Entrevue au ministère de l’Éducation nationale rencontre du 28 août 2012

L’APMEP a été reçue le 28 août 2012 par deux conseillers techniques (Jean-Yves DANIEL et Jean-Marie PANAZOL) du ministre de l’ Éducation nationale.

Éric BARBAZO (président), Emmanuelle LAFONT (vice-présidente) et Bernard EGGER (chargé de mission enseignement supérieur) ont constitué la délégation.

La rencontre a été assez brève (un peu plus d’une heure) mais les échanges ont été cordiaux et francs. Nos interlocuteurs avaient visiblement pris connaissance des documents que nous avions envoyés (texte d’orientation et propositions et revendications de l’APMEP). Ils nous ont laissé parler, en posant régulièrement des questions. Peu de réponses précises toutefois ont été formulées par eux en retour.

Après une brève présentation de l’APMEP, tant sur le plan historique que sur celui de sa représentativité, nous avons abordé tous les niveaux d’enseignement.

Concours et formations initiale et continue

Après avoir échangé sur les difficultés de recrutement qui se sont révélées, cette année encore, aux différents concours, nous avons indiqué notre vive inquiétude concernant la formation initiale des enseignants. Nous avons demandé, pour les lauréats des concours, qu’un stage en responsabilité avec une décharge horaire conséquente et une vraie formation pédagogique soient réinstaurés dès la rentrée 2013.

Les conseillers semblaient convaincus du constat d’échec de la réforme de la mastérisation. Un projet d’emplois d’avenir nous a été présenté comme une solution qui favoriserait les vocations.

Pré-recruter des enseignants au niveau L2 avec un mode de financement de leurs études paraît être un projet intéressant. Nous l’avons dit. Certains points du projet nous paraissent toutefois contestables comme celui qui consiste à pré-recruter sur contrats de droit privé, celui de la lourdeur de la tâche pour les étudiants (nombre d’heures trop important) et du manque de précisions autour des activités pédagogiques à faire.

L’un des conseillers nous a demandé ce qu’il faudrait faire des collés au concours s’ils étaient en contrat de droit public. Nous avons répondu, que dans le passé, les IPES recrutaient sur droit public et que la question des collés aux concours ne devait pas être liée à la nature des contrats de recrutement. Les études pourraient être remboursées en cas de refus d’enseigner un nombre minimum d’années pour l’éducation nationale.

Nous avons également rappelé notre vive inquiétude sur la quasi-disparition de la formation continue et sur les très grandes disparités entre académies concernant cette formation. Nous avons rappelé notre demande de création d’un Institut national de formation qui cadrerait sur le plan national les exigences et les grandes lignes de ce que devrait être la formation continue des professeurs. Cet Institut s’appuierait sur un réseau académique, à l’image des IREM que nos interlocuteurs connaissaient bien.

Les conseillers ont immédiatement opposé au caractère national de cet institut l’autonomie des universités qui ne devrait pas être remise en cause par le nouveau ministre. Nous avons souligné l’incohérence qu’il y a entre une volonté de garantir un fonctionnement national et une autonomie des universités qui n’accepteraient pas de recevoir des directives ministérielles. Nous avons rappelé, que lors de notre séminaire sur la formation continue, la DGESCO était incapable de donner une vue cohérente de la formation continue sur le plan national et que les académies avaient des politiques et des fonctionnements très différents.

Il nous a été rappelé que la formation était une priorité du ministre.

 

École

Nous avons soulevé les difficultés liées aux nouveaux programmes de 2008 et au manque de documents ressources pour le primaire.

Monsieur Panazol a été demandeur de précisions concernant les différentes manières et approches d’enseigner les mathématiques en maternelle et au primaire. Il souhaite que nous lui apportions davantage de précisions sur cette question. Nous lui avons répondu que nous étions disponibles sur cette question comme sur les autres pour apporter nos propositions.

Nous avons également demandé qu’il y ait une réflexion engagée sur une continuité pour le socle entre l’école primaire et le collège.

 

Collège

Nous avons dénoncé à nouveau les conditions très difficiles pour les collègues, toujours coincés entre les questions d’évaluation par compétences et évaluation chiffrée. Nous avons rappelé que nous n’étions pas opposés à l’évaluation par compétences mais que les conditions soient clarifiées et surtout simplifiées.

La question du socle a aussi été abordée. Les conditions d’enseignement deviennent de plus en plus complexes et difficiles. Nous avons demandé qu’une clarification soit rapidement faite sur le rôle du socle, dans la formation au collège, par rapport au DNB et à l’orientation à l’issue de la classe de troisième.

Nous avons dénoncé les disparités entre établissements à cause des fourchettes d’heures et rappelé que quatre heures de mathématiques au collège, indépendamment de tout projet interdisciplinaire sur des heures spécifiques, étaient indispensables.

 

LEGT et LP

Nous avons démontré à nos interlocuteurs que la réforme du lycée s’avérait très inégale selon les établissements. Nous leur avons donné les résultats de l’enquête que nous avons menée en Seconde et Première S.

Nous avons demandé que les heures de dédoublement soient fléchées ainsi que les heures d’accompagnement personnalisé. Nous avons alerté sur l’autonomie des lycées qui est surtout une autonomie du chef d’établissement. Nous avons indiqué notre vive inquiétude sur les disparités relevées de plus en plus fréquemment entre lycées. Il nous a été demandé si une autonomie des lycées avec contrôle serait envisageable. Nous avons répondu que, pour le moment, aucune proposition de contrôle n’a été faite alors que l’autonomie des établissements se fait de plus en plus précise. L’exemple de la LRU nous inquiète beaucoup car les moyens de contrôle nationaux sont inexistants pour l’université. Quels seront-ils pour les lycées ? Nous souhaitons garder des horaires nationaux clairement fléchés.

Nous avons affirmé que le rééquilibrage des filières est un échec flagrant. Nos interlocuteurs ne nous ont pas contredits sur ce point. Nous avons renouvelé notre demande de réinstaurer des mathématiques aux élèves littéraires afin que tout élève français ait accès à une culture mathématique obligatoire.

Pour le lycée professionnel, les heures globalisées (en AP ou en EGLS) et non fléchées sont également une source de disparité entre établissements.

Il est également nécessaire de revenir à un horaire par année et non un horaire globalisé sur les trois années d’enseignement.

 

Post bac

Les programmes des classes préparatoires vont être modifiés. Nous avons demandé que l’APMEP soit, comme d’autres associations de spécialistes (APHEC, UPS) partie prenante de la réflexion et de l’élaboration des nouveaux programmes. Nous avons, semble-t-il, été entendus.

 

Sur un plan général

Nous avons insisté sur les modalités d’écriture des nouveaux programmes à tous les niveaux. Un de nos interlocuteurs a demandé de lui fournir des idées sur cette question car le Ministre a la volonté de modifier les procédures d’élaboration des nouveaux programmes. Un document a été envoyé dans le cadre de la consultation nationale.

Nous avons indiqué aux deux conseillers que l’APMEP allait participer à la grande concertation sur l’école, même si nous sommes sceptiques sur l’efficacité de ce style de consultation.

 

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