Editorial du BGV n° 192

Chroniques de l’APMEP

EGGER Bernard

- 14 février 2017 -

Certains débuts d’année sont un peu plus moroses que d’autres. Ce mois de janvier 2017 en fait partie. Notre association se fragilise. En cause le petit nombre de candidats pour entrer au comité. Nous sommes actuellement bien loin de combler les places laissées vacantes par ceux qui ont fini leur mandat.

Singulièrement, le fonctionnement très démocratique de l’APMEP avec obligation d’au moins une année d’interruption comme élu du comité national, fonctionnement qui, de fait, limite les mandats à quatre ans, aussi bien pour les membres du comité que pour ceux du bureau national et évidemment du président, conduit maintenant à des effets pervers et nuit à la démocratie dans notre association.

Il y a déjà un certain temps que le nombre de candidats à des responsabilités nationales est au mieux égal et souvent inférieur au nombre de postes à pourvoir. Certes, nous faisons encore des élections, mais pour le principe, parce que cela fait partie de nos statuts…Tous ceux qui se présentent sont élus. Le comité national se rétrécit. Sur 56 membres théoriques, il n’y en a pas autant qui sont élus et encore moins qui sont présents. Des décisions importantes qui engagent l’avenir de l’APMEP sont prises par trop peu de personnes.

On peut penser que ceux qui sont là sont les plus motivés, puisqu’ils acceptent de venir quelques week-ends à Paris pour parler de leur métier, pour échanger sur leurs pratiques, pour imaginer d’autres perspectives pour l’école, mais à mon sens, ils sont trop peu nombreux.

Le bureau est une émanation des membres du comité. Ses tâches sont nombreuses et il est difficile d’en réduire la taille.
Même si l’on prend en compte que certains de ses membres acceptent de cumuler les responsabilités, il faut savoir qu’aux incontournables rôles (président, vice-président, trésorier, secrétaire) s’ajoutent toutes les interfaces avec les grands domaines qui concernent les mathématiques : le premier degré, le collège, le lycée général, le lycée professionnel, l’enseignement supérieur, la formation des maîtres, mais aussi les contacts avec les autres associations, avec les régionales… Dès lors, en pratique, un bureau national, c’est environ une dizaine de membres.

Si le comité se rétrécit, outre qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des volontaires pour participer au bureau (puisque cette charge signifie en particulier environ une dizaine de week-ends de travail à Paris par an), il y a surtout de moins en moins de membres du comité qui ne sont pas au bureau. L’écart entre le législatif et l’exécutif s’amoindrit.

Au bout de ma quatrième année de président, poste qui ne m’a pas été contesté, non du fait de mes exceptionnelles qualités qui auraient justifié ma reconduction à chaque printemps, mais sans aucun doute par le fait que les tâches d’un président sont évidemment encore plus lourdes que celles des autres membres du bureau (surtout en termes de représentation), je laisserai ma place à un autre volontaire. Le seul problème est qu’à quelques mois de la fin de mon mandat, il n’y a pas de volontaire. À l’APMEP, nul besoin de primaire. Comme tous mes prédécesseurs, j’ai essayé de faire ce que j’ai pu. J’ai tenté d’impulser des projets, de continuer à faire de notre association un acteur incontournable… Tout n’a pas réussi comme je le souhaitais il y a bientôt quatre ans. Je pensais en particulier pouvoir être plus présent que je ne l’ai été. Mais l’APMEP, attachée à son indépendance, n’a jamais voulu de décharges pour ses cadres, contrairement aux syndicats. Il est difficile de dire si en les demandant nous en aurions obtenu mais, de fait, aucune démarche n’a été entreprise dans ce sens. Conjugué avec l’obligation pour un élu d’être en activité, cela rend difficile un investissement aussi conséquent qu’il serait souhaitable de l’avoir pour la bonne marche de l’association.
En même temps, quelques mois après des journées nationales aussi réussies que celles organisées par nos amis lyonnais, comment ne pas avoir envie que notre association garde toute sa place ? Beaucoup d’indicateurs montrent que la fréquentation de notre site va bien au-delà de nos simples adhérents. L’APMEP fait pleinement partie du paysage de l’enseignement des mathématiques en France.

L’APMEP n’est ni un syndicat, ni un parti politique, elle ne veut pas se réduire à une association corporatiste.
Elle est façonnée par les opinions parfois contradictoires de ses adhérents, par leurs visions de l’école souvent éloignées, par leurs analyses bien différentes de ce qu’il faudrait faire. Cette diversité est à l’oeuvre dans les régionales aussi bien qu’au comité ou au bureau national. C’est une richesse irremplaçable. Mais si l’on veut qu’elle soit encore d’actualité dans les années à venir, il faut que les rouages qui permettent un bon fonctionnement de l’association retrouvent de l’efficacité.

C’est dans ce sens que j’ai proposé au bureau de supprimer l’interruption d’un an avant de se représenter au comité. Cette mesure, si elle est adoptée par les adhérents, ne sera en vigueur que l’an prochain. Elle ne concernera donc pas une bonne partie des membres actuels du bureau puisque, comme moi, ils ont fini leurs mandats de quatre ans.

Peut-être faut-il aller plus loin et envisager de demander des décharges de service pour certains responsables nationaux de façon d’une part à attirer un peu plus de candidats et d’autre part de donner à ceux qui s’impliquent fortement dans le fonctionnement de l’APMEP les moyens de remplir les missions qu’ils ont acceptées ?

Il y a des toilettages à faire dans nos statuts, dans notre règlement intérieur. Je ne sais pas si ceux que nous envisageons seront suffisants.

Il y a aussi des changements à apporter dans nos moyens de communication. Notre site a évolué et il est certain qu’il devra aller encore plus loin ; nous avons créé des outils indispensables de ventes ou d’adhésions en ligne ; notre bulletin interne, le fameux BGV, devient numérique dès maintenant ; nous réfléchissons à la mise en place d’un seul périodique sur papier dont il reste à définir clairement le format, les objectifs et les contenus.

Ces changements ne vont pas sans quelques grincements de dents, mais ils sont importants. Ils doivent nous permettre de retrouver l’image actuellement un peu écornée d’une association attirante, d’une association qui avance.

Pour l’heure, en ce début d’année, notre fonctionnement est inchangé. Au moment où vous lirez cet éditorial, il sera encore temps de vous dire qu’un petit investissement peut permettre à votre association, à cette maison commune qui est la nôtre, d’aller encore de l’avant.

Je suis persuadé que l’APMEP, vieille dame plus que centenaire, a encore beaucoup de choses à apporter à l’école et à ses acteurs, ne serait-ce que pour les aider à anticiper, à préparer les transformations qui arrivent. Pour cela, nous avons besoin de vous. Cette année, les candidatures au comité sont libres. Alors n’hésitez pas.

J’ajouterai donc aux voeux que je vous adresse de réussite personnelle et professionnelle, des remerciements anticipés pour votre future collaboration.

Bernard Egger