Congrès de l’Union des Mathématiciens Africains

Cote d’Ivoire, 3 au 8 août 2009

Le congrès de l’U.M.A. s’est déroulé du 3 au 8 août 2009 à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. L’A.P.M.E.P. y était invitée et j’ai donc représenté l’association, mandaté par le bureau national. Le congrès de l’U.M.A.rassemble, tous les quatre ans, les plus grands chercheurs mathématiques de toute l’Afrique, des pays du Maghreb à l’Afrique du Sud. Il est l’occasion pour un grand nombre de mathématiciens venus du monde entier, d’échanger, de se rencontrer, et également d’élire le président de l’U.M.A. Cette année, Saliou Touré, éminent professeur, président de l’université internationale de Grand Bassam, ancien ministre de l’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire, prend en charge l’union pour les quatre années à venir.

Durant cinq jours, le congrès a été fort intéressant et a proposé des conférences plénières très diversifiées, ainsi que des exposés oraux aux contenus variés, en mathématiques pures, appliquées ou liés à l’éducation. La conférence inaugurale, réalisée par le professeur Hodgson, professeur à la Faculté des Sciences et de Génie, Université de Laval au Québec, représentant la C. I. E. M., a présenté l’histoire de la conférence internationale créée en 1908, et de ses nombreux domaines d’action. Une conférence du professeur Kuku, professeur à l’université de Trieste en Italie, a montré la diversité de la recherche africaine, ses atouts, ses difficultés, sans dissimuler, dans un exposé très apprécié, les richesses naturelles de la Côte d’Ivoire et les difficultés de redistribution que rencontrent l’ensemble du pays en général et sa recherche scientifique en particulier. L’histoire des mathématiques n’a pas été oubliée. Dans une conférence dont il a seul le secret, Hamed Djebbar, professeur à l’Université des Sciences et des Technologies de Lille, nous a régalés de mathématiques arabes entre les VIe et XVe siècle. Son exposé a conquis le public. Enfin le professeur Michel Valdschmidt, de l’Institut de Mathématiques de Jussieu, nous a présenté un exposé très intéressant concernant les problèmes ouverts en arithmétique. J’ai pu également assister dans les séances parallèles, à de passionnants exposés de modélisation mathématique. Il a été en particulier question de la modélisation du développement de la tuberculose qui connaît dans de nombreux pays africains une forte recrudescence ainsi que la transmission du paludisme.

Invitée au congrès, l’A.P.M.E.P. a pu intervenir es-qualités, à deux reprises : lors d’une table ronde organisée sur le thème des compétitions et jeux mathématiques ; la table ronde a permis de présenter les différentes formes de compétitions internationales ainsi que les acteurs qui participent à leur organisation et leur diffusion. J’ai ainsi présenté le rôle fédérateur de l’A.P.M.E.P. envers les différentes actions existantes en France, telles que le concours kangourou, math en jeans, les rallyes mathématiques. J’ai notamment insisté sur l’apport pédagogique, complémentaire au cours traditionnel, de ces activités mathématiques. Cela a été l’occasion de présenter le succès de la publication de différentes revues éditées par l’A.P.M.E.P. depuis de nombreuses années. En particulier, les revues jeux ont été un exemple pour illustrer que la valeur éducative des mathématiques ludiques dans l’approche scientifique n’est plus à prouver.

J’ai eu également l’opportunité de présenter, dans une des sessions orales en parallèle, l’évolution de l’enseignement secondaire mathématique français au cours du XXe siècle. Les discussions que j’ai eues avec les collègues I. P. R. ou Inspecteurs généraux ont été très fructueuses et intéressantes. Rappelons que les pays africains ont gardé l’ancienne structure des séries de baccalauréat, notamment les baccalauréats C et D. Nos collègues rencontrent cependant les mêmes difficultés de motivation de nombreux élèves des sections scientifiques, qui les conduisent à utiliser des stratagèmes attractifs, tels que par exemple l’initiative de la Côte d’Ivoire pour élire une miss mathématiques. Au delà de son appellation trompeuse, qui mériterait peut-être une modification, l’initiative mérite d’être portée à la connaissance de tous, et est soutenue et parrainée par l’association française Femmes et mathématiques. Des jeunes filles passent une épreuve de mathématiques, constituée d’exercices du niveau de leurs études (classes de troisième et terminale C). Le classement est réalisé et la lauréate se voit attribuer le prix de miss mathématiques, avec à ses cotés, deux dauphines. L’intérêt principal réside dans l’attribution d’une bourse permettant aux meilleures élèves de suivre, notamment pour les bachelières, des cours en France.

L’échange avec les collègues africains, universitaires et secondaires, a été très enrichissant. L’APMEP est appréciée pour ses qualités fédératrices et la qualité de ses publications. Nous pouvons assurer à nos collègues africains que l’association et les professeurs français ont, en retour, beaucoup à gagner, dans une coopération intellectuelle consolidée et durable.

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