Le socle commun constat et propositions

On en parle depuis le rapport Thélot il y a plus d’un an déjà ; l’APMEP organisait son séminaire annuel sur ce thème, et nombre de ses publications ont depuis lors diffusé quelques bonnes lignes. Le texte de loi est paru cet été [*] et la commission collège, réunie le 1er octobre 2006, a tenu à réagir.

Le socle tel que proposé ne nous convient pas

Argumentons :

On peut lire dans le préambule du texte sur le socle commun :

La scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun constitué d’un ensemble de connaissances et de compétences qu’il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société.

Si l’idée est séduisante et certes justifiée par l’échec actuel du collège, le contenu du socle présenté nous semble hélas bien trop ambitieux. Il s’agit en effet d’un listage de la plupart des notions présentes dans les programmes actuels. Programmes qui, rappelons-le, sont partie prenante de cet échec… (est-il besoin d’évoquer les 31,03 % d’élèves qui obtiennent moins de 5 sur 20 à l’épreuve de mathématiques du Brevet ?)

Le préambule précise encore, et fort justement, que « L’enseignement obligatoire ne se réduit pas au socle commun. Bien que désormais il en constitue le fondement, le socle ne se substitue pas aux programmes de l’école primaire et du collège ; il n’en est pas non plus le condensé. ». Il est clair, au moins pour les mathématiques, que le socle produit est en contradiction avec cette volonté puisqu’il correspond quasiment au programme de l’enseignement obligatoire. Cela n’est pas sérieux ! Et encore moins réalisable !

Pour que ce socle vive, la commission affirme qu’il doit limiter les ambitions disciplinaires, tant dans leur contenu que dans leur multiplicité. C’est précisément parce que l’enseignement obligatoire ne se réduit pas au socle commun que celui-ci ne doit pas tout contenir.

 

Deux idées

Deux idées ont émergé au cours des échanges :

  • la première, qui consiste à penser que le minimum mathématique peut se contenter de contenus très modestes.
    La commission réaffirme, que l’important est de savoir aborder, remobiliser des connaissances, prendre des initiatives pour résoudre des problèmes qui dépassent le cadre de la simple application.
  • la deuxième qui se situe au niveau de l’évaluation de ce socle.
    Alors qu’aujourd’hui rien n’est proposé par le texte, la commission veut défendre l’idée que seuls les « acquis qui restent » devraient être évalués. En clair, il ne saurait être question d’évaluer in extenso le programme de troisième ou de quatrième à l’intérieur de ce socle. D’une part parce que les acquis sont trop récents et donc pas évaluables comme « acquis restants » (une évaluation raisonnable se situe sur des acquis à « n-2 »), d’autre part parce que le socle ne devrait guère dépasser le niveau des connaissances de fin de cinquième, ce qui ne signifie nullement une restriction au niveau de la richesse des apprentissages.

Dans cette optique, il est essentiel que l’évaluation du socle ne se limite pas à une validation de « micro-tâches ».

 

Comment y arriver ?

Pour la commission toujours, l’idée de socle est indissociable de celle de la différenciation. Il s’agit d’amener tout élève, à son rythme, à la maîtrise du socle sans oublier que « L’école doit offrir par ailleurs à chacun les moyens de développer toutes ses facultés. » comme le stipule le texte.

Cela suppose de profonds changements :

  • dans la pratique
    Valider le socle n’est pas faire du b-a-ba jusqu’à obtention. C’est être capable de proposer aux élèves un enseignement véritablement spiralé, (principe déjà présent dans nos programmes de mathématiques du collège), et dont la plupart des points d’ancrage, clairement identifiés, seraient ceux du socle.
  • dans les structures
    Différencier les parcours nécessite en particulier de faire « éclater » le groupe classe sur une partie de l’emploi du temps.

Le collège aujourd’hui ne fonctionne pas correctement, la question de la différenciation doit être clairement posée et la réflexion engagée, les PPRE ne sont pas une réponse suffisante.

Sinon ce socle mourra avant d’avoir vécu, et plus grave encore, l’institution par son déni du besoin de différenciation fera que trop d’élèves continueront à perdre leur temps au collège.

 

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