A propos de la formation continue des enseignants

Texte de janvier 2010

Rémi DUVERT

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(Document de travail émanant de la Commission formation des enseignants du 23.01.2010 et reprenant les idées développées lors de la réunion aux Journées nationales de Rouen)

A PROPOS DU SERVICE DES ENSEIGNANTS

Ce service comporte au moins quatre temps intimement liés et complémentaires :
- un temps de travail avec des élèves (le seul actuellement pris en compte de manière chiffrée),
- un temps de travail personnel lié directement à ce premier temps (préparations de cours, corrections de copies, etc.),
- un temps de travail en équipes (pédagogique, disciplinaire, interdisciplinaire, etc.),
- un temps de formation professionnelle de l’enseignant (individuel - lecture, écriture, formation à distance -, ou collectif - stages, colloques, séminaires, recherche -).

L’APMEP souhaite ici valoriser les deux derniers points, le travail en équipe étant souvent une composante non négligeable de la formation continue.

LA FORMATION CONTINUE, DES MODALITES VARIEES

Un constat

L’APMEP constate que l’offre en formation continue en mathématiques est faible par rapport aux réels besoins des enseignants. Ces besoins, qu’il ne faut pas confondre avec les demandes, trouvent leurs fondements dans :

  • la nécessaire évolution du métier par :
    - les changements de programmes qui restent souvent non accompagnés,
    - l’évolution des champs disciplinaires (concepts mathématiques à enseigner, interactions nouvelles avec d’autres disciplines, etc.),
    - l’évolution nécessaire de l’enseignement tenant compte des recherches en didactique, en pédagogie, l’évolution des méthodes et outils pédagogiques, etc.,
    - l’adaptation à des publics nouveaux, différents, hétérogènes, etc.,
    - la nécessité d’assurer la continuité des apprentissages entre les différents cycles (école, collège, lycées, université, etc.),
    - la nécessité d’un travail interdisciplinaire, etc.
  • la prise en compte de facteurs personnels comme :
    - les difficultés inhérentes à l’entrée dans le métier pour les débutants,
    - le changement de niveau d’enseignement (passage d’un collège vers un lycée ou l’inverse, du second degré vers le supérieur, etc),
    - la préparation d’un concours, etc.

La diversité des besoins impose une diversité de réponses.

Une demande

L’APMEP demande donc :

  • que la formation continue puisse, selon les cas, s’exercer suivant des calendriers souples :
    - une année sabbatique tous les dix ans,
    - un semestre sabbatique tous les cinq ans,
    - des formations régulières pendant l’année universitaire, etc.
  • que la formation continue puisse porter sur des domaines très variés :
    - mathématiques (ou autre discipline),
    - didactique d’une discipline,
    - histoire,
    - épistémologie,
    - évaluation,
    - pédagogie, etc.
  • que la formation continue puisse s’effectuer selon des modalités ajustées aux besoins
    - stages en « présentiel »,
    - stages comportant une partie de formation à distance et une partie en « présentiel »,
    - recherche,
    - recherche-action,
    - travaux réguliers avec un groupe de collègues,
    - formation individuelle, etc.

DANS LA FORMATION CONTINUE, DES TEMPS OBLIGATOIRES ET RECONNUS

Un constat

L’APMEP constate que l’Etat impose à toute entreprise de plus de dix employés de consacrer plus de 1,6% de leur masse salariale brute à la formation continue (LOI n° 2004-391 du 4 mai 2004relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social) et qu’il considère cette formation continue comme un droit pour tous (Décret n°2007-1470 du 15 octobre 2007 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des fonctionnaires de l’Etat et Décret n° 2007-1942 du 26 décembre 2007 relatif à la formation professionnelle des agents non titulaires de l’Etat et de ses établissements publics et des ouvriers affiliés au régime des pensions résultant du décret n° 2004-1056 du 5 octobre 2004).

L’APMEP constate ainsi que l’Etat accorde une importance capitale au principe de formation tout au long de la vie active de ses employés, qu’ils soient ou non fonctionnaires.

Une demande

L’APMEP demande donc au Ministère de l’Education nationale et au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche de consacrer effectivement 1,6% de leurs masses salariales brutes à la formation continue de leurs fonctionnaires et de leurs contractuels en poste depuis plus d’un an.

L’APMEP constate aussi que tous les enseignants ne bénéficient pas de formation continue, ce que l’évolution de notre société, celle des programmes à tous les niveaux d’enseignement, et la mise en œuvre des nouvelles technologies, nécessitent pourtant.

Elle constate que près des deux tiers des enseignants n’ont bénéficié au cours de leur carrière d’aucune formation continue institutionnelle.

L’APMEP demande donc, à l’instar de ce qui se fait au primaire :
- qu’un minimum de formation continue de cinq journées en moyenne par an (soit trente heures par an environ) soit rendue obligatoire pour l’ensemble des enseignants du secondaire et des universités,
- que le temps de présence avec élèves ou étudiants soit diminué d’une heure hebdomadaire en moyenne par rapport à la situation actuelle, afin que le caractère obligatoire de cette formation continue ne perturbe pas l’organisation de l’enseignement et n’affecte pas l’horaire des élèves ou des étudiants.

LA FORMATION CONTINUE, DES FORMATEURS QUALIFIES

L’APMEP constate qu’il n’existe pas de certification pour les formateurs de l’enseignement secondaire (dont les conseillers pédagogiques).

L’APMEP demande que, sur le modèle de l’école primaire où existent des Professeurs des écoles maitres formateurs - recrutés après épreuves orales et soutenance d’un mémoire -, soient formés et de manière semblable des formateurs qualifiés pour l’enseignement secondaire.

L’APMEP, UN ACTEUR DE FORMATION CONTINUE

L’APMEP est un véritable acteur de formation continue. Cette formation continue s’effectue au travers de l’ensemble de ses activités et de manière plus spécifique par ses Journées nationales annuelles, par des séminaires ou journées de formation organisées par ses Régionales dans les académies, mais aussi par le partage d’articles et la rédaction de ceux-ci. L’APMEP constate que ces formations sont trop rarement inscrites dans les plans de formation.

L’APMEP demande en conséquence que ses Journées nationales annuelles soient inscrites dans les plans de formation de toutes les académies. Elle demande également que les journées de formation organisées localement dans les différentes académies soient inscrites aux plans académiques de formation et que la rédaction d’articles publiés dans ses revues soit reconnue comme éléments de formation continue pour leurs auteurs.

L’APMEP constate que les IREM constituent par excellence un lieu de formation continue en mathématiques.

L’APMEP demande en conséquence que les moyens nécessaires continuent à être alloués aux IREM pour leur permettre de poursuivre et d’augmenter leur volume de formation par la recherche.