Restructurations et rumeurs d’intégration au CNRS : l’autonomie de la recherche menacée
Un risque de bureaucratisation et d’assèchement des crédits récurrents pour nos laboratoires de mathématiques.
Le climat autour de la recherche fondamentale et des organismes de tutelle est particulièrement lourd cet été. Les débats budgétaires et les missions de rationalisation de l’État (« État Efficace ») ont remis au premier plan les projets de restructuration globale des Établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST).
Ce qui fait débat : Les discussions autour de l’incorporation d’autres instituts au sein du CNRS (à l’image des réflexions entourant l’IRD ou l’Ined) alimentent les craintes d’une méga-structure centralisée. Parallèlement, la réorganisation interne des instituts du CNRS suscite de vives inquiétudes syndicales et académiques quant aux réorientations budgétaires de la recherche.
L’inquiétude pour les mathématiques : Pour les enseignants-chercheurs et les enseignants du supérieur, la perspective d’un CNRS hyper-centralisé fait craindre un étouffement de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI). En mathématiques, la recherche s’appuie massivement sur des Unités Mixtes de Recherche (UMR) locales et du temps d’enseignement aménagé. Une recentralisation administrative ou un ciblage exclusif des budgets vers des priorités industrielles immédiates risquent de pénaliser la recherche fondamentale « sur papier-crayon », indispensable à la discipline et à l’attractivité des carrières universitaires.
