Adhérer ou faire un don

Présentation

MOUSSA Jean

On regrette parfois de devoir observer si régulièrement les effets de l’insuffisante présence de notre discipline dans ce qu’il est convenu d’appeler « la culture générale ». Dans toutes les sortes de médias, il est bien souvent visible, audible, lisible que notre discipline garde tout à la fois son mystère et certains effets de son caractère prétendument rébarbatif et/ou austère. Nous n’avons pas d’autre choix, pour lutter contre ce qui est essentiellement un effet des barrières entre disciplines, que celui d’aller vers les autres et de nous ouvrir. C’est ce que nous faisons par le biais de la vulgarisation ou le développement des jeux.

Mais il y a un autre moyen, que nous explorons au travers des quatre articles de ce dossier. Le thème « Mathématiques et écriture » [1] s’est révélé très fécond, et les propositions que nous avons reçues ont justifié une parution en deux temps.

Deux des articles explorent les arcanes méconnues de la typographie. Jusqu’à l’apparition des traitements de texte informatiques, la question des polices de caractère restait l’apanage d’un milieu professionnel bien circonscrit, et même un écrivain n’en était guère que le spectateur si d’aventure l’éditeur lui proposait le choix entre telle ou telle fonte (on disait alors fonte, car tout se faisait avec le plomb si aisément malléable et fusible). Désormais, tout le monde (comme je le suis en ce moment) est averti par sa machine de la police qu’il utilise et peut la varier à l’infini .. ou presque !

Or le fait que l’on puisse si aisément en jouer n’a aucunement fait perdre de l’importance à la typographie, bien au contraire ! Je me rappelle la détermination avec laquelle nous avons parfois refusé les polices de caractères affreuses que certains rectorats voulaient nous imposer pour les sujets d’examen. Et chacun a pu prendre part à des discussions passionnées à ce sujet : arial ou calibri ? garamond ou times new roman ? que mettre en gras ou en italiques ? etc.

Deux auteurs donc ont proposé de nous faire découvrir quelques curiosités à propos de la construction de ces alphabets tout prêts ; on y trouvera bon nombre de jolies idées pour faire réfléchir et faire travailler nos élèves. Ces deux articles avaient toute leur place dans un dossier écriture, au sens le plus matériel du terme.

L’article « mathématiques, littérature et imagination » poursuit une quête déjà abordée dans la première livraison : aller glaner des mathématiques dans des textes littéraires. Mais cette fois, l’auteur a voulu nous faire partager un voyage dans le temps, une sorte de promenade imaginaire en phase avec le développement historique de notre discipline. Cette construction séduisante brosse par touches successives l’histoire d’une présence tout à la fois discrète et continue (je n’ai pu résister à ce paradoxe, s’agissant des mathématiques).

- Télécharger l’article en pdf dans son intégralité

(Article mis en ligne par Armelle BOURGAIN)

[1] Voir Dossier du No 511 : Mathématiques et écriture.