Lettre commune des associations de professeurs spécialistes des disciplines scientifiques :

l’APBG, L’AEAT, l’APISP, l’APMEP, l’UDP

à

Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,

Les associations AEAT (association des enseignants d’activités technologiques), APBG (association des professeurs de biologie géologie), APISP (association des professeurs d’initiation aux sciences physiques), APMEP (association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public) et UDP (union des physiciens), sont unanimes pour affirmer que les enseignements scientifiques sont indispensables à tous les collégiens.

En effet, enseigner les sciences et la technologie, c’est fournir la culture nécessaire au citoyen pour une appréhension quotidienne de son environnement. C’est aussi préparer les collégiens à un choix positif vers des carrières scientifiques et technologiques indispensables au développement de nations européennes modernes. Par leur référence permanente aux aspects pratiques et expérimentaux, ces disciplines permettent aussi à l’élève de s’approprier les savoirs à partir du contact avec le monde concret. Ce contact exige un travail expérimental et manipulatoire en groupes restreints de 16 élèves au maximum en physique et chimie, en sciences de la vie et de la Terre, en technologie pour les quatre niveaux du collège. Cette nécessité doit apparaître clairement dans les arrêtés qui définissent les horaires.

Nos associations constatent que les mesures prévues dans la circulaire de rentrée (BOEN n° 24 du 14 juin 2001) ne permettent toujours pas d’assurer ces besoins pédagogiques et vont à l’encontre de ces objectifs.

D’une part, elles rappellent que, pour être profitable, un enseignement des sciences et de la technologie doit s’appuyer sur une maîtrise des outils de calcul, de mesure et représentation qui nécessite une pratique des mathématiques. L’assimilation des notions demande aussi en mathématiques une activité expérimentale : calcul mental ou avec outils, construction et observation de figures, traitement de données numériques. Chaque collégien a besoin d’un enseignement de mathématiques de quatre heures à chacun des niveaux du collège.

D’autre part, selon les déclarations figurant dans votre conférence de presse du 5 avril 2001 ("Orientation sur l’avenir des collèges"), la part des enseignements scientifiques (mathématiques incluses) et technologiques obligatoires diminuerait des façon drastique. C’est ainsi, qu’en classe de 3ème, l’enseignement des sciences de la vie et de la Terre, de la physique et de la chimie, de la technologie serait ramené à 3 heures alors qu’actuellement il est de 5 heures 30 pour tous les élèves (hors option technologique). Si de telles intentions se confirmaient, une lourde responsabilité serait prise vis-à-vis des jeunes générations.

Si un tel projet devait être mis en œuvre, la classe de seconde n’offrirait plus une égalité des chances et cesserait d’être une classe de détermination. Certains élèves se verraient ainsi enfermés dans une impasse d’orientation dès la fin du cycle central. Cette diminution d’horaire aboutirait en outre à réduire le nombre d’élèves choisissant une filière scientifique ou technologique en première et terminale et, par voie de conséquence, celui des étudiants de l’enseignement scientifique et technologique post baccalauréat. Or les conditions actuelles ont déjà conduit d’éminents scientifiques (prix Nobel...) à réclamer que la part de ces enseignements soit au contraire accrue, et cela, dès l’école élémentaire afin de faire face aux besoins de la nation en matière de carrières scientifiques et technologiques.

Nos cinq associations vous demandent, Monsieur le ministre, de ne pas donner suite à un tel projet mais au contraire de tout mettre en œuvre pour développer l’enseignement scientifique et technologique en collège et lui fournir les conditions de travail appropriées à son caractère expérimental et manipulatoire. Il s’agit de développer suffisamment le goût des sciences parmi les collégiens afin que notre pays reste à la pointe de la recherche, facteur indispensable à son développement socio-économique.

Aussi, avons-nous l’honneur de solliciter une audience pour nos cinq associations afin de préciser nos propositions pour un développement de l’enseignement scientifique et technologique au collège.

Les présidents des associations de professeurs d’enseignement scientifique et technologique de France

Paris, le 27 octobre 2001

L’APMEP

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