la définition de ses fonctionnalités (présence de l’exponentielle par exemple). Les enseignants vont-ils devoir demander l’achat d’une nouvelle calculatrice pour le passage des E3C ?
Des concepteurs de sujets font part de leur retour d’expérience sur la conception des sujets sans calculatrice ou avec, sous certaines conditions.
Un collègue souhaite des sujets conçus pour la calculatrice que les élèves utilisent pendant leurs années de lycée et pas l’utilisation d’une calculatrice différente.
La commission exprime un accord de principe, incluant les voies technologiques et va faire remonter cette demande au national.
Les problématiques sur le mode examen et la question de l’achat par les familles de nouvelles machines sont évoquées.
Un intervenant demande si la banque d’exercices E3C sera publique. Si non, pourquoi s’interdire l’usage de la calculatrice lycée pour cette année ?

Programme de seconde
Plusieurs intervenants signalent la lourdeur du programme de seconde et s’interrogent sur la pertinence des tests de positionnement (modalité d’organisation et contenu des questions).
Ils ont le sentiment que plus d’élèves, désormais, sont en difficulté sur des calculs simples (fractions). Programme de terminale
Les intervenants résument leur impossibilité de prendre connaissance des programmes de terminale : comment trouver le temps de s’y consacrer vu la charge de travail actuelle ?

Grand Oral
Plusieurs intervenants signalent leur inquiétude face au manque d’information. Comment commencer la préparation de cet oral dès cette année ?

Poursuite d’étude
Un collègue se pose la question de la poursuite d’études dans le supérieur. Comment orienter/conseiller les élèves ? Quelles spécialités conserver en Terminale lorsqu’on envisage, par exemple, une classe prépa MPI ? Comment les formations vont pouvoir s’adapter alors que les maquettes de l’université sont établies pour 5 ans ?

APSES
Intervention de Benoit Guyon, président de l’APSES pour apporter un témoignage autour de l’impact de la réforme en Mathématiques sur l’enseignement de la discipline SES. Il témoigne d’une perte de cohérence entre les disciplines. En SES, il y a besoin des Mathématiques. Désormais il y a des classes de spécialité SES, avec et sans Mathématique. Il est signalé une perte de temps à transmettre des outils. L’intervenant évoque les relations, rarement sereines, avec les corps d’inspection.

Rédaction des 3 questions qui seront proposées en question d’actualité.

Question 1 :
Le 10 octobre dernier, les enseignants de la voie technologique, étaient prévenus par mail de leurs IPR qu’un découpage en blocs des programmes avait été fait pour la confection des sujets des E3C. Cela les a mis en difficulté : les progressions étaient déjà arrêtées et déjà bien entamées ! Les premiers E3C peuvent être passés dès le 15 janvier 2020. Pourquoi une information si tardive ?

Question 2 :
Quelle place de la calculatrice dans les E3C au vu du sujet zéro de technologie notamment ?
Si seulement calculatrice collège, qui l’achète ? Quelle motivation pédagogique pour se restreindre à un modèle collège ? Et doit-on continuer à travailler avec la calculatrice lycée au quotidien ?

Question 3 :
Les nouveaux programmes, l’approche des E3C, pour lesquels le manque d’information est critique, nous n’avons à ce jour connaissance d’un seul sujet zéro aussi bien en voie technologique que générale, le manque d’information pour guider les élèves dans leur orientation, l’explosion du groupe classe, les informations qui arrivent au compte-goutte, pas toujours complètes, rien qui ne permette au professeur d’anticiper.
L’inspection générale a-t-elle conscience de la situation d’urgence voire du mal-être dans lesquels se trouvent de nombreux collègues, quelques semaines après la rentrée seulement ?

La commission clôture la réunion de la commission Lycée.

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