L’APMEP reçue au Ministère

L’APMEP a été reçue le lundi 11 février au cabinet du ministre par Mark Sherringham, conseiller pédagogique de Xavier Darcos.
Monsieur Sherringham a précisé les objectifs de l’entretien : écouter nos inquiétudes mais aussi nos propositions, tout particulièrement pour le lycée général, sans nous donner d’information sur les réformes en cours d’élaboration : le chantier n’est pas terminé.

Primaire : Nous disons notre inquiétude sur les conséquences de la suppression des cours du samedi : le contingent horaire de la plupart des élèves va être réduit de deux heures. L’enseignement des mathématiques va-t-il en souffrir ?
Des annonces devraient être faites par le ministre dans une quinzaine de jours… pas d’autre nouvelle.
Affaire à suivre…

Collège : Là aussi, nous insistons sur la question des horaires, régulièrement grignotés par des dispositifs divers et peu durables, et sur la multiplicité des tâches confiées aux enseignants, qui empiètent régulièrement sur les heures de cours : éducation à la citoyenneté, apprentissages des premiers secours, informations diverses sur la santé ou l’hygiène, conseil municipal des jeunes, etc.
Nous disons notre attachement au principe du socle commun, mais aussi nos inquiétudes face à sa définition trop ambitieuse, aux difficultés de sa mise en œuvre, ainsi qu’au manque de moyens pour la remédiation.
Nous insistons fortement sur la question des élèves en difficulté : si le redoublement n’est pas une solution très efficace, sa suppression pure et simple sans mise en place d’un dispositif sérieux d’accompagnement des élèves en difficulté ne peut qu’aggraver la situation.
Malgré la mise en route du grand chantier du socle commun, il semble que le collège ne soit pas actuellement une priorité du cabinet.

Lycée professionnel : Mark Sherringham nous informe que la généralisation du bac pro en trois ans est prévue pour la rentrée 2009. Nous répondons que ce peut être très problématique dans certaines spécialités, ce dont il convient. Nous disons notre souhait d’un maintien de portes de sortie pour les élèves les plus fragiles : il assure alors que les BEP ne seront pas supprimés.
Nous l’alertons également sur le problème de la répartition géographique des spécialités : les moyens des familles sont souvent réduits, et les déplacements difficiles voire impossibles, et le nombre de places en internat est généralement très insuffisant.
Mark Sherringham nous oriente vers le spécialiste de l’enseignement professionnel : Jean-Marie Huart, à qui nous allons écrire et demander une entrevue.

Lycée général et technologique : Mark Sherringham nous interroge sur les dysfonctionnements du lycée.
En série L, la spécialité maths peine à vivre, il est plus facile de détruire que de reconstruire ! Il convient qu’il manque un véritable enseignement mathématique pour les littéraires qui le souhaiteraient.
En série ES, nous décrivons l’hétérogénéité des élèves en mathématiques, et constatons que le programme actuel de spécialité, spécifique à cette série, fonctionne assez bien, et assure des poursuites d’études intéressantes.
Pour la série S, nous insistons sur l’insuffisance de l’horaire en 1ère S et en Terminale S ; sur les demandes répétées, de la part des enseignants de toutes les autres disciplines scientifiques, d’un renforcement de l’horaire de mathématiques dans cette série ; ce manque d’heures d’enseignement rend notre discipline trop difficile, décourage les élèves, et n’est pas sans conséquence dans leur choix de poursuite d’études en sciences. Mark Sherringham nous apprend qu’en effet, la part des filles s’engageant dans des études scientifiques, hors études de santé, est en train de baisser dans notre pays.
Pour la classe de seconde, nous présentons à nouveau l’option Sciences, et lui donnons à titre d’exemple le projet d’activités interdisciplinaires réalisé pour l’ouverture d’une option Sciences dans un lycée de Marseille. Nous insistons sur le montage pédagogique qui assure la place de chaque discipline, contrairement à ce qui se fait dans les TPE, où la responsabilité d’intervention des professeurs est trop réduite pour assurer un bon équilibre entre les disciplines.
Nous exprimons notre inquiétude sur l’avenir de l’aide individualisée de la classe de Seconde, et l’interrogeons sur celui des TPE et de l’épreuve pratique de mathématiques, mais nous n’obtenons pas de réponse précise à nos questions.
Nous demandons aussi que l’utilisation de l’informatique soit partout accompagnée d’horaires dédoublés qui, seuls, permettent un travail efficace en salle informatique. Nous mentionnons en particulier la classe de STG.
Enfin, nous exprimons un refus catégorique d’un tronc commun unique en mathématiques, qui serait à la fois inefficace et de mauvaise qualité. Sans dévoiler les projets en cours, Mark Sherringham nous rassure sur ce point.

Nos demandes sont écoutées et comprises, et l’importance des disciplines fondamentales est plusieurs fois affirmée. Améliorer l’enseignement des mathématiques paraît être un vrai souci de notre interlocuteur. La détérioration des résultats dans les enquêtes PISA a mis en évidence les difficultés que rencontre l’enseignement des mathématiques, difficultés souvent niées par nos interlocuteurs précédents, mais qui devraient être prises en compte dans la réforme à venir… espérons-le.

L’APMEP

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