A l’impossible, nul n’est tenu !

- 9 octobre 2020 -

 

Après avoir attendu, en vain, tout l’été des instructions permettant à chacun de préparer une rentrée sereine, il a fallu faire face aux inquiétudes des élèves et des familles, et reprendre les cours dans des conditions difficiles : nouveaux programmes à préparer, attention particulière à porter aux élèves fragilisés par les mois de confinement. Après avoir espéré des aménagements : quelques dédoublements, des classes à 24 au lieu de 35, ou bien des allègements de programmes ... nous avons dû nous résoudre à faire ce que l’on peut avec les moyens attribués (depuis janvier).

Et maintenant, il s’agit de terminer 80% du programme de terminale mi-mars pour que nos élèves passent les épreuves finales.

Ce sont bien les élèves que l’on prive de temps dans une période où ils en ont le plus besoin, eux encore que l’on force à intégrer un programme ambitieux en quelques semaines, nos élèves enfin qui feront les frais de ces incohérences. Mettre les enseignants et les élèves dans une situation impossible ne peut que construire l’école de la défiance, de l’incompréhension et du mépris. Nous construisons patiemment chaque jour la confiance, le plaisir d’apprendre et de s’enrichir avec nos élèves ; un lien indispensable pour progresser selon les rythmes de chacun et en faire des citoyens éclairés. Aujourd’hui il nous faudrait avancer dans le programme, quoi qu’il en coûte, sous prétexte d’une date d’examen absurde !

Chacun se trouve donc devant un choix : traiter le programme intégralement à toute vitesse avant mi-mars quel que soit le prix payé par les élèves ou bien s’adapter, les accompagner au mieux jusqu’en juin pour qu’ils aient acquis le maximum de notions du programme pour leurs études futures.

La priorité doit être la cohérence entre les objectifs et les moyens pour y parvenir. Même avec un examen final en mai, il ne sera pas facile de préparer correctement tous nos élèves de terminale, mais au moins ce serait plus réaliste quant à la charge d’apprentissages à construire.

Bureau national de l’APMEP – octobre 2020