Compte rendu de la demi-journée du 8 mars 2017

Cette première demi-journée s’est déroulée dans nos locaux sur le site de la faculté Saint-Charles.

Les différentes interventions sur le thème de l’évaluation dans le primaire et au collège, ont été faites par Patricia GONCALVES, Agnès GATEAU et Magali FAUCHON.

Concernant l’évaluation par compétences en mathématiques, on trouvera aussi des informations intéressantes sur le site de l’académie d’Orléans-Tours

Magali FAUCHON (IA-IPR) : Evaluer pour apprendre
Ce qui est nouveau cette année, le LSU (livret scolaire unique).

Le LSU est un outil national qui permet de dresser le bilan des acquis des élèves, il véhicule des messages. C’est la première fois qu’un tel outil se met en place. Il contient tout : les bilans de fin de cycle 2, 3 et 4, les bulletins, les compétences, les résultats des EPI, les parcours…, l’assiduité, des informations de la vie scolaire…

Habituellement les bilans périodiques s’effaçaient d’une année sur l’autre. On veut les garder dans un unique dossier qui va rester pour l’élève. Il y a un enjeu sur l’attribution du brevet et aussi sur l’affectation en lycée professionnel.Il va y avoir une bascule entre les bilans périodiques remplis par les enseignants et le LSU (cette bascule se fera sur Pronote pour les établissements qui l’utilisent). Cette année il est obligatoire de remplir les élèments qui vont le constituer dès le 2 trimestre. Objectif du LSU = faire progresser les élèves. Le LSU va jouer un rôle central, il pose des questions qui vont amorcer une réflexion sur l’évaluation. Mais ce n’est qu’un outil, on note ce qui a été fait mais on n’est pas obligé de noter tout ce qu’on a fait. Le cahier de texte peut avoir une valeur juridique en cas de contestation (des parents par exemple), le LSU non. On fait un choix des éléments travaillés, on n’en cite que quelques uns. Il sert plus à amorcer des discussions avec les familles et l’équipe pédagogique qu’à être exhaustif.

- Le contenu

Ce qui est nouveau c’est l’ajout de deux nouvelles colonnes.

La première colonne : « principaux élèments du programme travaillés durant la période », c’est pour les parents, il faut que ce soit lisible pas forcément exhaustif. Noter trois ou quatre attendus de fin de cycle ou notions du programme . On ne met pas là les compétences de mathématiques « raisonner, rechercher… », on le fait dans nos cours, mais on ne les marque pas là.

La seconde colonne : « acquisitions, progrès et difficultés éventuelles ». On veut améliorer la rédaction des appréciations, signaler plus précisément les progrès ou les difficultés en lien avec les principaux élèments du programme travaillés durant la période et en donnant des exemples : « a progressé en géométrie, doit encore faire des efforts en calcul mental…. ». Donner des conseils plus précis, « travailler plus méthodiquement, par exemple en préparant des fiches pour mieux mémoriser ta leçon… »

-  Les enjeux Qu’apprend-on sur l’élève ? Y a t-il un conseil explicite ? Un encouragement ? Quelles informations, quel conseil clair donner aux familles ?

- Des exemples Habituellement, les appréciations ne donnent que peu d’informations, elles sont très générales. « bons résultats », « ensemble insuffisant », « doit améliorer ses méthodes » …

On veut des appréciations qui informent sur les compétences, comme celles des colonnes du LSU « tu as bien compris les supports étudiés en classe » , « des progrès dans l’apprentissage du lexique : tu as bien su l’utiliser et le réinvestir lors du travail sur…. ». Donner aux familles des informations, des conseils clairs, concrets.

Les bulletins du LSU se rapprochent un peu des bulletins de l’enseignement Freinet.

Un contre exemple et un exemple de bulletin LSU

Contre exemple :

On tend à l’exhaustivité dans la colonne des éléments travaillés, ce qui est illisible. On veut éviter. Ne pas tout citer, être synthétique et clair.

Un exemple :

Trois ou quatre points par matière (calcul littéral, ….comparer,…. résoudre des problèmes….). Et sur le bulletin, les quatre colonnes à droite « maîtrise insuffisante, maîtrise fragile…. » . Environ deux pages au total. Il faut rester court et synthétique.

Bilan de fin de cycle 3 et fin de cycle 4

L’évaluation se fait sur la maîtrise des 8 composantes (domaine) du socle commun de connaissances et compétences et de culture (maîtrise insuffisante, fragile…)

Il y en a deux transversales (tous les profs évaluent D2 et D3) les autres sont disciplinaires.

Pour D2 et D3 on va devoir s’entendre entre professeurs en fin d’année. Il y a de nombreux documents sur Eduscol. On essaye d’uniformiser pour savoir ce que devra savoir faire l’élève pour avoir le niveau 2 ; le niveau 3 ou le niveau 4 (expert). Voir le document sur Eduscol (60 pages env .pour les maths) ce document donne des exemples de situations pour évaluer et attribuer les niveaux.

Pour le DNB les compétences seront transformées en points pour le contrôle continu.

Questions

La question du délai (donné par l’institution) pour la mise en oeuvre ?

Pas de délai, c’est cette année, on remplit le LSU.

Quelle forme du bulletin ?

C’est un sujet à aborder dans chaque collège en conseil pédagogique par exemple. On veut un bulletin le plus synthétique possible, court.

La moyenne chiffrée ?

Sur le choix de la note, c’est un choix de l’établissement, une note ou un positionnement. On n’impose pas le positionnement, on peut garder les notes. Pour certains parents, c’est important, pour l’instant on leur laisse.

Si certains prof poursuivent avec les notes et d’autres non, au sein d’une même équipe pédagogique, c’est la note qui gagne, Les profs qui évaluent avec compétence les transforment en note.

On peut aussi envisager de mettre la note dans l’appréciation. Et le positionnement dans les colonnes.

Divers

Les enseignants vont remplir le bulletin sous Pronote (ou autre système Educh’orus…) et il va y avoir un transfert vers le LSU. Pronote est en train d’évoluer pour répondre au cahier des charges. L’enseignant ne remplit que le bulletin. Il n’est pas utile de transmettre un bulletin des compétences à la famille, c’est un document d’expert pas toujours lisible pour une famille.

C’est le chef d’établissement qui fera la bascule. Périodiquement.

Les parents auront accès en ligne au LSU (chaque trimestre) à travers Pronote et les enseignants devraient également pouvoir le consulter. Ne pas remplir les EPI ou les parcours ne sera pas bloquant cette anné. Par la suite ça pourra l’être.

Ne pas tomber dans le piège des micro compétences. Il faut regarder les ressources sur éduscol. EV16….. Les documents ressources ne sont pas dans ce découpage. Arrêter la multitude de croix, c’est inutile.

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Patricia GONCALVES : Des pistes de réflexions inspirées du colloque international de Novembre 2016 à Créteil

3 axes lors de ce colloque :

- Inspiré d’un sujet de recherche NeoPraEval (Brigitte Grugeon Allys, Eric Roditi et Nathalie Sayac)

Axe 1 : Les différents dispositifs d’évaluation et leurs apports.

Axe 2 : L’étude de la validité des dispositifs d’évaluation et leur contenu.

Axe 3:L’analyse des pratiques d’évaluation en classe.

Points forts et problématiques :

- Concept « complexe »

- Lien fort entre évaluation et construction des apprentissages :

- Entrée dans l’évaluation par la didactique des mathématiques : des outils pour prendre du recul par rapport à nos pratiques.

- Des chercheurs dans d’autres champs

Evaluer : une définition

- Une définition de DE KETELE en 1989 :

« L’évaluation est le processus qui consiste à recueillir un ensemble d’informations pertinentes, valides et fiables, puis à examiner le degré d ’adéquation entre cet ensemble d’informations et un ensemble de critères choisis adéquatement en vue de fonder la prise de décision »

Evaluer : quelles décisions ?

- Notions acquises ?

- Niveau de maîtrise ?

- Peut-on aller de l’avant ?

- Quelles sont les difficultés ?

- Tel élève sera -t-il apte à tirer profit de orientation conseillée ?

- Certifier une compétence ?

Evaluer : pourquoi ?

- Injonction institutionnelle

–conseils de classe, passage en classe supérieure

–orientation

–examens ou concours

- Pour réguler les apprentissages.

- Pour dialoguer avec les autres acteurs (professeurs, parents, élèves)

Différentes formes d’évaluations :

- Différents types d’évaluations :

- Diagnostique : représentation initiale des élèves, anticiper les obstacles dans l’apprentissage

- formative et formatrice : on observe l’état d ’avancement de l’acquisition des connaissances et compétences : l’élève doit le savoir.

- sommative et certificative.

Evaluer quoi ?

- Des savoirs

- Des savoirs faire.

- Des capacités ou des compétences.

- Des comportements.

- Des progrès et pas seulement où en l’élève : comment le mesurer ?

Evaluer comment ?

On peut évaluer sans mettre de note.

- Evaluer des interactions en classe :

- Sur la participation.

- Sur la compréhension.

- Sur l’investissement.

- Evaluation par compétences.

- EPCC ( conférence de M Antibi)

- Auto-évaluation.

L’évaluation d’une maitrise d’une capacité par les élèves ne peut pas se limiter à la seule vérification de son fonctionnement dans des exercices techniques. Il faut aussi s’assurer que les élèves sont capables de mobiliser d’eux-mêmes, en même temps que d’autres capacités, dans des situations où leur usage n’est pas explicitement sollicité dans la question posée.

De quelle manière évaluer ainsi ?

- Les taches complexes.

- Des problèmes plus ouverts avec prise d’initiatives.

- Les travaux de groupe.

- Le débat scientifique en classe.

Evaluer qui ?

- Le professeur, le plus souvent.

- Dans l’évaluation formative, engager les élèves à être des ressources les uns pour les autres ( travaux de Black & William) :

- auto-évaluation : pour comprendre ; réfléchir à ses apprentissages en tant qu’apprenant.

- entre pairs : pour comprendre et partager.

Une expérimentation

Une expérimentation menée dans l’académie d’ Orléans Tours :

« Une évaluation formative par compétences au service des apprentissages et permettant une meilleure préparation aux évaluations sommatives chiffrées »

Conclusion

- Enseignement ; apprentissage ; évaluation ; orientation sont indissociables.

- Un concept qui mérite vraiment une réflexion collective en équipe dans les établissements.

- Les pratiques d’enseignements et les formes d’évaluations sont étroitement liées. Avec la réforme des collèges, l’évaluation est, elle aussi en changements.

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Cliquer ici pour accéder aux vidéos du colloque « Evaluation en mathématiques »

Agnès GATEAU (Membre de la commission 1er degré à l’APMEP) : une expérience d’abandon de la note chiffrée dans le premier degré

Mme Agnès GATEAU nous a parlé de son expérience dans son école primaire où la note a été abandonnée.

Témoignage de Mme GATEAU

Dans le premier degré, les élèves préfèrent les mathématiques.

L’évaluation PISA n’est pas travaillée en France contrairement à certains pays. D’autres items sont travaillés à la place.

Suite à de mauvais résultats aux évaluations nationales, du bachotage sur les items proposés a été fait pour remonter dans les évaluations nationales dans le but de répondre aux injonctions.

L’injonction d’abandonner les notes s’est traduite par des évaluations à l’aide de couleurs, de smiley, de ceintures de couleurs différentes.

Cela s’est également traduit par une augmentation de la communication (recevoir les parents à chaque fin de trimestre, expliquer si l’élève est en réussite ou en échec ou si il a besoin d’une remédiation).

Suite à l’arrêt des notes, les élèves acceptent l’échec et la mise en commun.
La note est considérée par l’élève comme une sanction négative.

Tout le travail est fait en classe, les élèves n’ont pas de devoir à la maison. Par exemple, les poésies, les tables de multiplication sont apprises en classe.

Préparer une nouvelle notion en amont est plus efficace que de faire de la remédiation.

Le regard du professeur des écoles est différent du regard des professeurs du second degré. Le professeur des écoles a une vision globale de l’élève.
Il a été constaté que le bulletin de l’élève en sixième est à l’image de celui de l’école.

Les collèges du secteur font de même, et abandonnent la note.

A l’école maternelle, des suivi-progrés sont réalisés. Chaque équipe construit son cahier de suivi avec des traces du travail de l’élève pour voir l’évolution du travail.

Expérimentation

En fin de cahier, le cahier journal permet aux élèves de noter ce qu’ils ont appris (narration de la tâche, différence entre ce qui a été fait et appris). Le cahier journal est le « regard » de l’élève sur les notions abordées en classe.

La pédagogie de projet permet à chaque élève de trouver sa place.

Le cycle 3 permet alignement entre l’école et le collège.
La liaison CM2 – 6ème est un outil passerelle. Certains items sont déjà acquis en CM2.
Les professeurs des écoles sont des généralistes tandis que les professeurs du secondaire sont des spécialistes disciplinaires. Ils n’ont donc pas le même regard sur l’élève (globalisant, pour le premier et disciplinaire pour l’autre) et ils ont des connaissances épistémologiques différentes.

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