La France a besoin de scientifiques

 

Suite au texte et à la pétition écrits par de nombreux scientifiques et signés par l’APMEP, une délégation a été reçue à Matignon (Cabinet du Premier ministre) et à la Présidence de la république.
On ne peut qu’être édifié des propos tenus par les responsables politiques qui légitiment un enseignement à double vitesse au sein même de l’Education nationale (création de classes d’excellence, donc de niveau) dans la poursuite pure et simple d’une politique qui ne vise qu’à supprimer des postes d’enseignants, au profil d’une idéologie économique qui discrédite le rôle de l’Etat en matière d’éducation.

Le bureau

Compte rendu des deux réunions à Matignon et à l’Élysée.

Pour éviter les redites, voici une compilation des propos des membres de la délégation de "La France a besoin de scientifiques" reçue le 14 février 2011 à Matignon au Cabinet du Premier ministre par Monsieur le recteur Jean Sarrazin, conseiller pour l’Éducation, l’Enseignement supérieur et la Recherche (chimiste) et Monsieur Didier Vin-Datiche, conseiller technique pour l’Éducation (économiste) à 11 h 30, puis, à 16 h, à l’Élysée par Monsieur Jean-Baptiste de Froment, conseiller du Président de la République pour l’Éducation (philosophe).

L’ambiance a été assez cordiale dans les deux cas et la durée a été d’environ deux heures à chaque fois. Nous avons pu exposer en détail nos inquiétudes et arguments et avons rencontré une réelle écoute mais peu de réponses.

Jean-François Beaux et Bruno Jeauffroy ont repris les points essentiels de la pétition qui nous a valu d’être invités grâce à la mobilisation sans précédent des personnalités et associations scientifiques : Diminution alarmante du nombre d’heures de sciences, en 1ère S principalement, légèreté des programmes en découlant fatalement, perte du caractère obligatoire des travaux pratiques et risque de hiérarchisation des lycées à cause de l’utilisation très variable des heures d’accompagnement personnalisé, soit dans une politique de soutien, soit dans une politique d’approfondissement (disparité déjà constatée cette année en seconde).

Pierre Aliphat a renchéri sur ces thèmes et a proposé que soient créées des classes d’excellence dans chaque lycée afin que les élèves plutôt doués trouvent assez de grain à moudre, même dans les lycées les plus divers. Il y a aussi un gros problème de méthode de travail, en particulier pour ce qui concerne la prise de notes. La question de l’allongement des études supérieures a été aussi évoquée, certaines écoles dépassant déjà actuellement de quelques mois le Bac + 5 classique (sans parler des thèses de plus en plus nombreuses).

Véronique Ezratty craint que le nombre de jeunes filles déjà anormalement faible, diminue dans les filières mathématiques, informatiques ou physiques de l’enseignement supérieur. Les jeunes filles influencées par les représentations de la société ont besoin, plus que les garçons, d’être rassurées sur leur goût pour les formations et les métiers scientifiques. Le faible nombre d’heures de sciences en première aura pour conséquence de reporter les apprentissages structurants au niveau de la terminale et donc de diminuer le temps indispensable pour asseoir leur goût pour les sciences. Par ailleurs, les apprentissages nécessitent des fondamentaux qui s’apprennent de manière structurée, de la rigueur pour la validation, ce que la mode du "tout inductif" qui semble avoir régi la rédaction du programme de physique ne permet pas.

Pierre Arnoux a rappelé la nécessité d’évaluer en toute concertation les réformes passées et, bien sûr, celle qui se met en place. On a supprimé ainsi froidement des enseignements (itinéraires de découverte en cinquième, TPE en terminale, réduction de moitié des enseignements d’exploration en seconde...) sans rendre aux cours magistraux les heures prélevées auparavant pour mettre en place ces innovations. Qu’adviendra-t-il des heures d’accompagnement personnalisé dans quelques années ?

Il a aussi insisté sur la difficulté attendue pour l’an prochain de recrutement de professeurs certifiés ou agrégés au vu de l’écroulement du nombre d’étudiants en M1 enseignement cette année. La mastérisation de la formation des enseignants n’est pas en soi une mauvaise chose, ce qui l’est, c’est le recul d’un an de leur recrutement, ce qui les prive d’un an de salaire et décourage les étudiants de se lancer dans cette voie. Sans oublier le problème des "reçus-collés", étudiants reçus au CAPES mais n’obtenant pas la validation de leur M2.

Réactions de Monsieur Sarrazin.
Bien qu’il y ait eu parfois des accords de points de vue entre nous, il nous a dit que les décisions ne se prenaient qu’au ministère de l’Éducation nationale et que les diminutions d’horaire étaient dans la logique de la politique actuelle (baisse du nombre de fonctionnaires, économies...). Il est particulièrement preneur de solutions qui ne coûtent rien puisqu’il paraît que l’on peut faire mieux avec moins (!).

Réactions de Monsieur de Froment.
Il nous a affirmé que l’accompagnement personnalisé découlait d’une politique assumée, l’autonomie partielle des établissements, et ne saurait être remise en cause. Il n’a guère réagi sur le besoin qu’aurait la France d’avoir des scientifiques.


L’APMEP a signé le texte intitulé « La France a besoin de scientifiques ».

L’action impulsée par ce texte doit permettre de continuer, au sein d’Action-Sciences et du Forum des sociétés savantes et Associations de spécialistes, à regrouper l’ensemble des enseignants et formateurs pour dénoncer les méfaits de cette réforme à revoir dans l’ensemble de sa facture.

Le bureau

Accéder au texte de la pétition

Sur le site de l’APMEP :

 Communiqué sur la réforme du lycée du Forum des Sociétés Savantes du 23 janvier 2010
 Contribution du Forum des Sociétés Savantes : Réformons la réforme du 10 novembre 2009
 Courriers et communiqués du collectif ActionSciences
sur le site de l’APMEP, sur le site d’ActionSciences

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