Analyse du questionnaire sur les pratiques de formation

autour du CAPES de mathématiques 2015-2017

Le questionnaire a été rempli, au moins partiellement, pour les sites de : Amiens, Caen, Cergy, CFP Sainte Geneviève Paris, Créteil, Limoges, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans, Orsay, Reims, Rouen, Toulouse, Tours, Valenciennes, Vannes, que les collègues concernés en soient remerciés. Parmi les réponses reçues, on note deux M1 en alternance, ainsi qu’un M1 à distance et un M1 conduisant plus spécifiquement au CAFEP. Comme annoncé, les réponses de chaque site ne seront pas communiqués publiquement.
 
L’analyse qui suit s’attache à rendre compte des variations d’effectifs et de pratiques, globales ou locales, d’après les réponses de ces sites.

Partie I : Avant le CAPES de mathématiques

Quels sont les effectifs des dernières années ?

Globalement, les effectifs en M1 augmentent légèrement depuis 2015. Site par site, on note une seule augmentation importante, et pas de diminution notable. L’effectif moyen d’inscrits en M1 (non titulaires d’un master) est de 20 à 25 étudiants, et varie entre 10 et 60.

Dans la majorité des cas, les titulaires de Master sont inscrits en M1, et traités comme tels (stages, UE suivies, etc.), même s’ils ne le valident pas nécessairement. Leur effectif tend à baisser entre 2015 et 2017. Quelques rares sites leur proposent de suivre un DU.

Deux tiers des sites proposent un M2 MEEF de préparation au CAPES spécifique aux titulaires d’un M1, dans lequel sont parfois aussi inscrits les titulaires de master. Le nombre de candidats concernés y est stable mais très faible.

Les effectifs de 2015-2016 n’ayant pas été communiqués dans tous les sites, les chiffres globaux ci-dessous ne sont pas interprétables directement.

Parmi les inscrits en M1, quel est le nombre de reçus la même année au M1 et au CAPES ?

Pour les non-titulaires d’un master, le pourcentage de reçus au M1 et au CAPES la même année est stable depuis 2015, avec 152 (sur 70 % des sites) en 2015, 195 en 2016, 214 en 2017, soit la moitié des inscrits en M1. Il varie de 1 à 30 selon les sites et les années.

Celui des inscrits en M1 reçus au M1 et recalés au CAPES est très faible, variant entre 0 et 5 selon les sites et les années.

Le taux de réussite à la fois au M2 et au CAPES parmi les inscrits en M2 avec préparation au concours est peu élevé, dans des effectifs réduits.

Les chiffres de recalés au M1 (ou au M2 préparant au CAPES) sont difficilement interprétables. Le taux de réussite y est très variable selon l’origine des étudiants (licence de mathématiques, licence MIASHS ou autre, M1 ou master non MEEF, etc.). Les titulaires de master qui y sont inscrits ne cherchent pas nécessairement à le valider. Il apparaît que le taux d’échec en M1 parmi les étudiants issus d’une licence de mathématiques est stable, et peu élevé.

Quelle est la durée des stages prévus ?

En M1, en général, les étudiants sont en stage pendant quatre semaines en observation puis pratique accompagnée. Certains M1 ne comptent que deux semaines de stage.

Pour les sites où un M2 spécifique aux étudiants préparant le CAPES existe, la période de stage varie de 8 jours à 10 semaines, assez souvent 6 semaines à mi-temps.

Les titulaires de Master suivent le plus souvent le régime des M1. Cependant, parmi les sites proposant un DU, certains ne permettent aucun stage.

Est-ce qu’une préparation à l’épreuve « contexte du métier, missions du professeur,... » existe ?

Une forme de préparation existe dans tous les sites. L’horaire varie entre 20 et 70h.

Dans la majorité des sites, la préparation n’est pas spécifique à l’oral 2. Les thèmes sont en général traités dans le tronc commun du M1 MEEF, sans préparer réellement à l’épreuve de l’oral 2 du CAPES.

Dans quelques sites, une préparation spécifique est incluse dans celle de l’oral 2, sous forme de questions reprises de rapports de jurys, suivies de discussions, très proche de l’épreuve réelle.

L’option informatique au CAPES de mathématiques est-elle préparée ? Si oui, combien d’étudiants  ? Sinon, pourquoi ? Quel est le parcours universitaire et éventuellement professionnel des étudiants ayant choisi l’option informatique ?

L’option est effective dans moins de 5 sites, même si elle est « proposée » dans une majorité. Un seul site compte plus de 5 étudiants à la fois sur 2016-2017 et 2017-2018.

Dans les autres sites, le manque de demandes est évoqué à égalité avec le manque de moyens financiers, en tout cas en dessous des quotas (5 à 10) exigés pour une ouverture. Les candidats s’inscrivent alors en option math.

Il apparaît clairement à la lecture des réponses que le lien avec un L3 math-info est primordial pour assurer un flux non nul de candidats intéressés. Les autres candidats potentiels sont des ingénieurs en reconversion.

Partie II : Après le CAPES de mathématiques

Quels sont les effectifs de stagiaires des dernières années ?

Le nombre total de stagiaires par site est en moyenne de 45, identique sur les trois années, mais varie de 15 à 100 selon les sites.

Globalement, les effectifs sont assez stables en M2 depuis 2015-16, passant de 230 à 299 puis 281 (avec deux réponses en moins pour 2015-2016). Site par site, on note des diminutions légères, et une seule augmentation importante.

Les effectifs de stagiaires titulaires de master ont augmenté site par site entre 2015-2016 et 2016-2017 puis diminué cette année. Ils sont passés globalement de 258 à 238 entre 2016-2017 et 2017-2018 (trop peu de réponses pour 2015-2016 pour les comparer globalement). Ils sont plus élevés que les effectifs de M2 dans la moitié des sites.

Quels sont les effectifs de non titularisations et démissions des dernières années ?

Les chiffres analysés plus hauts ne font apparaître que de faibles variations d’effectifs. A l’inverse, le nombre de non titularisés en première année a été multiplié par trois en un an, ce qui ne peut s’expliquer par de simples variations dans les populations d’étudiants des dix sites qui ont répondu à cette question de façon détaillée.  

 

 

Qui plus est, à ces chiffres détaillés selon le statut des stagiaires, s’ajoutent les chiffres d’autres sites qui comptent également une augmentation importante de non titularisations, sans détail de statut. On rapporte aussi un nombre important de démissions de stagiaires déjà effectives pendant l’année 2017-2018.

Quelle formation est proposée (pendant le mi-temps réglementaire) aux titulaires d’un master non MEEF et reçus au CAPES ?

Dans la plupart des sites, les titulaires d’un master suivent globalement la même formation que les stagiaires en M2. Dans quelques sites, l’écrit réflexif est supprimé ou allégé, ou moins d’UE sont à valider (jusqu’à 50 % du total). Dans pratiquement tous les sites, le traitement est le même quel que soit la formation d’origine des stagiaires déjà titulaires d’un diplôme à Bac+5, qu’ils soient issus d’un master MEEF ou de toute autre formation. Le manque de moyens financiers est mis en avant pour expliquer le manque de cursus spécifiques aux différents publics.

La vision déformée du concours et du métier par les candidats potentiels titulaires d’un diplôme à Bac+5 (au niveau de mathématiques souvent très limité) est soulignée par les responsables de M1. Le niveau de mathématiques requis pour le concours et pour enseigner est sous-estimé, avec l’idée répandue que « savoir faire les exercices de lycée » suffit. Les responsables de M2 soulignent que la charge des stagiaires se révèle particulièrement lourde pour les chargés de famille. Le contenu réel du métier est méconnu (préparation, assiduité, horaires, etc.), et le temps à y consacrer (en plus des heures de cours) très largement sous-estimé.

Quels dispositifs spécifiques d’aide aux stagiaires en difficulté sont-ils proposés ?

Peu de dispositifs d’accompagnement renforcé systématiques existent. Dans la pratique, si le stagiaire fait part de ses difficultés, on augmente le nombre d’entretiens avec le tuteur et de visites du tuteur ESPE. Des visites dans d’autres classes sont mises en place. L’IPR est contacté ensuite si les problèmes persistent, pour d’autres conseils et discussions. Quelques dispositifs existent sous forme de protocole signé, incluant par exemple des règles de vie de classe visées par les parents.

Les problèmes rencontrés sont en général désignés comme relatifs à la « gestion de la classe », ce qui recouvre des problématiques diverses, induisant finalement une incapacité à tenir la progression prévue sur chaque séance tout en prenant en compte l’individualité des élèves. Des problèmes de « conception des séances » sont aussi relevés, révélateurs d’un manque de maîtrise du contenu disciplinaire à enseigner, et augmentant les problèmes de gestion de la classe. Ces problèmes peuvent faire l’objet de l’écrit réflexif de M2, ou d’une aide à la préparation des cours. Certains rectorats proposent des journées de formation à la gestion de la classe, certaines ESPE un module « geste et voix », une analyse vidéo des cours, etc.

 

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Commission Formation des enseignants et enseignement supérieur APMEP