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Dossier : Musées et expositions

Paul Louis Hennequin

Si, dans notre pays, l’idée de consacrer un musée aux différentes techniques industrielles remonte à la révolution (Conservatoire National des Arts et Métiers, 292 rue Saint-Martin, 75141 Paris cedex 3), celle d’en ouvrir un dévolu aux sciences se réalise lors de l’exposition universelle de 1937 par l’installation du Palais de la Découverte (Avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris), comportant, à l’initiative d’E. Borel et A. Sainte-Laguë une importante section mathématique autour de la célèbre coupole des décimales de π , où deux animateurs se relaient en permanence pour accueillir le public. Plus récemment, en 1986, s’est ouverte la Cité des Sciences et de l’Industrie (30 av. Corentin-Cariou, 75019 Paris) qui devait initialement regrouper en son sein les deux autres institutions qui ont heureusement résisté et ont su se rajeunir. Elle consacre à notre discipline plusieurs vastes salles et de nombreuses animations.
La majorité des métropoles étrangères possèdent aujourd’hui un tel musée.

Par ailleurs, depuis vingt ans, et plus particulièrement l’année dernière proclamée par l’UNESCO « Année des Mathématiques », de nombreuses expositions ont sillonné nos pays, nos provinces et plus modestement les CDI de nos établissements.

Il a donc semblé intéressant à la commission du Bulletin de rassembler ici huit contributions de collègues ou d’équipes qui relatent le travail qu’ils ont effectué en classe ou en club, soit pour préparer la visite d’un musée scientifique, soit pour réaliser une exposition, soit encore pour transformer leurs élèves en réalisateurs et exposants ; ainsi apparaissent les problèmes et les difficultés rencontrés mais aussi l’apport irremplaçable de ces expériences à la formation et à l’épanouissement de tous.

Le premier article relate le voyage à Paris, dans le but de visiter les musées scientifiques et de rencontrer des chercheurs, préparé une année entière et effectué à partir d’Albi par les élèves de Patrick Radoszycki et de Nadia Souchon.

Claudie Missenard raconte ensuite avec sa verve habituelle une séance au Palais de la Découverte avec des élèves de sixième sur un problème de damier.

Sur le thème de la popularisation, Michel Darche, directeur du Centre de Culture Scientifique et Technique de la Région Centre fait part de son expérience de plus de vingt ans dans la réalisation, la présentation et la démultiplication à travers le monde d’expositions mathématiques.

Jean-Charles Pourtier et ses collègues de la Régionale d’Aquitaine précisent les problèmes rencontrés dans la fabrication d’une exposition de géométrie et les relations qu’elle permet d’établir pour construire des mécanismes robustes et fiables pour le tracés de courbes historiques.

Claudine Chanas présente le travail effectué d’année en année à Oyonnax.

Henri Bareil nous guide alors avec passion à travers l’exposition présentée l’année dernière au Palais et consacrée à la géométrie des courbes ; après avoir feuilleté cet herbier plein de senteurs oubliées dont les premières pages remontent à l’antiquité, il précise avec une grande finesse quelles mathématiques sont en action à partir des préoccupations d’ingénieur ou de physicien et conclut avec enthousiasme sur ce qu’une telle visite peut déclencher dans une classe.

Puis Claude Terras présente les manifestations, expositions, films et conférences organisés en 2000 dans les Pyrénées Atlantiques.

Enfin Robert Charbonnier qui avec ses élèves a représenté l’Auvergne à l’Expo Sciences internationale de Grenoble en juillet 2001, montre comment un travail d’atelier poursuivi chaque semaine avec des collégiens peut déboucher sur la présentation d’une exposition par les élèves eux-mêmes et tout ce que cela apporte en particulier aux élèves en difficulté.

Nous souhaitons que nos lecteurs analysent à travers la variété de ces contributions les questions posées par la popularisation des mathématiques et les relations entre ces activités et le quotidien de la classe et de son programme, puis qu’ils poursuivent leur lecture par des échanges avec les auteurs jusqu’à expérimenter des pratiques nouvelles.

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)